LE LAC DE BELOEIL
Qui n'aime à visiter ta montagne rustique, 0 lac qui, suspendu sur vingt sommets hardis, Dans ton lit d'algue verte au soleil resplendis Gomme un joyau tombé d'un écrin fantastique ?
Quel mystère se cache en tes flots engourdis ? Ta vague a-t-elle éteint quelque cratère antique ? Ou bien Dieu mit-il là ton urne poétique Pour servir de miroir aux saints du paradis ?
Caché, comme un ermite, en ces monts solitaires, Tu ressembles, ô lac î à ces âmes austères Qui vers tout idéal se tournent avec foi.
Gomme elles, aux regards des hommes tu te voiles ; Calme, le jour, — le soir, tu souris aux étoiles; Et puis il faut monter pour aller jusqu'à toi !
Louis-H. Fréchette.