SCÈNE III
Les PaÉcÉDENS, VARINVILLE *.
DESTAILLIS.
£h ! le voici , ce cher neveu.
VARINVILLE.
Oui , mon respectable oncle... ( à Judith ) ma belle tante... (à Cor//i/ie) ma j olie cousine... il me manque quelqu'un... if paraît que votre mari, notre aimable chambellan^ est encore à la chasse.
CORINNE
Oui , monsieur.
VARINVILLE, à Oscar.
Heureusement qu'il nous reste notre jeune cousin.
m"' JUDITH.
Et vos chers parens que nous attendons depuis un mois , il quelle heure arrivent-ils ?... en avez-vous des nouvelles ?
VARINVILLE.
D'assez tristes... le comte de Varînville mon père est indisposé.. • et ma mère est restée près de son époux afin de le soi gner.
DESTAILLIS.
C'est trop juste... mais vos autres parens... votre oncle de Bordeaux?
VARINVILLE.
Il est à Paris.
* Oscar, Corinne, DestailUs, Varînville, Nathalie, M*** J«dith«
m"- JUDITH.
La vicomtesse et son fils ?
VARINVILLE.
Us sont à Toulouse.
DESÏAILLIS.
Je les croyais en route pour venir assister à votre mariage... vous nous Favcz dit.
VARINVILLE, Oui , sans doute... mais Dieu sait quand ils arriveronf... et dans rimpatience où je suis , je crois que nous pouvons toujours procéder, dès ce soir, à la signature du contrat... demain à la célébration,., et ainsi de suite.
DESTAILLIS.
Y pensez- vous , mon cher ami?. .. nous faire une propo- . sitîon pareille 7... je ne voudrais pas Taccepter pour tout Tor du monde.
^ VARÏNVILLE.
Et pourquoi donc?
DESTAILLIS.
C'est faire un affront à votre famille de ne pas Fattendre.
OSCAR
Et puis , je n'y pensais pas... Ce proverbe que j'ai.com-
Îosé pour elle, je ne peux pas le jouer pour vous seul k ma cousine , la muse de la famille , qui vous préparait aussi quelque chose.
CORINNE
Oui, je comptais vous donner une improvisation,.. J'ai entre autres, sur la bénédiction paternelle, une tirade à effet.
VARINVIUE.
Mon père n'y sera pas.
CORINNE
Raison de plus pour réclamer la présence de votre oncle... c'est de rigueur.
« Second père d*un È\$ dont le père est absent , » De la nature en deuil auguste remplaçant.... »
Gomme cela , je pourrai m'en tirer ; mais vous voyez
^vCo^
lo LA FAMILLE DU BARON,
qu'il me faut un oiïcic , ou au moins ui|c taote... N'csl-cc pas, Nathalie?
NATHALIE
Si ma famille Texige...
DESTAILLIS.
Sans doute.
Mais..
Air de F'oltoirechez Ninon.
Jb auraient droit d'être surpris^ £t de nous faille des reproches ; Je veux ici voir réunis Tous vos paxens et tous vos proches.
Pour moi, tant qu'ils seront absens , Au mariage je m'oppose.
NATHALIE, à part.
Mon oncle a raison..... les parens Servent souvent à quelque chose.
VARINVILLE.
DESTAÏLLIS.
Nous vous laissons à vos affaires... Moi qui n'en ar pas, je vais m'installer dans >a petite tourelle , celle qui donne sur la grande route de Pans... et à chaque voiture... Comment voyage votre oncle "i
VARINVILLE.
En landau... un landau jaune.
DESTAILLIS.
C'est bien...
Air de la Ff'alse de Robin des bois.
Par bonheur le tems est superbe „ Je vais m'établir au donjon.
CORiiCNE, à Oscar, Allez composer un proverbe.
OSCAR, à Corinne, Allez invoquer Apollon.
VARINVILLE, à Nathalie, Vous , h Tamant tendre et fidèle , Que vient de frapper cet arrêt , Penserez-vous , mademoiselle ?
NATHALIE, baissant les yeux»
Si ma famille le permet.