La bénédiction paternelle et la vie future
u La fin couronne l'œuvre : a telle était la conclusion qu'André Lefèvre d'Ormesson donnait à ses mémoires domestiques, lorsque, le 7 avril 1654, âgé de 78 ans, il les relisait dans la maison que son père avait bâtie et à l'ombre des arbres qu'il avait plantés : " C'est la fin qui couronne l'œuvre ; et la récompense, c'est d'achever ses jours en Dieu, le supplier de mourir l'esprit sain, recevoir tous les sacrements de l'église avec contrition de nos fautes, le remercier des grâces infinies que nous avons reçues de sa main, le prier de donner bénédiction à nos enfants."
Sur les bords du Saint-Laurent, Pierre Bouclier de Boucherville ne tient pas un autre langage : on l'a entendu ; dans ses 95 ans, il croirait laisser incomplète sa longue carrière, s'il ne remplissait le grand acte qui doit en être le couronnement.
Arrêtons-nous à ce couronnement. Il porte en lui le but de la vie, la philosophie de la mort, et le palladium de la conservation des foyers.
Là où se maintiennent encore les éternels principes, les douloureuses épreuves du foyer sont adoucies par de grandes consolations. Le plus terrible des mystères s'y éclaire d'un rayon d'en haut, les plus humiliantes infirmités corporelles n'enlèvent rien à la beauté et à la sérénité des âmes. La foi, l'espérance et la charité veillent au chevet des mourants ; la piété filiale met une couronne au front des pères, si affligés et affaissés qu'ils soient par la maladie ou par l'âge ; et les familles s'unis-