‹ La famille et ses traditionsChapitre 135 sur 235 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

milieu d'eux, et lui présentent l'hommage de leur reconnaissance pour la bienveillante visite dont elle les honore en ce jour.

Notre institution n'est encore qu'au début de l'existence. La voix qu'elle fait entendre dans son berceau n'a pas encore réveillé les lointains échos, et la renommée aux cent bouches n'a pas encore publié ses travaux ni chanté sa gloire. Mais elle se résigne et elle espère, car elle sait que le grain de sénevé, avant de devenir un grand arbre, doit demeurer longtemps dans l'ombre et dans le silence. Ici, dans cette tranquille enceinte du travail et de la réflexion, elle s'enracine peu à peu dans le sol de la science ; et déjà, grâce au zèle éclairé et soutenu de ses dévoués professeurs, elle a produit des fleurs et des fruits qui lui promettent quelque renom dans l'avenir. Toute son ambition tend à ne pas faire mentir cette promesse. Qu'elle ait seulement une place au soleil de cet avenir, et ses efforts auront alors reçu leur plus douce récompense, et ses désirs les plus chers auront été réalisés. Elle veut, en formant des sujets exemplaires et solide ment instruits, faire asseoir la province de Québec à la place que des circonstances incontrôlables ne lui ont pas permis d'occuper jusqu'ici dans la sphère des sciences pratiques. Si haut placé que soit ce but, elle ne désespère pas de l'atteindre un jour, tant qu'elle sera animée de l'esprit de générosité, de patriotisme et de patience qui fait battre le grand cœur de son fondateur, (1) et tant que le gouvernement de la province de Québec, auquel

^1) L'Hon. Gédéon Ouimet.

Votre Honneur est si digne de présider, lui accordera ses sympathies et sa protection.

Il ne nous appartient pas d'apprécier les progrès que nous avons faits depuis que nous existons ; mais qu'il nous soit permis de dire à Votre Honneur que trois sentiments nourrissent dans nos cœurs de vingt ans l'invincible espérance du triomphe dans les luttes de l'avenir : V affection qui nous attache aux bons maîtres qui nous conduisent avec tant de sûreté dans les sentiers de la science ; V émulation qui nous excite à marcher sur les glorieuses traces de nos aînés, qui occupent tpus des positions relativement importantes sous le gouvernement de la Puissance, et la confiance que nous reposons dans les cœurs nobles et patriotiques qui ont fondé et qui soutiennent notre institution.

Votre visite au milieu de nous, Monsieur le Lieutenant-Gouverneur, ne sera pas notre moindre motif d'espérer dans l'avenir qui nous attend. "S'il y a dans le regard d'un homme illustre, comme l'a dit Chateaubriand, une vertu qui élève la pensée et exalte le sentiment," quel enthousiasme pour la gloire ne doivent pas éveiller dans le cœur du jeune homme le regard et la parole d'un concitoyen élevé au sommet des honneurs?

Que le ciel vous garde longtemps à la tête de notre chère province de Québec, et couronne toujours vos entreprises, qui n'ont pour but que la prospérité du pays, de tous les succès et de toutes les gloires que Votre Honneur ambitionne !

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