‹ La famille du baron, vaudeville épisodique en un acteChapitre 20 sur 25 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

LesPrécédbiis, SAINT-YVES, habillé en femme.

( Tout le monde le salue ; DestaUlis va lui offrir sa main. )

SAIHT-YVES, voiae de femme.

Air du Trio du Concert à la Cour, Pour moi qae ce jour a de cliarines ; MaU daignez calmer mes alarmes.

Tant cle beautés mMntimident un peu.

En faveur de mon cher neveu , Mesdames, que je vous embrasse.

(// embrasse Judith et Corinne.) m"" JUDITH , dun air aimable.

J*allais demander cette grâce.

SAINT- YYES , à Nathalie.

Et celte aimable enfant.

( Bas, açec sa voix naturelle. )

G*est moi.

NATHALIE

Ociel!

BESTAILLIS.

Pourquoi donc cet effroi ?

fa}i* JUDITH la poussant. Allons, ma chère, imitez-moi.

SAINT-TVES , l'embrassant.

Vraiment, elle est toute tremblante.

OSCAR, lui baisant la main.

Près de vous peut-on avoir peur?

ahnxT-YTESf faisant des mines.

Cet accueil me touche et m*enchante.

( yi F'arinville qui est à la gauche du théâtre.) Et vous , avec votre air boudeur.

Venez donc près de votre tante.

( Lui tendant sa main à baiser. ) Je vous permets aussi , profitez-en, monsieur. DESTAILLIS.

Moi ) )e réclame une telle faveur.

VARINYILLE , à part.

Au diable, au diable une telle faveur!

* Oscar, DestaîUis, Nathalie, Corinne, Saint-Tves, Judith, Varinville.

VAUDEVILLE ÉPISODÏQUE. 49

SAINT-YVES

O ciel ! ]*aimablc caractère !

Ooî, mon cœur, à ses doux regards , Le reconnaît! coranie ancien mousquetaire, Pour le sexe il a des égards.

SAINT-YVES , bas à FarinçiHe; voîjc naturelie. Allons , calme-toi, plus d'alarmes.

Vois ce regard , ce sourire vainqueur

li faut qu'on nous rende les armes , Tout cède à ce sexe encharitcur.

di 1 LES HOMMES,

PQ I O ciel! que d'attraits » que de charmes!

2 l Quel doux regard , quel sourire enchanteuri ^ j Oui, de lui rendre encor les armes,

ps) I On se ferait un vrai bonheur.

lES FEMMES.

Voyea que de grAce et de charmes!

Malgré son âge elle a de la fraîcheur; Et l'on rendrait encor les armes A ce regard plein de douceur.

( A la fin du morceau entrent deux domestf^ies qui donnent des sièges aux dames et aux messieurs. Tout le monde s'assied *. )

DESTAÏLLIS.

Ah ! qu'on est heureux de se trouver en fdmîlle!

SAINT-YVES

Ah! ôùî.. . en famille .. . je croîs bien y être .. . sans cela , je n'oserais me présenter dans un pareil négligé.

DESTAILLIS.

Vous êtes superbe.

SAINT-YVES

Tabcz-vous, flatteur.

m"* JUDITH.

Ccst-à-dîre que c'est étonnant... et je me félicite maintenant de mon goût; car j'ai un ajustement tout-àfait semblable.

* Oscar, Nathalie , Corinne , Dcstaillis, Saint-Yves, Judith, Varinville.

5o LA FAMILLE DU BARON,

SAINT-YVES

Vraiment I . . . c'est la dernière mode.

M"« JUDITH , acte satisfaction.

La dernière . . .

SAINT-YVES

Oui , celle que l'on vient de quitter.

M»« JUDITH , fâchée.

Eh bien ! par exemple. . . Mais ce qui m'étonne encore plus. . . ( à l^arinQille ) c'est la ressemblance de madame avec le jeune cousin.

SAINT-YVES

On se ressemble de plus loin ; c'est mon fils. ^

DESTAILLIS.

Le fils du vicomte de Varinville ?. . . .

SAINT-YVES

Non. . . d'un autre mariage. . .

M^'*' JUDITH

Ah ! il est de votre premier mari !

SAINT-YVES

Non , madame , de mon second.

OSCAR

Le vicomte est donc le troisième ? . . .

SAINT- YVES , le regardant tendrement.

Oui , monsieur, il est à l'extrémilé dans ce moment. •• ce qui l'a empêché de venir. ,

TOUS

Ah ! mon Dieu !

VARINVILLE , À ^«r/.

Pourquoi diable va-t-il leur dire tout cela ?

M^'" JUDITH

Je ne conçois pas qu'on puisse se marier trois fois. ^

SAINT-YVES

C'est ce que je disais la première. . . Aussi il n'y a que celle-là qui ait eu lieu avec mon agrément... les deux autres, cela n'a été que malgré moi, et par respect humain.

. VAUDEVILLE ÉPISODIQUE. 5i

DESTAILLIS.

Et comment cela ?

SAINT-YVES

Lors de la guerre , yoyageant en poste arec ma femme de chambre , nous tombâmes dans un avant-poste ennemi. . . un pulk de cosaques.

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