ARCHIVES DES COLLEGES ET DES COUVENTS
Je ne saurais terminer cette étude sur la famille sans dire un mot des archives des collèges et des couvents, ces grandes familles qui sont la lumière, la force et la gloire de la patrie. Après la vieille maison paternelle où s'écoulèrent les belles années de notre enfance, déjà si loin de nous, l'endroit de la terre vers lequel nos souvenirs se tournent avec le plus d'amour, est, sans contredit, celui ou s'élèvent les murs tutélaires de l'école ou du collège où nous avons reçu notre éducation. Les rides ont beau creuser nos fronts et les ans neiger sur nos têtes, nous rajeunissons à la seule pensée de ces jours d'innocence et de paix si vite envolés. Mais comment peindre notre joie quand, après de longues années d'absence, nous revoyons ces lieux chéris avec les gais compagnons d'autrefois ? C'est alors la fête du cœur, l'oasis de ce désert qui s'appelle la vie !...
Ces jours et ces heures passent comme le bonheur d'ici-bas, c'est-à-dire bien vite :
Je n'ai fait que passer, ils n'étaient déjà plus.
Mais le souvenir de ces heures délicieuses ne passe pas : il reste gravé dans les coeurs mieux que sur la pierre et l'airain, et l'amitié l'inscrit dans les archives de la maison, de Y Aima Mater qui ne veut rien oublier de ce que ses enfants font pour elle.
Des archives, ces grands souvenirs passent quelquefois dans le public pour le faire participer à ces saintes joies du cœur qui valent bien, quoiqu'on en dise, ses amusements profanes et ses coupables plaisirs. S'ils sont une lettre morte pour les indifférents qui se contentent d'en lire le titre aux vitrines des librairies, ils sont les bienvenus aux foyers où brûle la flamme de la reconnaissance et de la piété filiale.
Jamais je n'oublierai la douce impression que j'éprouvai en recevant, un jour, une brochure ayant pour titre : " Souvenirs du 4 novembre 1864 dédiés aux anciens élèves du séminaire de Ste-Thérèse. " Elle m'était adressée par une main connue, la main d'un condisciple et d'un ami, le Rev. Monsieur Léon Gharlebois, curé actuel de Ste. Thérèse. Le portrait du vénérable Monsieur Ducharme était en tête de la brochure. Après avoir contemplé longtemps avec amour ces traits imposants, tempérés par un sourire ineffable, que j'avais vus tant de fois dans mes premières années de collège, je lus ces pages qui peignent si bien M. Ducharme comme curé, comme directeur et comme orateur. Ce livre, que j'ai fait