‹ La famille du baron; vaudeville épisodique en un acte (volume 2)Chapitre 81 sur 267 · SCÈNE XIV ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV ET DERNIÈRE

SIDLER, SALSBACH , Mme BARNECK , LOUISE, MALZEN , plusieurs jeunes gens.

AIR de Léonide.

TOUS

I Ah! grands dieux!

Dans ces lieux t Quelle vue

Imprévue

En

Quoi , tous deux , En ces lieux !

croirai— je mes yeux ?

MALZEN et LOUISE.

Jour heureux

Pour tous deux, Quelle joie imprévue !

Jour heureux

Pour tous deux , Il comble enfin nos vœux.

Mme BARNECK.

De rage el de dépit je tremble.

SALSBACH.

Est-ce donc pour se séparer Qu'ici nous les trouvons ensemble?

Mme BARNECK.

J'en puis à peine respirer.

SALSBACH.

Enfermés dans cette demeure Depuis hier soir...

M"»e BARNECK.

C'est trop fort ; Et madame trouvait encor Que je venais de trop bonne heure.

TOUS

Ah ! grands dieux ! etc,

MALZEN et LOUISE.

Jour heureux etc.

COMÉDIE-VAUDEVILLE. 65 SALSBAGH.

Ah ! ça. . • mais que diable voulez -vous que nous attestions ?

MmeBAiiNECK, hors d'elle-même.

Vous attesterez... vous attesterez, messieurs, que je suis furieuse , que je bannis monsieur de ma présence. . . que je ne le recevrai jamais chez moi . . . (M al zen passe auprès de M "M Bamevk.

LOUISE

Ociel!

Mm" BARNECK.

Et que vous , ma nièce , vous qui me devez tout , vous avez juré de ne jamais me quitter.

LOUISE , baissant les feux.

11 est vrai.

MALZEN.

Croyez , madame , que mon plus cher désir serait de voir confirmé par vous le pardon que j'ai obtenu de Louise. . . mais, dans ce moment, je n'essaierai point de vous fléchir.. . je me soumettrai respectueusement à vos ordres.

Mme BARNECK, d'un air menaçant.

Je l'espère bien ... ou sinon . . .

MALZEN.

Et puisque vous me bannissez. . . résigné à mon sort. . . (A Louise, d'un air peiné, et la prenant par la main.} Allons, chère amie, faites vos adieux à votre tante. . . et parlons. . %

Qu'est-ce à dire ?

MALZEN.

Que je l'emmène chez moi.

Mrae BARNECK.

L'emmener ! . . . elle pourrait y consentir !

SALSBAGH, froidement et prenant une prise de tabac.

Qu'elle le veuille ou non. . . c'est la loi. .. la femme doit suivie son mari.

66 LOUISE

M"" BARNECK, effrayée.

Ah ! mon Dieu !

MALZEN.

Quant à mon fils . . . toutes les fois que vous désirerez le ✓oir. . .

Mme BARNECK.

Et cet enfant aussi ! . . . mon filleul. . . vous l'emmenez . . .

SALSBACH, de même.

Vous ne pouvez pas l'empêcher. . . c'est le père. . . Pater is est quem justœ nuptiœ . . .

Mme BARNECK.

Eh ! laissez-moi .

MALZEN , à Sidler.

Toi, mon ami. . . tu nous suivras. . . et puisque M. de Salsbach , comme ami de la maison , veut bien accepter uii logement chez moi . . .

Mme BARNLCK.

Et vous aussi... tout le monde m'abandonne !.. . Je vais donc rester seule dans cet immense château !

SALSBACH.

A qui la faute ?

LOUISE , joignant les mains.

Ma bonne tante !

MALZEN, qui a passé à la droite de Mme Barneck.

Madame ! . . .

SALSBACH.

Ma respectable amie !

M««e BARNECK, entre eux deux.

Laissez-moi. . . laissez-moi. . . perdre en un jour unt* colère à laquelle depuis si long-tems je suis habituée !. . . Non , non. . . je tiens à mes sermens. . . je ne le recevrai point ici. . . et puisqu'il enlève ma nièce, mon petit filleul. . . puisqu'il enlève tout le monde. . . eh bien. . . qu'il m'enlève aussi i

SALSBACH.

Vivat!... la paix est signée... Ils sont réunis, et moi baron... du moins j'y compte. ( Bas à M ai 'zen.) Ah çà ! jeune homme , j'espère que nous allons réparer le lems

perdu ce petit bonhomme attend une sœur. [Louise

passe auprès de Malzen. )

CHŒUR

Air du ballet de la Somnambule.

De nos plaideurs désormais Ce'lébrons l'accord propice ; L'amour mieux que la justice - Sait arranger un procès.

MALZEN.

Ah ! quelle ivresse !

La guerre cesse...

Un seul jour change mon cœur...

A quoi donc tient le bonheur ?

SALSBACH.

A quoi donc tient la noblesse?

CHŒUR

De nos plaideurs désormais , etc.

FIN

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