‹ La famille du baron; vaudeville épisodique en un acte (volume 2)Chapitre 62 sur 267 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Précédées, FRITZ *.

FRITZ

Madame , c'est un courrier à la livrée du prince . . . qui arrive en toute hâte de la part du grand duc.

MALZEN , à Sidler.

Quel espoir î

Mme BARNECK, étonnée.

Qu'est-ce que cela veut dire ?

FRITZ

Il apporte deux lettres de son altesse.. . l'une est pour M. Salsbach, qui doit être ici.

Mme BARNECK.

C'est bien.. . Je me doute de ce que c'est.. . je la lui remettrai.

FRITZ

L'autre est adressée à M. le baron de Malzen. MALZEN.

Donne vite. . . Eh bien , est-ce que tu n'oses avancer? FRITZ.

C'est que je vous vois la même cravache que ce matin. MALZEN , prenant vivement la lettre.

Eh ! donne donc... Dieu soit loué , c'est la lettre que j'attendais ; et je triomphe enfin.

Mme BARNECK.

Que dit-il ?

MALZEN , vivement et avec joie.

Oui, madame , j'avais écrit au prince 9 et lui rappelant les services de mon père et les mien», je l'avais supplié de refuser son consentement à ce mariage.

Mme BARNECK.

Vous auriez osé. . .

* Malzen , Sidler, Fritz, Mme Barncck.

COMEDIE-VAUDEVILLE. 29 MALZEN.

Vous m'aviez fait condamner.. . je me suis pourvu en grâce.

Mme BARNECK.

Si un souverain osait commettre une pareille injustice.. .

MALZEN, qui tout en parlant a décacheté la lettre, vient de jeter les yeux dessus... et fait un mouvement de douleur.

Ociel!

TOUS

Qu'est-ce donc?

MALZEN , lisant dune voix émue.

« Mon cher Malzen , » Il y a un pouvoir au-dessus du mien ; c'est celui des » lois... elles ont prononcé. . . je dois me taire, et donner le » premier à mes sujets l'exemple du respect qu'on doit à la » justice.

» Votre affectionné maître. »

{Froissant la lettre avec dépit.) Quelle indignité !

SIDLER.

Quel absolutisme !

Mme BARNECK.

Ah! le bon prince!.. . le grand prince! le magnanime souverain! Dès demain, j'irai me jeter à ses pieds... mais aujourd'hui, nous devons avant tout songer au mariage; car l'heure est près de sonner. ( A Maken.) Rassurez-vous , monsieur le baron , on vous laissera un instant pour votre toilette. . . car je conçois que ce costume. . .

MALZEN.

Ce costume , madame , je le trouve fort bon , et je n'en changerai rien.*, absolument rien.

Mme BARNECK.

A la bonne heure... (A part.) Encore un affront qu'il veut nous faire. . . mais c'est égal , on enrage en frac aussi bien qu'en grand uniforme... et voilà ma vengeance qui arrive... voilà la mariée.

LOUISE

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