A NOS LECTEURS
Amis lecteurs, si ce petit journal, à la suite de tant de grands confrères importuns, va frapper à votre porte, ne vous fâchez pas, ne le rejetez pas ; mais avec bienveillance, ouvrez-lui votre salon et votre cœur, donnez-lui une toute petite place à la clarté de votre foyer : il promet dê'tre si bon enfant, il a de si bonnes intentions.
D'abord ne craignez point, il ne vous ennuiera pas du bruit de ses disputes et de ses chicanes : la politique n'est point de son domaine ; il ne cherchera pas à vous éblouir de l'éclat de ses grands mots : la science n'est pas précisément son fort. Tout simplement, c'est un petit messager, jeune, actif, causeur, qui est encore dans toute la simplicité de l'enfance, et qui même a la naïveté de ne pas se croire tout à fait dépourvu des grâces et des fleurs de son printemps.
Chaque mois, fidèle au rendez- vous, il ira avec
bonheur vous raconter ce qui se fait, ce qui se dit, ce qui se passe dans une institution qui est loin, nous le savons, de vous être indifférente. Sous sa conduite vous reverrez vos salles bruyantes d'autrefois, vos études silencieuses, votre pieux sanctuaire ; vous visiterez de nouveau vos bocages verdoyants, vous vous reposerez sous les frais ombrages de nos grands arbres ; vous ferez comme au temps jadis, de délicieuses promenades à travers les campagnes embaumées, sur les coteaux voisins, au petit bois, à la fontaine ombragée de six érables, dans les profondeurs mystérieuses du sombre et noir ravin. De plus, votre petit messager connaîtra bien des choses du bon vieux temps : il vous parlera du fondateur, de ses colloborateurs zélés, des élèves du premier cours, enfin des jours anciens, tâchant d'embaumer ses récits d'un suave parfum d'antiquité. Puis, vous disant non pas adieu, mais au revoir, il partira pour aller, comme l'abeille laborieuse, faire une nouvelle cueillette et composer un nouveau rayon."
Les anciens élèves de Ste-Thérèse n'ont pas été sourds h cet appel du Benjamin de la famille. Ils se sont empressés d'envoyer leur petite contribution soigneusement enveloppée dans une réponse toute remplie de souhaits dorés et tout embaumée de fraternelle amitié. Voici quelques-unes de ces réponses :
— J'ai accueilli vos chères Annales avec toute la sympathie que mérite une messagère si gentille et si aimable qui, pour une modique obole, vient faire diversion aux sérieuses réalités du présent,