PREFACE XXV
qui me réjouirent autant qu'elles m'étonnèrent. N'est-il pas juste que ce soit encore sous cette forme qu'il se présente au public plus étendu et plus nombreux où la Providence, me dit-on, l'appelle à jouer un rôle, si modeste soit-il.
En terminant cette préface, je livre les lignes suivantes à la méditation de mes compatriotes. Je les emprunte au " Courrier du Canada " du 1er septembre, 1880.
" L'idée de M. de Ribbe est destinée à faire du chemin. Déjà elle a traversé les mers, et nous croyons qu'elle prendra racine au Canad a, où les traditions de famille sont tout à l'honneur de ses habitants. La tradition verbale peut être mise en. oubli ; il nous faut la perpétuer au moyen de livres de raison qui seront un héritage précieux à léguer à nos enfants. L'histoire de notre pays en bénéficierait largement.'''
N. B. — Les lettres en italiques indiquent la direction à suivre dans la rédaction du livre de raison.
Rapport du 3me bureau au Congrès Catholique de Québec, présenté le 26 Juin, 1880.
" Des meilleurs moyens de préserver le foyer domestique, de créer et dç propager les livres ou archives de famille, "
Le Comité d'organisation du premier Congrès catholique de Québec a cru devoir mettre dans son programme la préservation du Foyer domestique, montrant par là l'importance qu'il attache, et avec raison, à cette question fondamentale. Tout en remerciant Dieu de ce qu'au Canada l'esprit de famille soit en grand honneur, si nous comparons notre état avec celui de la plupart des pays d'Europe, nous devons cependant prendre en sérieuse considération les assauts livrés au foyer, à la vie domestique, par divers ennemis, et des plus puissants. Ne voyonsnous pas, en effet, l'intempérance, le défaut d'épargne et le luxe, avec la tendance à repousser le prêtre de la direction des familles, mettre en danger la base essentielle de la société, et par là enlever à la patrie des forces vives ! Ne sommes-nous pas depuis plusieurs années enface d'un fait regrettable et anormal : celui de l'émigration d'une partie de notre peuple vers les Etats-Unis, de l'abandon du foyer à l'ombre du clocher et de terres fertiles auxquelles il n'a manqué qu'une culture patiente et intelligente pour donner les plus beaux rende-