‹ La famille du baron, vaudeville épisodique en un acteChapitre 7 sur 25 · CORINNE ET OSCAR · texte numérisé non relu

CORINNE ET OSCAR

Son frère!

* Oscar, Yarin ville, Saint- Yves , Corinne.

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iS LA FAMILLE DU BARON ,

VARIN VILLE, «Vo/ine.

Mon frère ! ( Bas à Saint- Yves. ) Qu'est-ce que f u dis donc?

SAINT-YVES, Afl/.

Tais-toi. •• C'est toujours un à-compte.

OSCAR

Son frère '..^ £k bien ! je l'aurais reconnu.

CORINNE

C'est singulier... Monsieur ne nous avait pas parlé...

SAINT-YVES

D'Anatole Varinville , son jeune frère... L'ingrat!... Je conçois... Il ne devait pas compter sur moi../ Depuis trois ans , je parcours l'Italie... L'amour des arts me tenait lieu de tout.» Apollon et les muses sont une famille.

CORINNE

Monsieur est poète ?

SAINT-YVES

Oui , madame ; je fais la poésie ténébreuse et mélancolique... les spectres , les tombeaux , les suppliciés , les condamnés... et généralement tout ce qui est épouvantable , tout ce qui est horrible.

CORINNE

Monsieur est de la nouvelle secte ?

SAINT-YVES , s'incUnant.

J'ai cette horreur-là... Poésie nouvelle, comme vous savez, qui vit de ruines /de lézards^ de chauves-souris, de lierre, de crapauds... Nous ne sortons pas de là; car nous aimons les corps verts , les corps blancs , les corps bleus... le jaune aussi ; nous l'employons beaucoup, c'est bon teint... £nlîn une littérature de toutes les couleurs, qui n'en a aucune.

Air du vaudeville de VÉcu de six 'francs.

Employds aux pompes funèbres , Nos auteurs , amis du trépas , Ne brillent que dans les ténèbres , Et quoique toujours gros et gras , Kt faisant leurs quatre repas , En tout teins , leur niuse éplorée Ksi en deuil

VARINVILl.K.

Kn deuil L... de qui donc ?

VAUDEVILLE ÉPISODÏQUE. 19

SA WT-YVES , bas à VarkmUe,

Probablement de la-eaison

Que ces messieurs ont enterrée.

Ils sont en deuîl de la raison ,

Que ces messieurs ont enterrée..... ^

(Haut.) Et j^ose dire que , dans ce genre littéraire ei funéraire , j^ai obtenu quelques succès.

OSCAR

Des succès... Ce doit être difficile !

SAINT-YVES

Mais non... Je me prône 9 iu le prônes j il se prâne»., nous nous prônons... Dès qu on sait conjuguer ce verbc-ià, il n'en faut pas davantage pour obtenir un succès à notre manière, et se faire , entre amis , une immortalité à huis-clos , qui dure au moins sept à huit jours , et qu'on recommence la semaine suivante.

CORINNE

Ce doit être bien fatigant...

Pour le public... car, pour nous autres, nous y sommes faits.. (/^ Corinne.) Et quand nous nous connaîtrons mieux, j'espère bien que nous jeletrons ensemble les bases de nouveaux triomphes; car on m'a cité de vous des choses charmantes... des improvisations... C'est mon genre; j'y excelle... Et puis l'on m'a parlé aussi...

CORINNE

De mes Epîtres?... de mes Occidentales?...

' ' SAINT-yVES.

Oui, vraiment.

CORINNE

J'en avais fait une avant mon mariage : Epître à celui qui m'aura^ et deux depuis : Epître à celui jqui nî'a^ et à celui qui m'a eue.

SAINT-YVES

Délicieux !... Heureux les^ mortels, piivilégiéa à qui iidus daignerez en adresser encQre !

* Yarinvillc passe à la gauche <le Corinne.

CORINNK , à rarinçUie.

li est fort bien , votre frère Anatole.

VARINVILLE.

Oui , pas mal*

COR INNE , à SaMi-Yçes.

ai je ne craignais d^élre indiscrète , je vous demanderais une petite improvisation.

OSCAR

\h ! vous ne pouvez nous refuser.

CORINNE

Pour la première grâce que je réclame de vous.

SAINT-YVES

Certainement.

VARINVILLE, À /9flr/.

Où diable a-t-il été se fourrer ?

SAINT-YVES

Si la compagnie veut m'indiquer un sujet... ( /4 part et regardant Varinçille, ) J*espère qu'il va me demander les Ruines de Rome.

VARINVILLE, À /wirf.

Qu'est-ce qu'il a donc à me regarder.^

OSCAR, Je demanderai à monsieur un parallèle entre la tragédie et la comédie.

SAINT-YVES, À ^or/.

Que le diable l'emporte ! {Haut,) Ce serait un sujet bien pénible , vu que , dans ce moment , les pauvres chères dames sont défuntes toutes deux*

OSCAR

Vraiment !

SAINT-YVES , déclamant.

« Seignear, Laïus est mort : laissons tu paix sa cendre. »

CORINNE

U a raison... j^aimerais mieux un sujet noMe.

SAINT-YVES , regardant farinçiile.

Oui... quelque chose de romain... quelque chose d'antique.

CORINNE

Puisque monsieur vient de Paris , qu'il nous dise des viers sur les dernières nouveautés*

SAINT-YVES

C'est bien vien».

OSCAR

Sur le^ derpiers événemens.

SAINT-YVES

C'est bien petit !... Et je préférerais quelque chose de... romain... de grandiose.

OSCâR.

La Baleine ou TÉléphant.

CORINNE

Ah ! oui... la Fontaine de TÉléphant.

SAUNT-YVES.

Ça n'en finirait pas*

CORINNE

Eh bien! sur les nouveaux embellissemens d^ Paris-.. A votre choix.

^SCAR.

Ah! oui... les embellissemens de Paris... c'est k ce sujet que nou$ nous arrêtons.

VARINVILLE.

Autant cela qu'autre chose.

SAINT-YVES , à part , regardant Varinçilîe.

L'îmbéçile l... {Haut.) Il parait que la demande générale est pour les embellissemens de Paris. ( A pari. ) Nous voilà loin des Ruines de Rome. ( Haut. ) Volontiers... Noos avons à Paris le Diorama , le Néorama...

OSCAR

'Représentant la basilique de Saint-Pierre.

SAINT-YVES , regardant F'armville avec intention. De Saiut-Pïerre de Rome.

VARINVILLE. .

Précisément.

SAINT-YVES

Qu'est-ce que tu dis là?

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