QUATRIÈME PARTIE
journalier, ne put que développer chez lui cette imagination brillante et ce goût prononcé que toujours il montra pour la vie champêtre, la solitude des bois et le calme majestueux de nos grandes forêts."
Comme les jours, les pages d'un livre se suivent et ne se ressemblent pas. Les lignes suivantes, malgré leur teinte mélancolique, respirent un parfum d'espérance qui nous détache de la terre et nous fait regarder le ciel avec envie : elles sont consacrées à la mémoire de M. Amable Thibeau, curé de Chambly, que j'ai eu le bonheur d'avoir pour professeur au collège :
" M. Thibeau expira le 4 octobre, dans la pleine lucidité de l'intelligence, dans la douce sérénité de l'âme qui se repose au sein de la foi et de l'espérance. La cérémonie des funérailles eut lieu dans la chapelle où depuis quatre mois, les paroissiens de Chambly faisaient le deuil de leur église incendiée. La foule pressée y laissait à peine la place d'un cercueil ; mais la mort était bien là, sous les traits de ce cadavre, dans ces tentures et ces chants lugubres, dans cette enceinte étroite et sombre qui semblait elle-même être un tombeau. Au dehors les cloches tintaient tristement, à travers les rafales d'un vent d'automne ; et pourtant, il y avait comme une note joyeuse dans ce glas de la mort, car elles parlaient d'espérance et de résurrection, ces cloches qui renaissaient de leurs ruines et des décombres fumants de l'incendie !
Il revivra aussi, l'objet de ce deuil et de nos regrets... Il revit déjà dans cette image composée
de nos souvenirs et gardée fidèlement par la mémoire du cœur. C'est là que nous aimons à revoir et à saluer encore, sous les traits vénérés du prêtre et du pasteur, l'ami que nous avons connu, au cœur ardent et loyal ; le gentilhomme exquis de politesse et d'affabilité ; l'écrivain correct, élégant, qui savait trouver l'éloquence dans sa foi et son patriotisme; le bon Canadien préoccupé, jusqu'au lit de mort, des intérêts et de l'avenir de sa chère patrie ; le Térésien fidèle, fidèle jusque par delà la tombe, au culte de reconnaissance qu'il avait voué à VAlma Mater ! "
Quelques mois plus tard, la mort enlève encore à la famille Térésienne deux autres membres distingués : M. Célestin Dubé, curé de St-Martin, et M. Jules Lauzon, curé de Répentigny. Les Annales Térésiennes laissèrent encore tomber sur ces cendre^ chéries des paroles de sympathie, de condoléance et d'espoir.
Si vous êtes amateurs de la littérature canadienne, messieurs, recevez cette charmante petite feuille et vous ne serez pas déçus dans votre attente, comme vous devez en être convaincus par les extraits que je viens dô^-p^s lire. Non seulement vous y verrez de la prose dé1 bon aloi, friais encore des vers charmants, tels que ceux que renferment les strophes suivantes tombées de la plume de monsieur T. Lord, élève de Philosophie, qui n'est certainement pas inférieur dans ses débuts poétiques à aucun de ses aînés du parnasse canadien.