‹ La famille du baron; vaudeville épisodique en un acte (volume 2)Chapitre 247 sur 267 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

les mêmes , COLIGNON j le tablier retrousse, et avec lé bonnet de papier. — Il fredonne avec préten tion,

COLIGNON.

Au loin l'écho répète :

Diavolo ! Diavolo !

martel , lui tendant la main»

Te vlà , valeureux !

COLIGNON.

Salut, l'ancien i

MARTEL , bas,

Y a-t il quelque chose?

colignon , bas.

y crois qu' ça chauffe.

MARTEL , bas.

L'as-tuvu?

COLIGNON , bas.

Le grand maigre ? oui. Il sortait d'un marchand de vin . . . où c' qu'il y avait d' la fermentation.

MÈRE MARTEL , à Sa fille.

Qu'est-c' qu'ils ont toujours à chuchottcr ensemble ?

martel, bas à Colighon, Mut-us» . . on nous écoute.

COLIGNON , se retournant.

Pardon, je ne voyais pas votre épouse. Madame Martel , sans vous commander, je vous salue» . . et vot' demoiselle aussi.

Adélaïde , avec humeur.

Oh ! moi 5 je vous en dispense.

COLIGNON, d'un air agréable.

Ah! manr'zelle Laide! mam'zelle Laïde! vous n' diriez pas ça, si j'étais t'un serrurier... Vous ne les voyez pas avec peine, les serruriers, mam'zelle Laide... J'appuie sur peine, à cause de l'état. . . * . ( L'agaçant. ) Mam'zelle Laïde !

ADELAÏDE

Àh! finissez , vous m'ennuyez.

MERE MARTEL

Oui. . . quand comptez - vous aller travailler ? j'enverrai le ménage par-dessus F Pont-Neuf, d'abord , parc' qu'il n'y a plus moyen d'y tenir.

COLIGNON. ;

Martel! Martel! votre épouse pleure.

mère martel, pleurant.

C'est vrai aussi !

COLIGNON, à Martel. Embrassez là, . . qu'est-c' qu' ça yous fait?

Coalition. %

MARTEL

Allons , n' te tourne pas les sens ; j' vas faire un tour à Ta telier.

MERE MARTEL et ADÉLAÏDE.

Bien vrai!

MARTEL

Mais soigne le dîner , nous aurons des amis. . . Mets quel ques friandises. . . des pieds d' cochon.. .

MÈRE MARTEL

AIR : Et voilà comme tout s'arrange.

Et dTargent? . . . qu'est-c' qui m'en donn'ra ? N'y a plus un sou dans le ménage. . .

MARTEL

Est-ce que l'Mont d' Piété n'est pas là?

MERE MARTEL

Faut donc que j 'mette ma chaîne en gage ? Oui , tout y a passé d'puis un an.

COLIGNON.

Ce sont des parures mondaines , Allez vit' mettr' la vôtre en plan , Et songez bien , la gross* maman ,

Qu'nous n'voùJtans plus qu'on port' de chaines ;

3\on, nous ne voulons plus de chaines.

MARTEL , embrassant sa femme.

Allons , va ma vieille !

MÈRE MARTEL

Hum ! bons sujets ! . . . Toi , Laïde, conduis ton frère l'école.

ADÉLAÏDE

Tout d' suite, ma mère. ( Elle sort d'un côté. )

MÈRE MARTEL

Et toi, . . à cVatelier. ( Elle sort de l'autre.)

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