SCENE V
les mêmes , COLIGNON j le tablier retrousse, et avec lé bonnet de papier. — Il fredonne avec préten tion,
COLIGNON.
Au loin l'écho répète :
Diavolo ! Diavolo !
martel , lui tendant la main»
Te vlà , valeureux !
COLIGNON.
Salut, l'ancien i
MARTEL , bas,
Y a-t il quelque chose?
colignon , bas.
y crois qu' ça chauffe.
MARTEL , bas.
L'as-tuvu?
COLIGNON , bas.
Le grand maigre ? oui. Il sortait d'un marchand de vin . . . où c' qu'il y avait d' la fermentation.
MÈRE MARTEL , à Sa fille.
Qu'est-c' qu'ils ont toujours à chuchottcr ensemble ?
martel, bas à Colighon, Mut-us» . . on nous écoute.
COLIGNON , se retournant.
Pardon, je ne voyais pas votre épouse. Madame Martel , sans vous commander, je vous salue» . . et vot' demoiselle aussi.
Adélaïde , avec humeur.
Oh ! moi 5 je vous en dispense.
COLIGNON, d'un air agréable.
Ah! manr'zelle Laide! mam'zelle Laïde! vous n' diriez pas ça, si j'étais t'un serrurier... Vous ne les voyez pas avec peine, les serruriers, mam'zelle Laide... J'appuie sur peine, à cause de l'état. . . * . ( L'agaçant. ) Mam'zelle Laïde !
ADELAÏDE
Àh! finissez , vous m'ennuyez.
MERE MARTEL
Oui. . . quand comptez - vous aller travailler ? j'enverrai le ménage par-dessus F Pont-Neuf, d'abord , parc' qu'il n'y a plus moyen d'y tenir.
COLIGNON. ;
Martel! Martel! votre épouse pleure.
mère martel, pleurant.
C'est vrai aussi !
COLIGNON, à Martel. Embrassez là, . . qu'est-c' qu' ça yous fait?
Coalition. %
MARTEL
Allons , n' te tourne pas les sens ; j' vas faire un tour à Ta telier.
MERE MARTEL et ADÉLAÏDE.
Bien vrai!
MARTEL
Mais soigne le dîner , nous aurons des amis. . . Mets quel ques friandises. . . des pieds d' cochon.. .
MÈRE MARTEL
AIR : Et voilà comme tout s'arrange.
Et dTargent? . . . qu'est-c' qui m'en donn'ra ? N'y a plus un sou dans le ménage. . .
MARTEL
Est-ce que l'Mont d' Piété n'est pas là?
MERE MARTEL
Faut donc que j 'mette ma chaîne en gage ? Oui , tout y a passé d'puis un an.
COLIGNON.
Ce sont des parures mondaines , Allez vit' mettr' la vôtre en plan , Et songez bien , la gross* maman ,
Qu'nous n'voùJtans plus qu'on port' de chaines ;
3\on, nous ne voulons plus de chaines.
MARTEL , embrassant sa femme.
Allons , va ma vieille !
MÈRE MARTEL
Hum ! bons sujets ! . . . Toi , Laïde, conduis ton frère l'école.
ADÉLAÏDE
Tout d' suite, ma mère. ( Elle sort d'un côté. )
MÈRE MARTEL
Et toi, . . à cVatelier. ( Elle sort de l'autre.)