‹ La famille et ses traditionsChapitre 143 sur 235 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Venge-toi de cette lettre, mon cher "Charles, en m'en écrivant une deux fois plus longue. En attendantque tu me fasses ce plaisir, je te prie de me croire ton ami sincère,

A. F. élève de l'Académie C. G. de Montréal."

44 Lettre sur l'examen de la fin de l'année. Cher Ami,

Nos examens sont enfin terminés ! quel plaisir d'en être débarrassé ! Les compositions, les dictées, les chiffres, le par-cœur : tous ces affreux fantômes, qui me poursuivaient partout, se sont enfuis depuis hier. Tu dois savoir par expérience combien on se sent léger en pareille circonstance.

Depuis le 10 de mai jusqu'au 20, je n'ai fait que passer d'une tâche à une autre. Le premier jour, c'était de l'orthographe, le second, de la dictée anglaise et de la tenue des livres ; les jours suivants, l'arithmétique, la traduction, la versification, les compositions anglaise et française sont venues fondre sur nous. Enfin, hier, nous avons couronné l'œuvre par une jolie petite composition de mesurage avec figures. Et pour nous faire apprécier davantage les beautés de l'examen, on nous interrogeait sur notre par-cœur pendant que nous étions à travailler à l'étude.

C'était tantôt le maître d'anglais qui nous demandait pour la lecture, la grammaire ou l'épellation ; tantôt l'examinateur français qui désirait nous interroger sur l'histoire, la constitution du Canada ou la littérature ; un autre nous faisait ap-

peler pour la tenue des Livres. Nous nous mettions au travail ; tout à coup, le maître d'étude appelait :

aNo. 25 pour M. B " L'individu quittait

l'étude, passait son examen, puis revenait. Il avait à peine franchi le seuil de la porte qu'on lui criait de tous côtés : Descends donc en bas ; va donc dans

la 3e année, M. B t'a fait demander ; c'est ton

tour pour M. G etc. C'était amusant, mais,

pendant ce temps-là, l'ouvrage n'avançait guère ; et souvent il fallait que M. le Directeur nous accordât du temps pour que nous pussions entrer toutes nos compositions dans nos cahiers.

Enfin toutes ces misères sont terminées ; mais je crains que cela ne soit que provisoire, car on nous a laissé entrevoir dans les brumes de la fin de l'année un troisième examen mignon. Mais je pardonnerais tout à l'examen s'il ne laissait après lui une certaine anxiété, qui fait que l'on aimerait à savoir si l'on a bien ou mal passé ; je n'ai pas de prédilection pour cette sorte de sensation. Mais enfin la chose est faite, et il n'y a pas à revenir là-dessus. Tout ce qu'il y a à faire maintenant, c'est de prendre les choses philosophiquement : c'est ce que je fais, espérant que tu m'écriras bientôt,

Ton ami,

Elève de 7e année a l'académie G. G. de Montréal.

u Mon jojjrnal. — Année scolaire 1879-80. Vers la fin du mois de Septembre, Mr. Demers, notre directeur, nous annonça le prochain retour d'Europe de Mr. Sorin, et, le 15 octobre, le pavillon

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