‹ La famille Frémont (volume 2)Chapitre 18 sur 32 · RÉGIONS DU LAC LARONGE ET DES ENVIRONS · texte numérisé non relu

RÉGIONS DU LAC LARONGE ET DES ENVIRONS

Les rives du lac LaRonge et de ses nombreuses fies sont occupées par la formation de roches dont nous venons de parler, lesquels d'après leurs caractères lithologiques semblent différenciés d'avec les gneiss de la vaste expansion du Précambrien qui a été rangée sous le Laurentien. Dans le Rapport sommaire de 1909, ces roches sont brièvement décrites comme appartenant à la formation du lac LaRonge et l'on fait remarquer leur ressemblance avec celles de la formation Grenville. Elles se composent principalement de gneiss à diorite quartzeuse, de schistes et de schistes hornblendiques, avec petites étendues et croupes de pyroxénite, diorite hornblendique et serpentine avec une bande de plusieurs chaînes de largeur qui peut être suivie sur au delà de 10 milles, composée de calcaire magnésien cristallisé surmontant en concordance une phase impure de calcaire consistant surtout en calcite mais renfermant des grains de quartz et de feldspath arrondis et aussi du pyroxène, de la scapolite et du sphème. Il semble que cette roche ait été primitivement une sédimentaire.

Sur le côté ouest du lac auprès de la rivière Nemeiben se dresse une rangée de collines formée par une large croupe de pyroxénite grossièrement cristallisée. La roche se compose en majeure partie de diallage augitique avec feldspath et pyrite à titre accessoire. Le long d'une zone d'étirage située près du versant oriental des collines, elle est d'une structure très schisteuse et par endroits profondément imprégnée de sulfures, en

grande partie des pyrites de fer mais aussi de la chalcopyrite. Il y a dans le lac au sud de Moose point une jp£tite Ile formée par une croupe à peu près semblable, dans lamelle se rencontrent des petites veines d'amiante. L'allure de la roche est N. 20** E. et son plongement, sauf sur la rive orientale où la direction est à l'inverse, est généralement vers l'ouest sous des angles oscillant entre 30** et la verticale. Elles se présentent probablement dans une série de plis renversés et l'on trouve, le long des axes de plissements, des zones fortement minéralisés. Quantité de claims ont été piquetés en 1908 et 1909 le long de ces zones par des prospecteurs qui croyaient ou expéraient y trouver de l'or. Des matières provenant de pour ainsi dire chacune de ces zones ont été cependant soumises à l'essai et dans aucun cas on n'a trouvé plus que de faibles traces d'or.^

Les zones consistent en schistes de feldspath quartzeux dont un bon nombre renferment de la pyrite et un peu de chalcopyrite; toutes sont eminément altérés et laissent voir de la calcite de l'épidote et une variété de minéraux qui ne sont que des produits de décomposition. La plupart des schistes semblent dériver de roches ayant en primitivement la composition de diorites quartzeuses. Si l'on excepte le cas du calcaire cristallin et de la roche calcifère métamorphique qu'il surmonte, il ne semble rien y avoir dans les plaques minces soumises au microscope qui puisse clairement faire attribuer à ces roches une origine sédimentaire. Elles sont toutes cependant telle* ment altérées, qu'il n'y a guère de preuves concluantes pour l'une ou l'autre théorie.

KEEWATIN.

Il y a, à travers toute la région de la carte, de nombreuses petites étendues de roches qui d'après leur nature lithologique et leur affinité avec les gneiss granitique semblent se rattacher au Keewatin. Un bon nombre sont situées sur la lisière méridionale de la zone précambrienne là où elle est chevauchée par des sédiments paléozoîques. Elles affectent à peu près la forme triangulaire, la base du triangle étant formée par le bord des

> Rapport Sommaire, Com. GédL, 1908.

sur une colline de porphyre quartzeux à Teall point, sur. la rive ouest du lac Doobaunt. On aperçoit un porphyre quartzeux massif analogue sous forme de gros dyke ayant une direction est et ouest à quelque distance plus au nord sur la rive du même lac et, dans le voisinage du dyke le conglomérat encaissant est très durci de telle sorte qu'il se casse indifféremment dans la pâte ou dans les cailloux. Par endroits le porphyre renferme peu ou point de quartz."

"Vers l'extrémité nord du lac Doobaunt, Torthose du porphyre est remplacée par le plagioclase formant ainsi une andésite ou dacite. Cette andésite est considérablement développée et semble supporter une vaste étendue de terrain le long de la rivière Doobaunt entre le lac Lady Marjorie et la bifurcation; on l'a remarquée de nouveau sur les tles vers l'extrémité est du lac Baker."

"Il y a un développement plus ou moins étendu de roches éruptives basiques principalement ou peut-être exclusivement sous forme de dykes sur toute l'étendue recouverte par la formation Athabasca, qui transforment ouvent ces roches en quartzite ou conglomérat quartziteux."

"Sur le lac Doobaunt et sur la rivière du même nom près de la bifurcation, ces dykes sont pour la plupart, de la diabase plus ou moins typique à structure ophitique avec enchevêtement de cristaux de plagioclase en forme de lattes, entre lesquels sont des cristaux ou amas cristallins d'augite souvent transformée en chlorite. On constate aussi ordinairement la présence d'apatite et de minerai de fer.

"Le gros dyke qui recoupe le conglomérat près de la gorge en amont du lac Grant, paraît beaucoup plus récent, étant composé de rétinite foncée avec pftte vitreuse au milieu de laquelle sont disséminés de menus fragments de minerai de fer."

"Le gros dyke de diabase qui croise la rivière Telzoa aux Lendon rapids, recoupe les roches éruptives acides du voisinage et tout indique qu'il est postérieur à celles-ci. Dans la plupart des cas, cependant, les roches éruptives acides et basiques n'ont pas été remarquées en contact et l'on n'a pas déterminé leurs âges respectifs; mais ces dernières étant également très répandues dans le Laurentien et le huronien on est porté à croire que quelques unes sont plus anciennes et d'autres plus récentes que les éruptives acides."

"Malgré de minutieuses recherches, on n'a trouvé aucun fossile dans les sables d'Athabasca, de sorte que l'on ne peut déterminer l'âge de cette formation que d'après les données stratigraphiques et lithologiques."

"On reconnaît qu'ils sont séparés d'avec les quartzites du huronien (Keewatin) par une grande discordance, par le fait que les conglomérats sont composés largement de cailloux de ces quartzites arrondis et usés par les vagues qui ont été par conséquent métamorphisés, durcis et recimentés avec de la silice interstitielle avant d'être arrachés par les agents atmosphériques et transportés dans l'eau au large de la grève pour former les conglomérats plus récents. Ils sont aussi certainement antérieurs aux calcaires cambro-siluriens horizontaux que l'on a remarqués sur le lac Nicholson, car, bien que les deux n'aient pas été aperçus en contact, l'on a trouvé en bien des endroits des cailloux et blocs de calcaires de Trenton qui provenaient évidem-

ment d'affleurements de clacaire autres que celui observé, et aucun ne laissait voir de marques de décomposition par suite du contact avec les nombreuiË épanchements de trapp qui recoupent le grès et le conglomérat. Par conséquent, puisqu'ils reposent en discordance sur le huronien et sous le cambrosilurien on peut assez bien les rattacher au cambrien. Au point de vue lithologique, tout le terrain offre une ressemblance frappante avec les grès rouges et porphyres quartzeux cambriens des roches keweenaviennes du lac Supérieur. Cette ressemblance est tellement marquée qu'il est ordinairement impossible de distinguer des petits échantillons de roche des berges du lac Doobaunt d'avec des échantillons du lac Supérieur. Les deux terrains sont considérés comme appartenant à un même étage géologique."^

L'âge des grès d'Athabasca est une question qui a été assez complètement étudiée dans les rapports déjà cités. Les auteurs de ces rapports s'accordent avec sir J. Rîchardson, et MM. Bell et McConnell pour rattacher ces terrains au Keweenavien du lac Supérieur; on établit cette corrélation principalement d'après leur analogie lithologique mais aussi d'après leur position stratifigraphique en autant que celle-ci a été déterminée.

Il semble très probable que des roches à peu près de l'âge des grès d'Athabasca ou de l'âge Animikie ou Keweenavien se présentent sous les sédiments paléozoïques près du rivage de la baie d'Hudson. Bien qu'on ne les ait pas observé sur place soit sur la rivière Nelson ou Hayes, les deux seules qui aient été examinées, la présence dans les vallées de ces deux rivières de nombreux cailloux ressemblant de près aux roches du Keweenavien et de l'Aminikie, porte à croire que les bancs dont ils proviennent sont masqués par le drift ou ne sont pas très éloignés. M. Bell signale sur les prolongements inférieurs de la Nelson que ''des galets et cailloux du drift de cette région sont composés en grande partie des roches supposées équivalentes à celles de la formation Nipigon de la côte orientale de la baie d'Hudson. On peut recueillir des échantillons de chaque variété de ces strates le long des berges de cette partie de la rivière."*

Joseph Robson au cours d'un compte rendu de son exploration du cours inférieur de la rivière Nelson en 1745, dit: — *

1 Coin. Géol., Canada. Rap. ann. (Série nouvelle) 1896, Partie F.

s Com. Géol.. Canada. Rapport des Opérations. 1878-79. Partie C.

* Compte rendu d'un séjour de six ans à la baie d'Hudson de 1733 à 1736 et de 1744 à 1747, par Joseph Robson« autrefois arpenteur et surintendant des bfttisses à l'usage de la Hudsoii't Bay Company, Londres. 1752.

TABLEAU DES rOBllATIONS — SuiU.

DÉ VONIBN. it!i^Mo^ten)

Calcaire magnésien couleur chamois, grès et conglomérat; renfermant la fossile Atrypa reticvlaris et des tiges de crinoides.

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