‹ La famille Frémont (volume 2)Chapitre 17 sur 32 · DR QUÉBEC · texte numérisé non relu

DR QUÉBEC

Messieurs,

Encouragé par un nombre respectable de mes amis et concitoyens, j'ose vous faire une offre de mes services pour vous représenter dans le prochain Parlement Provincial. Né et élevé au milieu d© vous, mes principes vous sont connus ; et, engagé dans le commerce, je me flatte que vous serez persuadés qu'en soutenant mes intérêts, je ne puis manquer de veiller aux vôtres, comme étant inséparables.

Permettez-moi donc de solliciter vos suffrai^ccs et votre influence, et de vous assurer, que si je suis assez heureux pour mériter votre confiance, tous mes efforts

Voir page 8.

seront dirigés i, voua proiiver qu'au moins j'aurai fait mon jKiesible.

J'ai l'honneur d'être, messieurs,

très respectueusement, Votre très humble serviteur,

Louis Fk£uont

Québec, 17 juin 1800.

Pour une raison ou pour une autre, M. Frémont no retira de la lutte à l'ouverture du poil, et M. Robert Lester fut élu.

C'est quelques années plus tard que Louis-Bené Frémont dûoida d'aller s'établir à Saint-Domingue, où il avait une tante. Il passa en Franco pour y régler quelques affaires, puis il s'ombarqua pour sa destinalion 4o in tai no. La France était alora en guerre avec l'Angleterre. Le vaisseau qui lo portait lut attaqué et pris par une frégate anglaise. Prisonnier de guoiTO pendant doux ou trois ans, M. Frémont put enfin s'échapper el gagner les Phats-Unis. Ses rossourcos étai t entièrement épuisées, il renonça à son voyage à Sain;- Domingue et s'établit comme profei43our de français X Norfolk, dans la Virginie.

li y mourut on 1818.

Il avait épousé, ù. New- York, lo 14 mai 1807, Anne- Boverley Whiting, fille du colonel Thomas Whiting et do Elisabeth Sewall. Elle avait été mariée en premières noces, à, l'âge de dix-sept ans, au major Pryor qui était âgé de soixante-six ans.

Madame Frémont mourut à Charleston, Carolino du Sud, on septembre 184".

Quatre enfants étaient nés du mariage de Louis- René Frémont et de Anne-Bevorloy Whitiug : I John- CbarlcB ; II Ann ; III Elisabeth ; IV Thoinas-^rchi. bald.

John-Charles Frémont

Le continuateur do la branche américaine.

Ann Frémont

Née à Nashville on 1814.

Décédt'e en bas âge.

Elisabeth Frémont

Née à Norfolk en 1815.

Décédée en 1832.

Thomas- Archihald Frémont

Né à Norfolk en 18l7.

Il mourut à Charleston à l'âge de vingt ans des

blessuiHis reçues dans une émeute à Buôalo.

JOHN-CHAELES FBÉMONT

John-Charles Frëmont, Taîné des enfanta do Louis- Eené Frémont et de Anne-Bevorley Whiting, vit le jour à Savannah, Géorgie, le 21 janvier 1813.

Le jeune Frémont prit ses degrés au collège de Charleston, et se fit professeur do mathématiques, poursoutenir sa famille qui était dans un état voisin do la gêne.

En 1833, il fut désigné pour donner des leçons à bord du navire de guerre le Natehez^ et y fit en ceite qualité une croisière de deux ans et demi.

A son retour, il adopta la profession d ingénieur civil, et, après divers travaux qui firent i*emarquer son talent et son activité, il accompagna Ni«olet, savant français au service des Etats-Unis, dans une exploration des prairies du nord-ouest. C'est pendant son absence (1838-39) qu'il lut nommé lieutenant en second dans le corps des ingénieura topographiquos.

Au mois de mai 1842, il partit pour la première de ses trois grandes expéditions. Elle dura cinq mois, et eut pour résultat la reconnaissance do la fameuse passe du Sud, à travers les montagnes Eocheuses. Non seulement M. Frémont détermina avec précision la situation géographique de ce passage qui, depuis la découverte des mines d'or, s'est ouvert pour tant de milliers d'émigrants, mais encore il fit, au point de vue scientifique, un tableau exact et complet de la région qu'il avait traversée. Le rapport qu'il présenta à son retour sur son expcdition contient aussi le récit très attra. yant de ses aventures personnelles, et cette publication qui fut d'abord officielle, plusieurs fois réimprimée en Amérique et en Angleterre, eut une immense circula-

tion. Elle fut également traduite en plusieurs langues. (1)

M. Frémont repartit presque aussitôt pour une seconde expédition, dans le dessein de relier les découvertes qu'il venait de l'aire à celles que l'on attendait de l'exploration maritinae de la c3te du Pacifique, dirigée par le commandant Wilkes, et de tracer ainsi une ligne non interrompue à travers le» pays alors presque inconnus qui se trouvaient de chaque côté des montagnes Rocheuses. La petite troupe, composée de 39 personnes, partit de Kansas City le 29 mai 1843- Les travaux d'exploration durèrent jusqu'au moiti d'août de l'année suivante, et donnèrent les premiers renseignements détaillée sur le grand lac Salé^ le gmnd bassin intérieur de l'Utah, la chaîne de la Sierra- Nevada, et mirent au jour, pour ainsi dire, la région qui constitua depuis l'Utah, le Nevada et la Californie. Une partie de ces découvertes se fit au retour de M. Frémont qui, après avoir effectué sa jonction avec l'expédition navale, se résolut à revenir par une route inconnue, sans guides, avec quelques hommes seulement, et malgré l'hiver qui menaçait. Il courut des périls extrêmes et perdit plusieurs de ses compagnons. Il travorea 3,500 milles de pays, au milieu dos neiges, étudiant la r^^gion de la haute Californie, la Sierra- Nevada, les vallées de San-Joaquin et du Sacraraento, et la contrée des mines d'or.

(x) Presque tous IfeS compag^ûons de M. Frémcnt dans cette expéJition étaient des Canadiens de Saint-i.Ottis, pour la plupart des anciens '* voyageurs" ou trappeurs : Basile L.ajeunesse, Clément Lambert, ).*B, f-,cspérance, J.-B. I.efebvre, Benjamin Poitras, Louis Gouin, J.-B. Dumais, François Tessier, Benjamin Cadot, Joseph Clé ncnt, Daniel Simon, Léonard Benoit, Michel Morley, J -B. Bernier, Honoré Ayotte, Français I^aiulipe, François Badeau, Louis Ménard) Joseph KucUe, Moise Chardonnet, Auguste Janisse, Raphaël Proulz.

JOHXCHARI.ES IBEMOST

Plusieurs Canadiens l'accompagnaient dans cette nouvelle expédition, entre autres Alexis Ayotte, François Badeaux, Olivier Beaulieu, Jean-Baptiste Bernier, Philibert Courteau, Michel CrJlis, J. B. Desrosiers, Basile Lajeunesse, François Lajeunesse, Louis Ménard, Louis Mon treuil, Alexis Péras, François Péras, Raphaël Proulx, Oscar Sarpi, Jean-Baptiste Tabeau, Charle Taplin, J.-B. Tesson, Joseph Verroau, Alexandre Gode.

Au printemps de 1845, Tintrépide voyageur, élevé au grade de capitaine, se mit en route une troisième fois pour se rendre jusqu'à l'océan Pacifique. Arrivé en CaUfornie, il trouva le Mexique en pleine guerre avec les Btats-Unis. Les colons américains, menacés par les troupes mexicaines, l'invitôrent à se mettre ù, leur tête, et furent vainqueurs sous ses ordres. M. Frémont se mit alora en communication avec le commandant de l'escadre qui croisait sur les côtes, et, après la soumission de la Californie, il en fut nommé, le 24 août, commandant militaire par le commodore Stockton. Mais les Californiens s'insurgèrent, et les Américains ne purent se maintenir que par l'intervention du général Kearney. A cette époque, M. Frémont reçut le brevet de lieutenant-colonel. A la suite d'un dissentiment entre les deux commandants en chef, Stockton et Kearney, il se vit traduit devant une cour martiale, pour insubordination, et destitué. Le président» M. Polk, signa la sentence, i*endue conformément à la légalité ; mais il offrit en même temps un nouveau brevet de même grade à M. Frémont qui refusa cette réparation et rentra dans la vie privée.

11 résolut alors d'entreprendre de lui-même une ex-

pédition dans lo but de découvrir, à travers les montagnes Eocheuses, un passage plus méridional encore (jue la passe du Sud, des sources de PArkansas à la Californie. Il partit de Pueblo, sur le haut Arkansris, avec 33 hommes et 133 mules. Mais, égaré par fos guides, il vit périr toutes ses mules et un tiers de ■ :)n escorte dans les neiges de la Sierra-San-Juan, et luimême arriva à pied à Santa- Fé, après des fatigues et des dangers extrêmes.

Ces désastres ne l'empêGhèrent pas d'organiser une cinquième expédition, et, en cent jours, au milieu de nouvelles difficultés, il arriva sur les bords du Sacramento. Là il acquit la propriété de Mariposa, devenue depuis fameuse par son exploitation aurifère.

Lors de l'annexion de la Californie aux Etats-Unis, M. Frémont fut choisi par les électeurs du nouvel état comme leur premier sénateur. (1850). Son mandat ne dura que deux ans ; il fut remplacé par John Weller, partisan de l'esclavage, dont il s'était déclaré Tad versai re.

En 1856, le colonel Frémont fut candidat à la présidence des Etats-Unis. Arrêter les progrès de l'esclavage dans les territoires libre8,ad mettre dans l'Union le Kansas avec sa constitution libre récemment promulguée, changer la politique et l'administration du président Pierce et créer le chemin de fer du Pacifique : tel était son programme. Il fut battu par Buchanan, après une lutte des plus vives.

A l'avènement du président Lincoln, le colonel Frémont avait accepté un portefeuille dans le futur cabinet ; mais la révolte du Sud l'appela à des fonctions plus actives. Il fut nommé général de l'armée du Mississipi ou de l'Ouest. Il fut battu à plusieurs

reprises, et malgr«$ les démonstrations de ses nombreux partisans, il reçut de Washington, le 2 novembre. Tordre de remettre tout de suite son commandement au général Pope. Quelques mois plus tard, on lui confiait le commandement d'une division avec laquelle il devait opérer dans la Virginie septentrionale. Tenu en échec par Stonewall Jackson, il fut battu -à Cross-Keyes, et donna sa démission.

Eu 1864, défciigné par une convention électorale comme candidat à la présidence, il ne put lutter contre le parti qui soutenait la réélection de Lincoln.

Devenu, eu 1867, président de la compagnie Mempbis, El Paso et Pacific Eailroad, le général Frémont lança sur le marché français vingt millions d'obligations hypothécaires dont l'unique garantie était la valeur des terrains concédés à titre provisoire par le gouvernement américain, et qui ne devaient appartenir à la compagnie qu'après la mise en exploitation du chemin de fer. Les acheteurs de ces obligations ne tardèrent pas à apprendre que cette garantie était absolument illusoire, et des poursuites furent dirigées contre MM. Frémont, Gauldrée-Boiloau,sori beau-frère, ancien consul généi*al de France aux Etats-Unis, (l; Crampon, journaliste,etc. Condamné par défaut à cinq ans de pris )n et 3000 francs d'amende, le 27 mai-s 1873, M. Frémont nia son ingérence dans les trafics dont les actionnaires français avaient été les victimes. Cette affaire lui fit un tort énorme.

En 1878, les sympathies pour ses anciens services se réveillèrent,et il fut nommé par M. Hayes, gouverneur du Territoire de i'Arizona.

Enfin, à la fin de 1889, il fut réintégré dans rarm.'e

(x) Il fut a issi consul dà Fiance à Q lé'^ec.

par le président Harrison avec io ^rado de majorgcnëi*ul, et inscrit sur la liste de retraite avec les émoluments de son grade.

L3 général Frémont mourut à New-York d'une inflammation de poumons le 13 juillet 18'J0, et fut inhumé au cimetière de la Trinité.

Il avait épousé, à Washington, lo 19 octobre 1841, Jessie Benton, tille de l'honorable Thomas Benton, sJnateur de l'état du Missoun.

Il laissa quatre enfants : I KlisabothMoDowell- Benton ; II Benton ; III John-Charles ; IV Francis- Preston.

Elisabeth- Me Dowell'Be nton Frémont

Benton Frémont Né le 15 août 1848.

John-Charlts Frémont Né le 23 décembre 1853.

Il est dans la marine américaine.

Pendant la dernière guerre entre les Etats-Unis et l'Espagne, il commandait le torpilleur Porter. Son vaisseau eut l'honneur de toucher le premier la teri'e ennemie.

Francis- Preston Frémont Né le 1er août 1855.

Il est officier d'infanterie dans l'armée des Etats- Unis,

Il a actuellement le commandement d'un district militaire important à Cuba.

Page 1