SCÈNE Ve
ADÉLAÏDE, LA MÈRE MARTEL, MARTEL, arrivant les mains derrière le dos , et la pipe à la bouche.
MÈRE martel, le regardant venir.
C'est ça, prends garde de te casser les jambes Te
v'ià enfin, Martel, d'où ce que tu deviens ?
martel , tranquillement.
J' deviens d'où c' que j' veux ça n' regarde pas les
femmes.
MÈRE MARTEL
J' quitte ton bourgeois , M. Bernard ïl est content ,
qu' ça fait peur.
MARTEL
Qu'il sove content, ou qu'il soye fâché, c'est uniforme... Je n' reprendrai F marteau que quand la révolution sera finite-
MÈRE MARTEL
Eh bien! est-ce qu'elle n'est pas finite, la révolution? Est - ce que le roi n'est pas sur son trône? Est-ce que les marchands n' sont pas dans leurs boutiques? les commis îi leurs bureaux? les soldats dans leurs casernes? Pourquoi qu' les ouvriers ne sont pas à leurs ouvrages?
MARTEL, gravement.
Parce que . . .
MÈRE MARTEL
Parce que, quoi ?
k MARTEL.
Parce qu'on teut la liberté. . .
MERE MARTEL
La liberté. . . Est-c' que vous n' la ravez pas?. . . vous courez îous les rues comme des fous.
ADÉLAÏDE
Comm' des z'hnhuris.
MARTEL
Mam'zeir Adélaïde , faites - moi le plaisir de vous taire , et d aller tailler la soupe?
MERE MARTEL
Avec quoi? nous n'avons rien.
MARTEL
Faudra ajouter queuqu' chose... parc' que j'ai t'invite Colignon , le colleur de papiers;. . . et puis un autre. . . et puis . . .
MÈRE MARTEL
Et puis. . . et puis tout le quartier, n'est-ce pas?... c'est bien î' moment d' donner des ripailles !. . . Et ton terme? etJT mois d' nourrice d' ton petit dernier , et l'épicier , et ?..,
On payera quand la révolution s'ra finile.
ADÉLAÏDE
Oui , c'est comm' ça qu' vous établirez vos enfans.
MARTEL
Ah : toi , j' te vois venir. . . mais ne me parle plus de ton Isidore , je ne veux plus le voir , l'envisager. . . Chut , vlà Colignon.