‹ La famille et ses traditionsChapitre 132 sur 235 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

buer le pain des anges à cet autel si cher à nos cœurs. Et maintenant pour complément de tant d'honneur, Votre Grâce, après avoir fait descendre le ciel dans cette chapelle, vient s'asseoir au milieu de nous, comme un père au milieu de ses enfants, pour prêter une oreille bienveillante à notre humble parole.

Nous sommes heureux, Monseigneur, d'associer votre nom à celui de nos deux évêques bien aimés, et de former ainsi ce trio glorieux dont parle le poète :

u La gloire aima toujours la trinité des noms."

En apprenant que Votre Grâce devait venir nous honorer d'une visite, votre vie de missionnaire, de pèlerin et d'évêque, si bien racontée dans u Vingt ans de missions," passa devant nos regards en- * chantés et nos cœurs émus, avec le cortège de ses vertus, de ses sacrifices, de son dévouement, de ses souffrances, de ses luttes et de ses triomphes !

Monseigneur, nous voudrions vous chanter un hymne de louanges digne de cette vie d'apôtre qui conquit à la Croix les farouches enfants du désert, et qui combattit toujours si vaillamment pour l'humanité, le droit et la religion ; mais nous savons que " la louange pâlit auprès des grands noms," et qu'il n'appartient qu'au génie, ou au talent, de célébrer dignement les actions des héros, comme il n'appartient qu'aux apôtres d'apprécier à leur juste valeur les miracles de la charité. Mais si notre jeunesse et notre inexpérience nous interdisent de parler des grandes œuvres qui ont illustré

votre carrière de missionnaire, et qui reflètent une si vive lumière sur votre épiscopat, il nous sera, du moins, permis, Monseigneur, comme étudiants catholiques et comme canadiens, de féliciter Votre Grâce du talent remarquable, du zèle ardent et de l'infatigable énergie qu'elle déploie dans la grande question des écoles. Gomme le bon pasteur qui veille sans cesse à la garde de son troupeau, et qui jette le cri d'alarme au premier indice du danger, ainsi, Monseigneur, vous combattez sans relâche l'esprit du mal qui cherche, dans votre diocèse, à détrôner Dieu de l'éducation, comme si la première science n'était pas celle de Dieu, ou comme s'il pouvait exister de vraie science sans Dieu.

Permettez-nous, Monseigneur, de faire au ciel les vœux les plus sincères pour que Votre Grâce voie bientôt ses héroïques efforts couronnés de succès, et pour qu'il lui soit donné de contempler une belle et nombreuse jeunesse, — aussi heureuse que celle qui se presse en ce moment autour de votre personne sacrée, — s'élever toujours et grandir à l'ombre de la religion, qui seule peut faire, icibas, le bonheur des nations comme celui des individus.

Nous voudrions, Monseigneur, offrir à Votre Grâce pour vos chères écoles une aumône abondante, digne d'aller de 'pair avec nos souhaits ; mais nos bourses, visitées déjà par deux quêtes bien rapprochées l'une de l'autre, ne peuvent offrir aujourd'hui que l'obole du pauvre. Toute petite qu'elle est, et quelque indigne qu'elle soit de vous

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