‹ La famille et ses traditionsChapitre 124 sur 235 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

impossible, de dire ce que le souvenir de Saint Hyacinthe a produit d'émotions dans mon cœur. Il y a trente-trois ans, je venais au collège faire mes adieux, et ces adieux je les croyais éternels ; je n'avais pas le moindre soupçon que mon retour en ces lieux fût possible. Aussi quels regards affectueux j'attachais aux murailles du vieux collège, à la ville qui les renfermait, au bois de pins où nous dirigions nos promenades ! Mais surtout, comme mon cœur se serra quand je me séparai de ceux qui avaient dirigé mon enfance et dont quelques-uns sont encore ici ! Je partis, emportant mes souvenirs, gardant mes affections. Dans mes longues courses de missionnaire, seul enfant de la maison, seul avec des sauvages qui ne m'auraient pas compris, il me fallait confier les pensées intimes de mon âme aux échos de la foret. Si la distance n'était pas si grande, j'appellerais ces échos ; ou mieux, ils viendraient d'eux-mêmes écouter les accords délicieux de cette fête incomparable, et vous dire que les lacs, sans nombre, les fleuves, les forets et les prairies du Nord-Ouest ont entendu le nom de Saint-Hyacinthe se répéter mille et mille fois.

Pendant dix années passées au collège, je m'étais souvent endormi au bruit des cascades de l'Yamaska : aussi que de fois, couché au pied d'un arbre, sur le bord d'un rapide, je me suis réveillé en sursaut, en disant : suis-je à St. Hyacinthe ? Sontce les cascades de sa jolie rivière qui murmurent à mon oreille ? Bientôt la réalité chassait l'illusion ; mon cœur me disait : exilé, prie pour la patrie. Une prière pour St-Hyacinthe calmait les agitations de

mon cœur. Il faut quelquefois être loin pour savoir combien l'on aime. Mais aujourd'hui, M. le Supérieur et Messieurs les Membres du Séminaire de St- Hyacinthe, il fait bon d'être près pour vous dire : Vos anciens élèves vous aiment, vous respectent et vous remercient ! "

Je regrette, Messieurs, de ne pouvoir dérouler devant vous les archives de nos autres grandes maisons d'éducation, telles que les séminaires de Québec, de Montréal, les collèges des RR. PP. Jésuites, de l'Assomption, de Ste Anne, de Joliette, de Rigaud, des Trois-Rivières et de St Laurent... j'allais écrire le nom du collège Masson, mais la flamme l'a dévoré au moment le plus glorieux de son existence, et maintenant le silence plane sur ses ruines. Il se repose avant l'heure, mais il n'est pas mort : une maison qui a vu passer dans ses murs des hommes tels que : les Théberge, les Graton, les Allard, les Primeau, les Ghapleau, les Taillon, les Renaud, les Leclerc, les Lauzon, les Champoux, les Beauchamp, les Auclair, les Bour-get, les Drs Desjardins, le Dr A. Lamarche, de l'Université-Laval à Montréal, l'avocat A. Mathieu, les . Pépin, les Champagne, les Jeannotte, les Guérin, les Deslongchamps et les Marien, — cette maison peut devenir la proie de l'incendie, mais elle ne saurait mourir!

Je regrette pareillement de ne pouvoir vous faire connaître les archives des Écoles Normales de Québec et de Montréal, ainsi que

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