‹ La famille et ses traditionsChapitre 219 sur 235 · EPITHALAME OU CHANT NUPTIAL · texte numérisé non relu

EPITHALAME OU CHANT NUPTIAL

Voici un épithalame que je propose pour modèle. On y trouve les sentiments les plus nobles, les plus doux que l'âme puisse éprouver, rendus avec beaucoup de charme.

C'est un père qui parle à sa fille, la jeune épousée :

Enfant, tu veux partir !

Ne te souvient-il plus, hélas ! de la tendresse Qui couvrait ton berceau, protégeait ta jeunesse, T'appelait au travail sous l'attrait d'un plaisir ? Tes jours étaient heureux ! Toi qu'ici l'on adore, Oh ! dis-moi donc pourquoi, s'il t'en souvient encore,

Enfant, tu veux partir ?

Enfant, tu dois partir.

Entends ! du haut des cieux Dieu l'ordonne, et ton âge Est la première étape à ce pèlerinage Que l'on fait ici-bas. Unis, pour l'accomplir, Ton nom si pur de fille au nom si saint de femme ; L'hymen est le bonheur, le complément de l'âme :

Enfant, tu dois partir.

Enfant, tu reviendras, L'épreuve de la vie est souvent bien amère ! Tu pourras demander des conseils à ton père, De la force à nos cœurs, du secours à nos bras. Quel est donc le beau ciel qui n'ait pas un nuage ? Ah ! si ton horizon t'annonce quelque orage,

Enfant, tu reviendras.

Enfant, tu reviendras Lorsque de tes plaisirs la coupe sera pleine ; Car, au sein de la joie, ainsi que dans la peine, Le foyer paternel a toujours des appas. Tu promets, à nos vœux, dans ce moment suprême, Tu promets, n'est-ce point, qu'avec celui qui t'aime,.

Enfant, tu reviendras ?

Enfant, tu peux partir ; On ne t'enlève point, c'est mon cœur qui te donne. L'amour et le respect ont posé leur couronne Sur ton front virginal... doux gage d'avenir ! Tu dois t'associer à nos chants d'allégresse; De tes parents reçois encore une caresse...

Enfant, tu peux partir ! ! î

Bras-Laffitte.

Ma PETITE FAMILLE.

Air : Ces rives fleuries.

À MA BELLE-SOEUR Mme A. LÉONARD.

Trop heureuse mère, J'ai de bons enfants, Qui savent me plaire Sans or ni présents.

De leur tendre père Ils font l'agrément, Et de leur grand 'mère Ils sont le tourment.

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