‹ La famille Frémont (volume 2)Chapitre 14 sur 32 · XIII. Joséphine- Louise Scott · texte numérisé non relu

XIII. Joséphine- Louise Scott

Née à Québec le 22 janvier 1846.

Décédée au môme endroit le lor juin 1897. Inhumée au cimetière Bolmont.

CHAELES- JACQUES FKÉMONT

Charles- Jacques Fréinont, le quatrième entant du lieutenant-colonel Frémont et de Charlotte Félicitv^ Voyer, naquit à Qu. bec le 17 octobre 1806.

11 fut admis à la pratique de la médecine le 16 novembre 1829.

Le docteur Frémont fut professeur et l'un des fon. dateurs de l'Ecole de Médecine de Québec et de Tuniversité Laval.

Jje docteur FrJmont mourut le 20 décembre 1862 à bord du steamer Bohemian pendant la travci*sée de Jjiverpool à Portland. D'après les règlements observés à bord des vaisseaux, et pour ne point blesser les croyances superstitieuses des matelots,son corps devait être jeté à la mer, mais madame Frémont lutta avec tant de noblesse et de fermeté qu'elle obtint du capitaine et de l'équipage de ramener à terre les précieux restes de celui qoii avait uni sa vie à la sienne. L'inhumation se fit dans le cimetière Samt Charles,à Québec, le 31 décembre 1862.

Le 8 janvier 1863, le docteur Sowell prononçait à rUnivereité Laval un éloge bien senti et bien mérité du docteur Frémont. Qu'on nous permette de citer ici une partie de ce beau discoure :

" Depuis IJouverture de cette Uni versité,la mort a été très active parmi nous. Outre M. Casault, nous avons à déplorer la disparition des Eévérends MM. Holmes, Parent et Gingras.trois messieurs qui, quoique enlevés trop tôt pour voir l'Université dans sa florissante condition actuelle, se sont intéressés grandement à son développement et ont pris une part active et zélée à son établissement. En 1857, la faculté ae médecine

eut à regretter la mort du docteur Blanchet, son pfeniier doyen et professeur de physiologie. Cette liste, pour ce court intervalle est as.<ez longue, mais elle n'est pas encore complète. Le messager de lu mort a de nouveau plané sur nos têtes, et il n'y a que quelques jours nous avons été appelés à déposer dans' la solitude de la tombe silencieuse tout ce qui restait de notre ami et collègue, le docteur Frémont. Le sujet de cette courte et imparfaite notice biographique résolut dans son jeune âge d'embrasser la rude profession de médecin et compléta ses études à Montréal, comme élève de fou le docteur Stevenson. Il fit ses études dans des circonstances quelquefois des plus difiicileset exigeant souvent la plus grande abnégation. Après son admission à la pratique, il s'établit à la Pointe-Lévis, où il continua à pratiquer pendant quelques années et où il établit les fondations de cette carrière qui plus tard le plaça à la tête de sa profession. Trouvant le champ de la Pointe-Lévis trop restreint, il se transporta à Québec où sa l'éputation comme bon et habile praticien l'avait précédé, et, comme il était facile à prévoir, il entra dans une sphère plus étendue, eut une clientèle plus lucrative qu'il continua à servir jusqu*à sa mort. Bon et conciliant dans ses manières, il réussit à s'attirer non-seulement la confiance mais l'attection de ses ]iationts, dont un grand nombre pleurent aujourd'hui avec nous sa mort trop tôt arrivée. Si j'étais appelé à spécifier un l^uint qui plus que tout autre caractérisait notre ami, je dirais que c'est son vif sentiment d'honneur. S'élevant au-dessus des misérables jalousies (jui ravalent si souvent la profession médicale, jamais on no le vit faire, jamais on ne le suspecta d'avoir fait une action

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mesquine, et conséquemment il commanda toiijoura le respect et Testime de ses confrères.

'• Il y a quelques vingt ans. le docteur Frémont, associé à quelques confrères, aida à la formation de l'Ecole de Médecine do Qaéboc, dans laquelle il occupa la chaire de chirurgie qu'il continua à occuper jusqu'à Taffiliation de l'Ecole à l'Université. Ici, le même poste lui fut assigné; à la mort du docteur . Blanchet il fut nommé doyen de la faculté, et il remplit ce poste honorable à la satisfaction de tous les intéressés. A sa mort, il était co-propriétaire de l'Asile des Aliénés à Beau port, et comme tel il montra beaucoup de talent et d'activité. Il était aussi médecin de la prison de cette ville,et médecin visiteur de l'Hôpital de THôtel-Dieu, où sa bonté et son attention furent pleinement appréciées, et où elles seront longtemps en mémoire. En 1860, il visita Eome, comme porteur d'une adresse des catholiques do cette ville, et en cette occasion il plut à Sa Sainteté le Pape de le décorer de la croix de l'ordre de Saint-Grégoire. Mais il est mort. Au moment même où il arrivait au comble de ses espérances, et de son ambition, au mcnnent même où il espérait retirer les fruits de ses rudes labeui's, il plut à Dieu de l'enlever non -seulement à sa sphère d'utilité, mais du sein d'une famille attachée et aimante. Au commencement de mai dernier, U se trans])orta à la campagne, dans l'intention d'abandonnor graduellement les plus ardus devoirs de sa profession. 11 n'y fut pas longtemps cependant, avant que les symptômes de cette maladie qui finit par devenir fatale, ne se manifesteront. Ces symptômes attirèrent d'abord peu d'attention, mais la rapidité avec laquelle il perdait ses forces et son embonpoint alarma bientôt ses amis.

Après avoir essayé différents remèdes et avoir fait •clans le Ilaut-Canada, pour changer d'air, un' voyage <ju'il crut très favorable à sa santé, il reçut de ses amis le conseil d'essayer de faire un voyage par mer en Europe. Il suivit ce i-onseil et partit pour Liver^ pool en octobre dernier. A Londres, il consulta deux médecins distingués, mais contrairement à la recommandation que lui avaient faite ses amis ici, il résolut d'aller en Kgypte, dans le vain espoir qu'un climat C'baud lui ferait du bien. A Malte, sentant faiblir ses forces, il résolut de revenir au pays pour mourir entouré de ses amis et des soins do sa famille.

** Yous savez la triste suite ! Son i)ay8, il ne le revit plus. Il mourut en mer le 20 décembre et nous sommes ici aujourd'hui pour pleurer sa perte» L'Université a perdu un professeur savant, la profession un ami honorable, droit et honnête ; ses enfants, un père bon et indulgent, et son épouse, un époux dévoué et affectionné. Encore un mot, et j'ai fini. Y a-t-il un cœur ici qui ne saigne pour sa veuve et ses enfants abandonnés seuls ? Y a-t-il dans cette nombreuse as* semblée, un cœur qui ne sympathise pas de toutes ses forces avec cette pauvre femme, dans les cruelles anxiétés qui doivent avoir assailli son cœur durant ce pénible voyage de Malte à Portland ? Y en a-t-il qui n'ait pas éprouvé un serrement instinctif en se repor* tant à ce moment solennel où au milieu de l'océan, l'âme de notre cher ami retournait à Dieu, son créateur ? Y en a-t-il un qui puisse se faire une idée de la morne désolation qui régna à ce moment dans le cœur de la veuve restée seule ? Assurément je puis dire qu'il n'y en a pas un. Et ne puis-je pas affirmer avec une égale assurance qu il n'y en a pas un qui ne veuille

se joindre avec ferveur dans la pnère pour mippîier Celui qui seul peut calmer la douleur, de la visiter, réconforter et consoler dans sa profonde affliction."

Le docteur Frémoiit avait épousé, à Québec, le 8 janvier 1845, Marie-Ci cile, fille de 1 honorable juge Philippe Panet et de Luce Casgrain.

Madame Frémont est morte à Québec le 8 septembre 1895, à Tâge de 72 ans et il mois, et a été inhumée au cimetière Saint-Charles.

Huit enfants étaient nés deleurmanage : I Charles- Panet ; 11 Marie- Adine ; III Jules-Herman- Joseph ; IV Marie-Luce-Hermine ; V liouis- Philippe ; VI Jules-Joseph-Taschereau ; VII James- Joseph ; VIII Henri- Alfred.

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