SCENE X
SALSBACH, LOUISE.
SALSBACH, entrant.
Pardon.. . je craignais que vous ne fussiez endormie.
LOUISE
Qu'y a-t-il donc ?
*pmv SALSBACH, regardant dans l'appartement. Mme Barneck est renîrée dans son appartement.. . tant mieux !
LOUISE
Mais pourquoi donc ces pre'cautions? qu'avez-vous à me dire?
SALSBACH.
Une chosejfort délicate. . . M. de Malzen. . .
LOUISE
Eh bien?
SALSBACH.
Vous saurez que je l'avais emmené et reconduit jusqu'à la grande porte, qui s'est refermée sur lui.
LOUISE
Grâce au ciel , le voilà donc sorti !
SALSBACH.
Pas encore.
LOUISE
Que dites-vous?
SALSBACH.
Je viens de le retrouver dans le parc , dont probablement il avait franchi les murs , au risque de se casser le cou. Il voulait rester... j'ai répondu... il a répliqué... Je suis avocat; mais il est amoureux. . . il crie encore plus fort que moi... et comme on pouvait nous entendre, j'ai transigé.. . Il consentait à s'éloigner, à condition que je me chargerais pour vous d'une lettre. . . qu'il allait écrire.
J'aurais refusé.
SALSBACH.
Vous aimez donc mieux qu'il passe la nuit dans le parc... sous vos fenêtres?.. . car il y est dans ce moment.
LOUISE
M. de Malzen !
SALSBACH.
Exposé aux coups des gardes-chasse, qui, la nuit , peuvent le prendre pour un malfaiteur, et tirer sur lui.
O ciel.' il valait mieux prendre la lettre.
SALSBACH.
C'est ce que j'ai fait.
Air de Marianne.
C'était un parti des plus sages.
Je l'ai vu tracer au crayon Ce petit mot de quatre pages Que je vous apporte-..
LOUISE , le prenant.
C'est bon!...
SALSBACH , la suivant des yeux.
On la reçoit...
C'est fort adroit ; Par ce moyen Mes affaires vont bien.
{Louise, sans lire la lettre, la déchire et jette les morceaux à
terre.)
Ciel !... sans la lire , On la de'chire.
O sort fatal!
Mes affaires vont mal !
LOUISE
Qu'avea-vous? quel effroi vous presse? , SALSBACH.
Moi... rien... {A part.) Hclas ! dans ce billet, Il m'a semblé qu'on de'cbirait Mes lettres de noblesse.
( Haut. ) Quoi, madame ! . . . voilà le cas que vous en faites ? LOUISE.
Oui, monsieur.
SALSBACH.
Mais cependant, madame.. .
LOUISE , sèchement.
Pas un mot de plus. . . Et maintenant qu'il s'éloigne à l'instant L
SALSBACH.
Je m'en vais lui dire de s'en aller... Pourvu qu'il opère sa retraite sans accident. ( Elle fait un mouvement. Il s'arrête.) Vous n'avez rien de plus à m'ordonner?