CHŒUR
Ai& : Ahl quel outrage (du CoifFeur)- Quelle famille!
£n elle briUe Tout ce qa*aîine notre famîUe ; Qaellé alliance ! L'or, la naissance , Oui , ches lui Tout est réuni.
CoanïNB, à FanfUfilie.
De votre frère on aime Télëgance.
m"* JUDITH.
Moi| du cousin j*aime l*air ingénu.
DESTAILUS.
Moi , )*aime l'onde et sa mâle éloquence.
HATHAUE, regardant autour d*eiie* Moi , ce que j*aime , hélas ! a disparu.
TOUS
Quelle famille ! etc.
DESTAILLIS.
L'oncle le député est charmant... c'est un cavalier accompli... un gentilhomme de l'ancienne roche.
CORINNE
Et le frère donc... un ami des arts qui improvise comme les Italiens.
m"' JUDITH.
Et son neveu... ah! vous n'avez pas vu son neveu !... un jeune homme si intéressant, et qui a de si bonnes mamcrcs
VARINVILLE, r/tf»/.
Un ami des bienséances , des convenances.
M^'* JUDITH
Oui, monsieur... Ce n'est pas lui qui s'aviserait d'entrer.
Googje
dans un appartemeni sans se faire annoncer... Et puis il a toujours de si bonnes intentions^ que ce qui scandaliserait dans un autre devient chez lui tout-à-fait exemplaire.
CORINNE
Ah ! monsieur, que vous êtes heureux d'avoir une pareille famille !
DESTAILLIS.
Que nous sommes heureux... puisque cette famille est la nôtre.
VARINVILLE.
Vous êtes bien bon... mais vous n'avez rien vu encore, ». et j'espère vous présenter bientôt ma tante la vicomtesse de Varin ville.
NATHALIE, à ^r/.
Ah ! mon Dieu !
DESTAILLIS.
Qu'avez-vous donc?
NATHALIE
Rien, mon oncle. ( A parL ) Plus d'espoir... la tante va arriver.
Mlle JUDITH. A rariViwV/i».
Vous l'attendez donc?
VARINVILLE.
Mieux que cela.
CORINNE* Que voulez-vous dire ?
VARINVILLE.
Elle est ici.
TOUS
Il serait possible !... et vous ne nous le disiez pas.
DESTAILLIS.
Où est-elle 7... où est-elle?
V ARINVILLE , désignant le cabinet à gauche.
Là. . . dans ce boudoir.
DESTAILLIS Mon chapeau, mes gants. .. que j'aille lui offrir la main.
VARINVILLE, Vous ne la lui offrirez pas.
DESTAILLIS.
Je lui oCTrirai. . .
VARINVILLE.
Vous ne lui offrirez pas.
DESTAILLIS.
Et pourquoi donc P
VARINVILLE.
Parce que, dans ce moment, elle est à sa toilette.
m"* JUDITH.
C^est juste , ùion frère. « • c^est juste. . . les bienséances avant la politesse • . • Mais les femmes du moins peu?ent entrer?
Sans doute. . . ne fût-ce que pour offrir nos soins.
Et j'y vais la première. ( A Nathalie. ) Venez donc , mademoiselle , venez donc avec nous.
VARINVILLE.
Ah ! mon Dieu ! que va-t-il arriver ?
( Les deux dames s'élancent vers la porte à gauche qu^on referme rwemeni , et on entend une voix de femme crier en dehors : On n'entre pas. )
VARINVILLE.
Cela ne m'étonne pas.. . ma tante la vicomtesse est d'une pudeur antique. . . la pudeur la plus chatouilleuse.
M*^ JUDITH
C'est comme moi.
VARINVILLE.
Je dirais même , si ce n'est le respect que je lui dois , qu'elle est un tant soit peu bégueule ; ... mats elle rachète ce léger défaut par une grâce , une finesse. . . un esprit. . .
M*'^ JUDITH
Ce que nous appelons femme de qualité . . . femme de cour . . .
VARINVILLE.
Mieux que cela. . . car j'ose dire qu'à la cour il n'y en a pas une comme elle.
Je De serai pas fâchée de voir cette merveille . • . Comment est-elle sous le rapport des dons extérieurs ?
^- VARINVILLE, h part.
^h ! diable , je ne sais pas quelle figure il va se faire !. .. ( HauL) Je ne vous dirai pas au juste ... il y a très-longtems que je n'ai vu ma tante.. . et je serais même capable de ne pas la reconnaître . • . sans la voix du sang. . • et puis si je ne savais pas que c'est elle.
DESTÂILLIS.
Silence., la porte s^ouvre.
OSCAR, la lorgnant.
Il est de fait que de loin elle ti^est pas mal pour son âge...
Air de la Contredanse de la Somnambule ^.
TOUS
Silence, {bis*) Vers nous elle s'avance ;
Silence, (bis.) D*îci n*entends-je pas Ses pas ?.
BESTMLLIS.
G^estelle, Modèle Des vertas Qu'on aime le plus.
Sa mise Exquise Prouve sa décence , et surtout Son goût.
TOUS
Silence, (bis.) Vers nous elle s'avance ;
Silence , Elle a bien plus d'attraits De près.
* Si l'acteur a le tems de s'habiller en femme , ce couplet se passe à la représentation.