JEAN-SIDRAO DU GUE
Né à Montréal le 2 novembre 1670.
En 1686, son père obtenait pour lui un brevet de caler dans la conii)agnie de la marine de Rochefort.
En 1696, il prit part à l'expédition de M. d'Iberville conti'o Terre-Neuve. Il était même son principal lirnilo nant. L'abbé Jean Beaudouin, qui fit l'expédition de Terre-Neuve en qualité d 'aumônier, dit de M. Du Gué qu'il était un très brave honmie" (8).
L'année suivante, en 1697, M. Du Gué eut encore l'occasion de se distinguer dans la célèbre expédition de M. d'Iberville h la baie d'Jîudson. Celui-ci lui avait donné le conmiandement de la flûte Le Profond.
Cette flûte, armée de vingt-six canons et montée par 120 hommes, ayant été séparée du Palmier et du Weap qui naviguaient de concert avec elle, se trouva en i)résence de trois navires anglais.Le combat s'engagea aussitôt. Le Profond dont les canons avaient moins de ])ortée que ceux des navires anglais, fut bientôt criblé de boulets de tout calibre. Mais le brave Du (Jué manoeuvrait si hal)ilement (pic les navires ennemis ne ])urent l'aborder ni l'obliger à se rendre. Le combat durait de])uis six heures, lorsque Du (Jué a])erçut le West et le P(dniier (jui faisaient force de voiles ])our le secourir. Les trois navires ne jugèrent pas à ])ro])()s
(S) L'abliô AuBUsto Oossolln, Joiiriml do roxin'-ilition «le «l'IlxTvIlh» «mi A«-iull«> «'t a T«Tn«-N«Miv«*, p. 34.
de les attendre. Il était temps que le combat ])renne fin car le Profond était tout désemî)aré. Après avoir raccommodé son vaisseau tant bien que mal. Du Gué, de concert avec le Wesp et le Palmier, se mit à la x)oursuite des vaisseaux anglais, mais ceux-ci, dans l'intervalle, avaient rencontré le PeJiccui, commandé par M. d'Iberville lui-même, et avaient été mis hors de combat (9).
C 'est probablement sa belle conduite dans cette cam- ])agne de 1697 qui valut à M. Du Gué sa promotion au gra' de de capitaine de brûlot.
Le fameux d'Iberville qui s'y connaissait en hommes employa ensuite M. Du Gué dans ses camjjagnes de la Louisiane. Le nom de M. Du Gué est souvent mentionné dans les faits d'armes accomplis par d'Iberville dans ces régions.
Le 29 octobre 1706, Jean Sidrac Du Gué, qui s'était établi en France, vendait le fief de l'île Sainte-Thérèse, qui lui était échu comme fils aine, à son beau-frère, Charles- Gaspard Piot de Langloiserie, pour la somme de 2000 livres (10).
Jean-Sidrac Du Gué décéda à Rochefort en mai 1712.