SCÈNE XI
LOUISE , seule ; elle va fermer la porte, et pousse le verrou.
Fermons cette porte Je suis toute tremblante ! . . .
En vérité, tant d'audace commence à me faire peur
{Elle s'assied auprès de la toilette.) Et ce M. de Malzen . . .
mais qu'est-ce qu'il a? qu'est-ce qu'il lui prend
maintenant?... un caprice l'esprit de contradic-
tion. . . Grâce au ciel, tout, est fini. . . et nous en voilà débarrassés. . . Il faut tâcher surtout que ma tante ne se doute point de cette dernière extravagance. .. {Regardant a terre) Et les morceaux de cette lettre. . . que Ton pourrait trouver. {Elle les ramasse, et les regarde.) Quatre pages! . . . M. balsbacha dit vrai. . . les voilà. . . Comment
m'a-t-il écrit quatre pages! qu'est-ce qu'il a pu me
dire?... à moi! (Elle lit.) « Louise... » C'est sans façon !... nVappeler Louise tout uniment. . . {Lisant avec émotion.) « Louise , vous devez me haïr, et je ne puis vous dire à » quel point je me déteste moi-même ! Avoir méconnu tant » de charmes, tant de vertus!. . . Ma vie entière suffira - » t-elle pour expier mes injustices!. . .» {S'interrompant.)
Oh ! non , sans doute. ( Usant.) « J'ai vu notre en-
» fant. . . Avec quelle émotion, quel bonheur. . . j'ai re- » trouvé dans ses jeunes traits ceux d'un coupable... » (S'inteiTompant.) C'est vrai, il lui ressemble. {Elle lit.) « Les miens finiront, j'espère, par vous paraître moins » odieux, en regardant souvent votre fils. . . . . Je ne puis » exprimer ce que j'éprouve depuis une heure. . .J'ai mille
» choses à vous dire il faut absolument que je vous
» parle. . . Je sais qu il y va de ma vie. - . mais je brave » tout; et dussé-je périr sous vos yeux... » {On entend un coup de fusil dans lejardm.) Qu'entends- je ! • . . Ah ! le mal-
heureux ! il aura été aperçu ! . . . ( Elle court à la fenêtre, à gauche t l'ouvre précipitamment pourvoir ce qui se passe y et aperçoit Mahen sur le balcon.)