‹ La famille et ses traditionsChapitre 77 sur 235 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

écrits à la lumière de l'expérience, semblent s'illuminer des clartés éternelles. Jamais un fils n'oubliera les derniers avis que ses parents ont eu le dévouement de mettre par écrit pour son plus grand bonheur.

" Adèle, Charles, Joséphine, et toi, mon jeune Auguste, vous tous, mes chers enfants, en qui j'ai déposé ma vie et l'espérance que notre nom sera honoré par vos vertus et passera sans tache à nos descendants, écoutez avec confiance et recueillez dans votre âme les conseils de votre père. Faites-en la règle de votre conduite, et transmettez-les à votre postérité, après y avoir ajouté ce que vos réflexions et votre sagesse particulière vous auront fait connaître de plus utile et de meilleur. "

Ainsi s'exprime un père modèle, et un fils écrira sous la même inspiration :

u Moi Joseph... voulant laisser à mes enfants et désirant leur inculquer les mêmes principes que ceux dont mon père a toujours eu le soin de m'entretenir dès l'âge le plus tendre, je les exhorte à méditer sans cesse les instructions qu'il a écrites ci-devant de sa propre main, et à mettre à profit les leçons qu'il m'y donne. " t

Quel sympathique et religieux écho la parole du père réveillait alors dans le cœur des enfants ! C'était vraiment l'âge d'or de la foi, de l'antique bonne foi, de la simplicité, de l'obéissance, du dévouement, du patriotisme le plus pur et le plus élevé !

Cet âge heureux n'a pas tout à fait disparu de la la terre : il existe, du moins en partie, dans notre cher Canada, qui n'a pas encore assez vécu pour croire que

la dignité de l'homme consiste à nier Dieu, et pour affirmer que sa souveraineté consiste à s'affranchir de sa loi. Espérons que sous ce rapport, notre jeune pays sera toujours dans l'enfance, et que jamais il ne possédera cette science impie, — négation de la vraie science, — dans laquelle se drape avec orgueil plus d'un peuple parvenu à l'âge mûr, et qui consiste à se croire plus sage que Dieu.

Pour nous affermir de plus en plus dans la vraie science et dans la vraie sagesse, aimons à relire, et surtout à pratiquer, les conseils que la prévoyante tendresse de nos pères s'est plu à nous donner. " Interrogata patrem tuumy et annuntiabit tibi; majores tuos, et dicent tibi. — Interrogez votre père, et il vous instruira ; vos ancêtres, et ils vous parleront. " A l'exemple des héros antiques, nous descendrons dans " les sombres royaumes de la mort " et nous écouterons religieusement les conseils qu'ils nous donnent.

IV. Abrégé des conseils que les parents laissaient autrefois par écrit clans leurs Livres de raison.

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