DEUXIÈME PARTIE
Infortunés compatriotes des Etats-Unis, qui mangez, sur une terre étrangère, le pain amer de l'exil, ne soyez pas plus longtemps sourds à la voix de la patrie qui vous appelle à grands cris dans son sein : vous trouverez une mère qui oubliera votre longue absence, et des frères qui fêteront votre retour !
Monsieur le curé Labèlle, les révérends Pères Jésuites et la vallée de l'Ottawa vous attendent, et sur les bords charmants du Lac Sfc Jean, le Rev P. Laçasse vous tend les bras !
Levez-vous donc, brisez vos chaînes, et armezvous de la hache du colon, cette arme que savaient si bien manier nos ancêtres, et bientôt votre labeur et votre persévérance vous auront fait retouver la terre de famille que vous avez perdue ! "
" Aimez, ô canadiens, le sol qui vous vit naître,
Et qu'il ne soit jamais qu'à vous !
Sur les bords étrangers chacun est votre maître :
Demeurez libres parmi nous !
Aimez votre village et vos temples champêtres
Où Dieu vous parla tant de fois ; Aimez le cimetière où dorment les ancêtres Sous l'humble égide de la foi ! " (1)
(Pamphile LeMay.) (2)
(1) Voyez le livre de Ruth, et les belles pages écrites par Fénélon dans les livres douzième et vingt-deuxième du " Télémaque " ; par Chateaubriand dans léchant 2e des "Martyrs"; par Mgr Dupanloup dans le 3e volume de "La Haute Education " ; par M. Patrice Lacombe dans son charmant opuscule ; « La terre palernelte " et par le Rev. P. Laçasse, 0. M. I , dans son livre si plein de bon sens pratique, ayant pour titre : u Une mine produisant VOret V Argent " et par M. Arthur Buies, dans son beau livre récemment
(2) Une " Gerbe. "
Mandement de Monseigneur E. A. Taschereau, archevêque de Québec, sur la colonisation, 1er septembre 1880.
Au Clergé, Séculier et Régulier et à tous les Fidèles de V Archidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.
Depuis longtemps, Nos très Chers Frères, Ton voit avec chagrin un certain nombre de familles canadiennes-françaises quitter cette province pour aller s'établir dans les Etats-Unis, où trop souvent elles perdent leur foi et ne trouvent que déception et misère.
Deux causes principales sont assignées à cet exil volontaire et funeste auquel se condamnent nos compatriotes. Les Pères de notre cinquième Concile (No. 26, 22 mai 1873) les signalent dans leur pastorale commune : " Une chose est certaine à " nos yeux, disent-ils, c'est que l'émigration n'au- " rait plus de prétextes et s'arrêterait, si les parents " employaient à préparer pour leurs enfants des " établissements dans les terres nouvelles, l'argent u qui se consume en pure perte ponr le luxe et cc l'intempérance."
Oui, N. T. C. F., dirons-nous avec ces mêmes Pères, " C'est depuis qu'un luxe effréné a envahi " nos campagnes que cette émigration a pris des
publié : J? Le Saguenay et la Vallée du Lac Si Jean." Ces trois derniers ouvrages sont à vendre chez MM. Beauchemin et Valois ; chaque foyer canadien devrait en posséder un exemplaire.