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AUX ACADIENS

Bienvenue aux enfants de la vieille Acadie !

Déjà leur tige reverdie Etend avec orgueil ses rameaux florissants. Aux champs témoins muets de leur lutte olympique,

Ces fils d'une race héroïque Fidèles au passé, vont toujours grandissants.

Notre mère est la France et vous êtes nos frères !

Jadis, lorsque les vents contraires Déchiraient nos drapeaux troués par le canon, Vous avez, comme nous sur mille champs de gloire

Ecrit vaillamment votre histoire, Et pour la renommée inscrit plus d'un grand nom !

Vous aimez comme nous le feu de la bataille,

Le faux éclat de la mitraille ; La clameur des clairons et le bruit du tambour. Jaloux de labourer la terre américaine

Au vieux canon du fort Duque?ne Répondait aussitôt le canon de Louisbourg î

Avec nous vous avec succombé sous le nombre,

Mais à travers la date sombre Rayonnera toujours l'éclat de vos exploits. Vous fûtes, en ces jours de lutte et de souffrance,

Les dignes enfants de la France Et l'éternel honneur du noble sang gaulois.

De la proscription vous fûtes les victimes ;

Grands citoyens, soldats sublimes, Pour cesser de vous craindre, on vous a dispersés, Vaincus et désarmés, mais toujours indomptables,

Vous étiez encor redoutables ; L'anglais tremblait devant les héros terrassés !

Pour éteindre à jamais votre race héroïque Sur tous les points de l'Amérique

Les vaisseaux d'Albion vous jetèrent meurtris ;

Mais, spectacle inouï ! l'on vous a vus renaître, Et, sous les yeux du nouveau maître,

D'un peuple dispersé rassembler les débris.

Car le pur sang français, vous l'avez dans vos veines I

Ce n'est pas pour des œuvres vaines Qu'avec profusion jadis il a coulé !

Ce n'est pas pour qu'un jour, nobles fils de Bellone,

Comme les juifs à Babylone Se trainât malheureux tout un peuple exilé !

Aussi vous avez fui des îles meurtrières

Les rives inhospitalières, Tombeaux qu'on vous creusait dans ces pays lointains, Pour revenir aux champs que cultivaient vos pères,

Et, fils courageux et prospères, Pour suivre dans la paix vos superbes destins.

Entonnez avec nous dans la fête chérie

Les chants joyeux de la patrie ; Mêlons nos vieux drapeaux et donnons-nous la main. Plus tard s'il faut lutter, répétant notre histoire,

A ces jours rayonnant de gloire Donnons avec orgueil un brillant lendemain.

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