‹ La famille et ses traditionsChapitre 93 sur 235 · X. PRENDRE UN ÉTAT · texte numérisé non relu

X. PRENDRE UN ÉTAT

Travaillez avec le ferme vouloir de remplir dans votre pays les fonctions pour lesquelles vous aurez le plus d'aptitude.

Ne ressemblez pas à ceux qui, comptant sur la fortune paternelle, tirent motif de là pour ne rien faire. Ce sont des imprévoyants : ils ignorent tout ce qu'il en coûte pour subvenir à l'éducation d'une famille et au train d'une maison ; et j'ajoute que souvent ils finissent mal. Celui qui ne sait s'occuper et travailler à accroître son bien en honnête homme, s'expose à perdre dans la dissipation et le jeu le patrimoine dont il a hérité de ses parents.

Rien ne rend l'homme plus indépendant et l'existence plus douce que d'être l'artisan de sa fortune.

Si vous n'avez une profession ou des occupations suivies, vous ne serez jamais que des hommes nuls, ennuyés et ennuyeux.

Le choix de l'état que vous prendrez est chose si importante que je vous conjure, mes enfants bienaimés, de ne pas le faire en suivant votre première impulsion. Quand viendra ce moment,vous aurez un

premier devoir à remplir, celui de beaucoup prier, pour connaître la volonté de Dieu sur vous, disant avec le prophète : " Ostende rnihi. Domine, viam in quâambuhm; Seigneur, montrez-moi le chemin dans lequel je dois marcher pour aller à vous ! " Le second devoir sera de consulter un directeur éclairé.

Lorsque vous aurez un état, pensez à ce que vous lui devez et à ce que la société réclame de vous.

Instruisez-vous sur tout ce qui vous le fera bien remplir, mettez-vous y en bonne réputation, distinguez-vous par votre honnêteté, votre vigilance et votre exactitude. Prenez pour modèle ceux dont on fera le plus de cas dans le corps auquel vous appartiendrez, et vous mériterez d'avoir des protecteurs qui ne vous oublieront pas.

Enfin, si la Providence vous conduit à gouverner vos semblables, dans une situation élevée, restez simples au pouvoir, jamais obséquieux pour ceux qui sont au-dessus de vous, toujours bienveillants pour les autres ; et s'il vous est permis de rendre quelques services à votre pays, remerciez-la humblement de vous avoir pris pour instrument, mais n'en tirez aucun orgueil.

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