‹ La famille et ses traditionsChapitre 217 sur 235 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

Souvent autour de nous, amis, j'ai vu sourire. Nos généreux élans, que sont-ils ? du délire. C'est aux illusions que nous ouvrons les bras... Chères illusions, compagnes fortunées Que le Seigneur envoie à nos jeunes années, Au ciel, d'où vous venez, accompagnez nos pas !

Amis, ces prétendus mensonges

Sont d'ineffables vérités ;

Et ce qu'on appelle nos songes

Sont les saintes réalités.

Amis, le beau seul est aimable !

Amis, l'amour est véritable,

Et le bonheur n'est pas un mot.

Mais ne faisons pas de méprise :

Si tout désire se réalise,

C'est quand on s'adresse au Très-Haut ï

Nous aimons, quand le soir vient finir la journée,

A nous en rappeler la fraîche matinée :

Ce rayonnant azur alors était serein ;

Ce beau soir eut pour sœur une charmante aurore,

Et ce dernier rayon dont le ciel pur se dore

Est frère du rayon qui dora le matin.

Amis, au bout de la carrière, A l'heure où vient le souvenir, Nous regardons en arrière :

Il faut le faire sans rougir !

0 jeunesse ! reste pure ; Reviens aimable et sans souillure Réjouir plus tard mes vieux ans ; Et qu'emportant comme espérance Ton doux souvenir, je m'élance Te rejoindre au delà des temps !

Octave Ducros. (1) (1) " Souvenirs et prières."

La VOIX PATERNELLE.

Ecoule-la, mon fils, celte voix paternelle, C'est celle du pilote aux écueils d'ici-bas ; Elle est comme l'écho de la voix éternelle, Qui la suit ne s'égare pas.

Vois dans tous les humains des amis et des frères ; Pour le bonheur d'autrui réserve des désirs, Trouve de la pitié pour toutes les misères, Des soupirs pour tous les soupirs.

Que jamais sur l'éclat ton respect ne se fonde ; Regarde la vertu, tout le reste est bien peu, Et tel paraît petit aux regards de ce monde Qui souvent est grand devant Dieu.

De tous les cœurs souffrants fais-toi la providence ; Plains-les bien plus encor s'ils ont causé leurs maux ! Tiens une oreille ouverte à toute confidence, Prête un bras à tous les fardeaux.

Chante à tout ce qui naît, pleure à tout ce qui tombe ! Ne nie aucun mérite et jette le premier Des vœux sur tout berceau, des fleurs sur toute tombe, Et sur chaque gloire un laurier.

Ne reste jamais sourd au cri de la patrie ; Sers-la dans le danger et plains-la dans l'erreur ; Défends-la, s'il le faut, au péril de ta vie, Jamais au prix de ton honneur.

Mais si tu l'as servie, il n'en faut rien prétendre ; On doit pour cette mère, à tout danger prochain, Toujours lever son bras, mais jamais ne le tendre Quand arrive le lendemain.

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