‹ La famille et ses traditionsChapitre 97 sur 235 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

, parcequ'elle conserve toutes les autres : c'est la plus utile des qualités, et cependant comme elle est souvent oubliée !

Plus la prudence se manifeste, plus elle donne d'autorité à celui qui la possède. Elle ne se trouve que dans les personnes de bon sens qui ont l'esprit juste et solide.

User en toute occasion de ménagement et de réserve pour soi et pour les autres, savoir . parler à propos et se taire, projeter des choses justes et raisonnables, et prendre les moyens convenables et légitimes pour y réussir : voilà en quoi elle consiste.

Cette prudence vous empêchera de vous brouiller avec personne. Pour cela, habituez-vous à avoir avec tout le monde des procédés honnêtes : le dernier des hommes, qu'on a pour ennemi, peut créer bien des désagréments.

Méfiez-vous de votre vivacité, n'ayez pas des airs de hauteur, ni un amour-propre mal entendu. Evitez la raillerie : elle est un effet de l'envie, c'està-dire d'un des sentiments les plus bas et les moins avouables.

Montrez-vous nobles de cœur, c'est-à-dire généreux, dévoués, désintéressés. Observez fidèlement le principe simple et sublime : u Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qui vous fût fait; faites à autrui ce que vous voudriez qui vous fût fait" Vous réussirez à le pratiquer, si l'amour de Dieu et celui du prochain sont la règle de vos actes.

Les hommes ne seront bienveillants pour vous qu'autant que vous le serez pour eux. Le grand art dans la vie est de s'oublier, de parler aux autres de

ce qui les intéresse, et de les faire valoir sans les flatter. Là est la vraie politesse : elle fera que vos supérieurs seront touchés de recevoir de vous le respect auquel ils ont droit ; vos égaux, de trouver l'estime qu'ils ambitionnent ; et vos inférieurs, la bonté qu'ils rencontrent souvent si peu.

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