AIMER SON DEVOIR
A la lumière des Principes que nous venons d'exposer, il faut faire chez l'enfant, l'éducation de la sensibilité, de la tempérance, des sentiments, du cœur, de l'amour, et particulièrement de cette fleur au parfum céleste, la vertu angélique, la chasteté.
Pour ce qui concerne l'éducation de cette dernière vertu, chez l'enfant surtout, la question est certainement très délicate. Elle demande un tact que seuls, la foi et un profond amour de. Dieu et des âmes peuvent inspirer, .
Le principe fondamental qui doit servir de lumière et de guide en cette matière nous paraît être celui-ci :: Le plus grand danger pour la chasteté, provenant surtout de la facilité extrême avec laquelle le cœur, la sensibilité, les facultés affectives et passionnelles ge laissent troubler et entraîner par les attraits séducteurs de tout ce qui peut flatter
la sensualité, exciter la concupiscence ; le grand et principal remède sera de fortifier, de prémunir l'âme, le cœur, contre ces entraînements et ces séductions.
Pour cela, les moyens principaux sont les suivants :
a) Autant que possible soustraire le regard et la sensibilité de l’enfant aux suggestions dangereuses, sous toutes leurs formes: théâtres, vues animées, images, brochures, livres, spectacles, mauvais exemples, etc.
b) Surtout — ceci est de la plus grande importance —, inculquer à l'enfant, dès qu’il est à même de la comprendre, cette vérité si sublime à la fois, si consolante et si puissante, souvent rappelée par saint Paul, à la suite d'ailleurs de Notre-Seigneur lui-même, à savoir, que nos corps sont les membres de Jésus-Christ, qu'ils font partie de Jésus-Christ, qu'ils sont les temples, les sanctuaires de l’Esprit-Saint, que la vie divine pénètre jusqu’à eux; que par la communion, ils sont incorporés à Jésus-Christ, et reçoivent un gage, comme une semence de résurrection glorieuse ; enfin qu'ils sont destinés à partager un jour au ciel la gloire de Jésus et de Marie.
Aucune science, aucune psychologie, aucune philosophie ne saurait trouver une méthode d'éducation de la pureté, comparable à cette vérité de notre foi.
c) Le démon de l'impureté recherche les rêveries solitaires, il fuit la lumière, et la compagnie des êtres de lumière. C'est pourquoi il faut habituer l’enfant à fuir l’oisiveté, à rechercher l’activité, les occupations. Il faut développer en lui l'esprit de foi, et le faire vivre habituellement en la présence de Dieu, dans la compagnie, et pour ainsi dire dans la conversation vivante, intime, personnelle du Sacré- Cœur de Jésus, de la Bienheureuse Vierge Marie, de son Ange Gardien et de son saint Patron. Voilà certes, un milieu bien vivant, un milieu de paix et de lumière.
d) Un moyen très efficace, et pratiquement indispensa.ble, c'est d’habituer l’enfant d'ouvrir son âme, en toute confiance, en toute franchise, à son directeur de conscience,
e) Exercez une surveillance plus active, plus douce, plus tendre, plus enveloppante sur l'enfant, à l'éveil de la puberté, ou même bien auparavant, dès que sa curiosité peut soupçonner le mal. C'est à ce moment-là surtout que les parents et les éducateurs, en particulier le directeur de conscience ont besoin de tact pour que cette curiosité en év.' n'ouvre pas la porte au feu des plus mauvaises passions. Que faut-il dire à cette curiosité ? que faut-il lui laisser ignorer? Il nous paraît impossible de tracer une ligne de conduite
‘ uniforme sur ce sujet. Il semble cependant qu'il est plus prudent de calmer la curiosité, que de ia satisfaire. En tous cas, le tact et l'amour des âmes feront ici plus que tout le reste.