‹ La famille et ses traditionsChapitre 108 sur 235 · XXII. LE TESTAMENT · texte numérisé non relu

XXII. LE TESTAMENT

Nos pères professaient cette maxime que u les actions les plus importantes de la vie sont le mariage et le testament" ; ils ajoutaient qu'il ne faut rien y précipiter et qu'on ne doit rien y négliger.

Faites votre testament sans attendre les infirmités de la vieillesse et surtout votre dernier moment.

N'ayez point là-dessus les frayeurs des gens du monde. Vous êtes chrétiens, et vous savez que la mort est bien en réalité l'acte décisif de la vie. Nous ne vivons que pour mourir, c'est-à-dire que cette vie ne nous est donnée que pour nous conduire à celle qui suit la mort,

Souvenez-vous que la mort peut nous frapper à tous les instants. Jésus-Christ ne nous dit point seulement : u Préparez-vous " ; mais : " Soyez prêts, estote parati". Tenez-vous donc prêts, comme si vous deviez partir demain.

Que vos affaires soient toujours arrangées, votre conscience toujours nette. . Travaillez, comme si vous ne deviez jamais mourir, et vivez comme si vous deviez mourir dans quelques heures. Peutêtre le fil serat-il coupé lorsque la toile sera à moitié tissue.

Suivez les belles formules religieuses usitées chez nos pères. Recommandez votre âme à Dieu, à la Sainte Vierge, à Saint Joseph, à votre Saint Patron. ; mettez-vous en présence de l'éternité, et que vos enfants lisent, tracée par votre plume, cette profession de foi catholique, apostolique et romaine, qui, transmise depuis nos anciens jusqu'à nous, nous a tous confirmés dans la vertu et dans le vrai culte à rendre à Dieu.

Je veux que la maison paternelle se conserve dans la famille ; elle est chère à nos cœurs, et, s'il est besoin de faire des sacrifices pour cela, vous vous les imposerez : c'est votre intérêt commun.

Je veux qu'il en soit ainsi pour notre domaine patrimonial. J'ai travaillé toute ma vie à le mettre en valeur, je l'ai arrosé de mes sueurs. Livreriezvous à d'autres les fruits des arbres que j'ai plantés ? et auriez-vous le courage de chasser la mémoire de nos devanciers des lieux où ils nous ont nourris ?

Je demande à mes enfants de ne pas non plus oublier dans leurs testaments la part de Dieu, c'est-à-dire celle des pauvres, afin que leurs prières leur attirent les miséricordes d'en haut.

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