‹ La famille et ses traditionsChapitre 142 sur 235 · TROISIÈME PARTIE. — VIE DANS LE MONDE AVANT DE PRENDRE UN ÉTAT · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — VIE DANS LE MONDE AVANT DE PRENDRE UN ÉTAT

1° La profession, le métier ou l'emploi.

2° Jours heureux — Jours malheureux : Ce sont les deux rives de la vie ; et celle où l'on aborde le plus souvent, même quand on est jeune, n'est pas toujours la rive du bonheur...

3° Livre de Comptes. S'habituer à l'économie- Ne pas livrer aux plaisirs frivoles,encore moins aux plaisirs coupables, le produit de ses jours et de ses veilles ; et, toutefois, ne pas fermer son cœur à la charité : " J'ai été jeune, et je suis devenu vieux, dit le prophète David ; cependant, je n'ai jamais vu le juste abandonné et mendiant son pain''

Les élèves s'appliqueront à bien rédiger ce petit journal ; ce sera la meilleure préparation au " Livre de famille " qu'ils devront écrire plus tard, et transmettre à leur tour à leurs successeurs. Pourquoi ce journal ne ferait-il pas partie de leurs compositions littéraires ? Ce serait alors la rencontre de V utile et de l'agréable dont parle Horace. Plusieurs de mes élèves ont déjà inauguré ce journal avec ardeur, et me promettent de le continuer. J'aime à vous dire que ces élèves sont les plus forts de ma classe, — ce qui me fait croire que l'écrivain qui a dit " qu'un des meilleur moyens pour apprendre à écrire est de traiter les sujets que l'on aime" a parfaitement raison. Or, comment ne pas aimer un pareil sujet ?

Comme preuve de ce que j'avance, je me per-

mettrai de citer les extraits suivants dont je garantis la parfaite authenticité.

c* Lettre sur la retraite de 1874.

(Extrait.)

Mon cher Ami,

Après trois jours passés dans le silence et le recueillement de la prière et de la méditation, nous recevions le Dieu d'amour. Qu'il faisait beau voir défiler, à la suite de leurs maîtres, ces deux cent cinquante élèves allant, les mains jointes et le front incliné, s'asseoir au banquet divin ! Monseigneur Fabre nous distribua le pain des anges avec cet air de bonté et de piété qui attire et qui édifie tous ceux qui approchent sa Grandeur. Je renonce à décrire le bonheur dont mon cœur fut inondé en recevant la visite du divin époux de nos âmes. Il me semblait que la terre disparaissait à mes regards et que les portes du ciel s'ouvraient devant moi ! C'est alors que je compris la vérité de ces mots d'un cantique : Un seul moment qu'on passe avec son Dieu vaut mieux qu'un siècle aux palais des mortels. Après la sainte messe, Sa Grandeur vint s'asseoir au milieu de nous. Georges Desbarats, élève du cours commercial, lui fit alors la lecture d'une adresse au nom de la communauté. Monseigneur répondit avec son bon cœur ordinaire ; puis, nous nous séparâmes pour aller nous réjouir dans le Seigneur le reste de la journée. Jamais congé ne se passa plus joyeusement, car quand on a le cœur en paix avec Dieu on accepte tout de sa main avec soumission, même les congés...

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