‹ La famille française et son évolution (volume 2)Chapitre 4 sur 25 · LT · texte numérisé non relu

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femme de chambre exécutent des ordres sans que la maîtresse de la maison s’avise de les surveiller sans cesse : les domestiques, qui ont changé, elles aussi, ne le supporteraient pas, et elle-même n’en a nulle envie. Maîtresse et souveraine dans la maison, elle a tôt fait d’épuiser cette souveraineté, et il lui reste des loisirs. Elle vit davantage hors de chez elle. Elle aurait trop de loisirs si les enfants ne l’occupaient. Mais ils l’occupent beaucoup plus qu’il n’arrivait autrefois. Du temps de sa mère ou de ses aïeules, ils s’éloignaient dès la neuvième ou dixième année vers la pension et le couvent. Maintenant, ils restent à la maison, suivant seulement un cours, un externat. Elle les a donc continuellement près d'elle ; les exercices de la première communion l’absorbent tout un temps, puis les exercices scolaires auxquels 1l faut bien qu’elle s’associe, quand elle ne peut pas prendre une institutrice ou une répétitrice. Elle vit davantage avec eux : elle vit davantage pour eux.

Et le mari? dira-t-on. Il semble précisément que ce soit là le changement essentiel de la famille. Personnage exclusif, jadis, le mari est relégué au second plan, dès lors que les enfants sont venus. C’est en lui que se scellait l’union de la famille ancienne, dans son autorité, dans sa prédominance effective. C’est en eux que se scelle l’union de la famille moderne. C’est eux qui unissent fortement les parents, et alors même que des germes de

division se seraient développés entre les époux, la présence des enfants suffit à maintenir le groupe. Il est à noter que la famille moyenne échappe à ce mal, trop certain dans d’autres classes : la diminution volontaire des naissances. On y voit couramment deux enfants, le plus souvent trois, parfois davantage. En ce sens, ce monde bourgeois

continue ses traditions : il conserve également celle de l’économie, qui paraît, ailleurs, si compromise.

Telle apparaît,ensomme,cettefamille bourgeoise,

à la fin du x1x°, au commencement du xxe siècle. Elle présente, au regard de celle des quatre-vingts années précédentes, une modification profonde : Oelle est une association fondée, entre égaux, sur le consentement et qui n’a pour véritable garantie de sa durée que la libre volonté des contractants ;

à elle trouve sa raison d’être, son appui, sa force, dans les enfants À fin, si elle demeure une cellule vivante et agissante de l’organisme social, elle vit et agit pour elle-même, sans presque s'inquiéter de lui, comme si elle se sentait à peine rattachée à lui. Sous ces réserves, elle garde des © ê eTManents, dont les plus marqués sont le dévouement du chef à tous les AU vertu deda femme, lamour des parents pour les enfants; l’effort de

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