ON ENTEND LES CRIS
Arrêtez ! . . . Tenez-le bien ! . . .
Air du Vaudeville du Comte Or y.
Sans façon , Marchez donc.
Nous tenons le traître Qui sort de chaque maison Droit par la fenêtre.
Bon, En prison , Mon garçon ; On va te connaître , Les bourgeois se vengeront ,
( Il fait nuît. )
TOUS
Tu
l'Us ont
MATHIEU , ivre.
Un moment.., respect au caractère dont je suis investi.. . sans que ça paraisse, je suis un fonctionnaire public en activité.
TOUS
Non , non , c'est lui !.. .
Ier BOURGEOIS.
II sortait du bal.
2me BOURGEOIS.
Il a fait peur à ma femme.
5me BOURGEOIS.
11 a embrassé ma servante.
2me BOURGEOIS.
Il m'a fait une bosse à la tête.
Ier BOURGEOIS.
Et en sautant d'un second étage. . .
5me BOURGEOIS.
Il est tombé dans ma chambre.
MATHIEU, qui les écoute tranquillement.
C'est donc ça qu'on m'a ramassé dans un fossé.
1er BOURGEOIS.
Voilà déjà trois gardes de nuit que l'on met au violon. . . D'où viens- tu, toi?
MATHIEU , d'un air grave.
C'est encore un secret pour moi... seulement je présuppose que je ne pouvais pas danser au bal où je n'étais pas invité... parole d'honneur! en même , temps que je sautais du second étage de celui-ci, que j'embrassais la servante de celui-là, et que je faisais une bosse à la tête de Monsieur. . . c'est incohérent.
TOUS
Ils' moque de nous ...
MATHIEU
Et puis vous dites que le coupable est un joli garçon, leste, vif, et vous m'accusez... que diable! il faut être conséquent. ( A part. ) J' suis sûr que c'est ce petit imbécille de Philippe qui aura fait des siennes.
TOUS
Allons , allons , suis-nous chez le commandant.
MATHIEU
Vous le voulez?. . . Eh bien! je vous fais observer que c'est moi qui vous arrête.
air du V audeuille des Moralistes,
Je conçois votre surprise , D'raoi maintenant vous avez peur j Mais je n'Iâch'rai pas un' prise Qui doit me faire tant d'honneur j Je ne veux plus rien entendre , J'vous arrête au nom d'ia loi.
( A part. )
En Vlà-t-il que je viens d'prendre!
Quel beau coup de filet pour moi 1
( Haut. )
Perturbateurs , faut qu'justice se fasse ; Qu'on me suive, ( bis. ) et pour raison... Marche , marche , et pas de grâce , C'est moi qui vous mène en prison.
tous , l'entraînant.
Marche, marche , et pas de grâce, Marche, marche droit en prison.
( Ils sortent; le prince paraît aussitôt du côté opposé )
SCÈ1YE II.
LE PRICE , seul , les suivant des yeux,
lis s'éloignent î . . . à merveille ! . . . Je n'avais d'autre yen de leur échapper que d'attirer leur attention sur un re point, et il paraît qu'en y courant ils en ont arrêté autre. ( Riant» ) Ces bons bourgeois ! ils ne s'y réconssent plus ! . . . mais aussi que de bruit pour quelques sers enlevés à la course.
air : Ah ! que de bruit.
Ah ! que de cris Otit jeté les maris!
Et les pères Sévères...
Oui ; mais ces cris y Des baisers que j'ai pris , Ont su doubler le prix.
Bon garde de nuit, * Depuis minuit Je fais ma ronde ; Tout le monde , En chœur, Où j'ai passé, crie. . , au voleur*.
Remarqué , Traqué , Je frappe , On me happe , J'échappe.
Contre le gardien , C'est à qui défendra son bien.
Chacun agité Me redoute , Et nul ne se doute Qu'en cette cité Je veille à la tranquillité !
C'est au danger, Qu'un plaisir passager Doit souv ent tout son charme.
Sans quelqu'allarme , Amour, tu n'aurais pas Pour nous autant d'appas !
Ah ! que de cris , etc.
Ma foi c'est bien plus amusant que le bal, surtout s cette jolie petite Rose ne manque pas de parole à soi fiancé... Voici le lieu du rendez-vous... Il est plus de troij heures, et elle ne paraît pas. . . Chut! j'entends marcher j