QUATRIÈME PARTIE
pour nous faire revivre dans un passé riche des plus beaux souvenirs. J'applaudis a l'idée que vous avez eue de ramener ainsi, au moins par le souvenir, les anciens élèves à leur Aima mater; ce sera comme un trait d'union de plus entre eux, tout en les rattachant davantage au foyer de leur éducation première."
— " Ihave received and read with much pleasure the " Annales Térèsiennes " you so kindly sent me. They hâve just appeared in the right time for me. I feel old âge beginning to steal on me, and with it is coming up more frequently than formerly the remembrance of the past, the past... the interesting happy past taken in Ste-Thérèse."
— " Rien ne peut me faire un plus grand plaisir que ce cher petit messager qui vient, chaque mois, me parler d'une manière si touchante de mon Aima mater. Qu'il m'entretienne du bon M. Ducharme et de ses collaborateurs zélés; qu'il fasse passer devant .moi les beaux jours de collège auxquels "nous revenons avec un cœur toujours jeune," comme le dit si bien Lacordaire ; qu'il donne la main à tout ce qui naît, avec une larme à tout ce qui tombe ; en un mot, qu'il continue comme il a commencé, et il ne pourra manquer d'être le bienvenu chez moi : il arrivera toujours trop tard au gré de mes désirs."
Fidèles à leur promesse, le.s Annales Térèsiennes ont cherché partout avec ardeur des renseignements sur la vie de M. Ducharme. Ces recherches n'ont pas été infructueuses ; elles ont donné naissance à des pages charmantes, telles que celle-ci,.
18fi LA FAMILLE ET SES TRADITIONS
par exemple, que j'aime à lire comme une page du " Télémaque" :
" Monsieur Ducharme naquit à Lachine, le 10 janvier 1786. Il était fils du capitaine Dominique Ducharme et de Marguerite Gharlebois, native de la Pointe-Claire. Lachine est une des plus agréables localités des environs de Montréal ; elle est devenue pendant la saison des chaleurs, le rendezvous des familles à l'aise de la grande cité, qui vont y chercher le frais, l'ombrage, la verdure, l'eau et le grand air. La maison paternelle de M. Ducharme s'élevait à l'endroit connu encore aujourd'hui sous le nom de " terre des Ducharme," à un mille environ au-dessus de l'église actuelle, près de l'emplacement qu'occupe la gare du Grand- Tronc. De là, se déroule devant nous le panorama le plus riche et le plus varié ; le regard s'étend, au loin et au large, sur la vaste nappe d'eau du lac St-Louis ; là-bas, à l'horizon, se dessine la ceinture bleuâtre des grands bois de l'ile Perrot, de Beauharnais et de Ghateauguay ; en face, à travers le feuillage se montre pittoresque et riant le village de Caughnawaga, avec son temple antique et son clocher argentin ; des ormes séculaires ombragent les hautes falaises où s'élevaient, au temps jadis, le moulin des Seigneurs, le vieux fort et l'église paroissiale ; jour et nuit, on entend le murmure monotone et solennel qui monte, avec les brumes, au-dessus des rapides et des flots bouillonnants.
Tel fut le cadre de poésie et de grandeur qui entoura le berceau de M. Ducharme. Cette belle nature, dont il avait sous les yeux le spectacle