QUATRIÈME PARTIE
perles ajoutées à la couronne littéraire de l'Irlande déjà si riche et si radieuse !
Tous les climats du globe ont vu passer l'infatigable voyageur, le chercheur avide de la science, " the gentle bird that thought his home a cage" selon la pittoresque expression de l'honorable Mrs Norton, cette femme au génie viril qu'on a si bien surnommée le a Byron féminin, the female Byron.
Les rayons du soleil des Indes sont tombés sur votre front pensif, et les vents du Spitzberg et de l'Islande se sont joués dans votre noire chevelure et dans les plis de votre manteau. Et aujourd'hui, vous venez faire connaissance avec la neige et les frimas du ciel canadien ; et nous avons l'honneur de saluer en vous rémule des Gooke et des Mackenzie, ces héros de la noble famille des voyageurs dont vous êtes le digne descendant.
L'homme d'état, le gouverneur, a des titres spéciaux et plus doux encore à notre admiration et à notre reconnaissance. Travaillant à l'œuvre austère et souvent pénible de l'éducation de la jeunesse, il nous est doux de voir à la tête du gouvernement un homme qui comprend aussi bien que Votre Excellence le prix de la science, et ce qu'il en coûte de patience et de dévouement pour la faire comprendre et pour la faire aimer, un homme qui porte à l'instruction un si vif intérêt, et qui se fait un plaisir autant qu'un honneur de visiter les plus modestes • écoles et d'encourager de son éloquente parole les plus humbles efforts.
Nous formons tous, au commencement de cette nouvelle année, des vœux ardents pour que la
Providence vous laisse longtemps à la tête de nos destinées, et pour que Votre Excellence vive de longues et heureuses années avec JLady Dufferin, cette digne compagne de vos jours, dont le cœur bat à l'unisson du vôtre, et dont l'intelligence est si bien faite pour vous comprendre et vous apprécier. Paissent la gloire et le bonheur vous accompagner toujours fidèlement l'un et l'autre !"
Le Gouverneur fit à cette adresse la réponse suivante, en français :
Messieurs,
Je vous remercie bien cordialement de la part de la Comtesse de Dufferin et de la mienne de la bienvenue que vous nous avez offerte et des bonnes paroles que contient l'adresse que vous venez de nous présenter ; cependant, je sens que les termes dont vous vous êtes servis vis-à-vis de moi personnellement sont tout à fait plus flatteurs que je ne le mérite.
Toutefois, je suis heureux de trouver l'occasion de visiter et d'examiner ces écoles qui forment une partie si importante du système d'éducation dans ce pays.
J'avais depuis nombre d'années un vif désir de traverser l'Atlantique et de voir de mes propres yeux et d'admirer cette belle et grande nature du Canada dont les scènes sont célèbres par tout le globe, et je dois dire que mon attente a été réalisée.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que c'est pour moi un