‹ La famille Frémont (volume 2)Chapitre 30 sur 32 · RIVIÈRE CHURCHILL · texte numérisé non relu

RIVIÈRE CHURCHILL

Sur presque tout son parcours dans la région de la carte, la rivière Churchill circule sur des terrains de l'ensemble précambrien; l'exception est là où, près de son embouchure, la rivière pénètre dans le bassin paléozoïque de la baie d'Hudson et coule pendant une distance d'environ 150 milles sur du calcaire ordoviden. Le point de la rivière la plus élevé que nous ayons atteint est à la tête du Rock Lake. La partie située entre l'entrée du Rock lake et la frontière occidentale de la région représentée sur la carte est décrite comme suit par M. T. Fawcett, D. L. S., qui a fait un levé de cette rivière en 1888 : —

''En passant à Test depuis la tête du lac Bear Island, les arbres verts deviennent plus rares, les berges sont plus élevées et sont en beaucoup d'endroits rocheuses et dépourvues de v^étation. Les terrains sont gneissdtdes; leur allure est presque uniformément de quelques degrés à Test du nord et leur plongement variable. Il se présente en bien des endroits dans les terrains, du minerai de fer magnétique qui donne lieu une variation dans la déclinaison de Taiguille allant quelquefois jusqu'à 10^. Parfois entre quatre ou cinq stations successives la variation de Taiguille sera de quatre ou cinq degrées trop faible et peut être ensuite sur une égale distance, trop forte. Même dans les endroits sableux où les roches n'apparaissent pas à la surface, on constate cette variation. Le plongement et la force semblent beaucoup affectés par les circonstances locales que la déclinaison. Dans Tangle nordouest du lac de Black Bear Island, se déverse un cours d'eau appelé Whitefish river venant du côté nord. C'est en amont de cette rivière que les sauvages sont supposés être parvenus en canot depuis Pine River en passant par une série de lacs.. En traversant le lac Black Bear Island et en suivant la route canotière, il est impossible de distinguer la terre ferme d'avec l'ile tellement toute cette nappe d'eau est entremêlée de canaux étroits et de baies profondes. En traversant le lac nous avons dû passer deux rapides. C'était pour nous une nouveauté de rencontrer des rapides au milieu d'un lac. Il nous faudrait une saison entière pour déterminer l'étendue, le profil et les fies du lac Black Bear Island en question.

"A trente-six milles de l'entrée du lac nous atteignîmes sa sortie où il y a une chute de 8 pieds que l'on franchit par le Birch portage sur la rive droite. Près de l'extrémité nord-est du lac un deuxième cours d'eau viens se déverser venant du nord appelé aussi Whitefish River. Au bout d'une journée de canotage en remontant ce cours d'eau, l'on arrive à un lac appelé Whitefish. A un mille de l'extrémité du Birch portage nous atteignîmes le Trout Lake que nous suivîmes pendant 10 milles jusqu'aux Trout falls. A environ un mille et demi au sud de ces chutes, une branche de la rivière se détache et rejoint de nouveau le cours principal au Dead Lake. Près de la tête des Trout falls, la Trout River se déverse en venat du nord et s'élargit à quelque distance en amont pour se confondre avec une autre partie du Trout Lake plus étendue que celle que nous avions déjà parcourue. Une fois les chutes passées, il y a, sur une distance de sept milles, sept rapides dont trcns doivent être franchis par des portages mais peuvent être sautés en canota par des navigateurs connaissant bien la rivière. Au pied des rapides et là où la branche sud se déverse en venant du Trout Lake, la rivière s'élargit et forme le Dead Lake. On trouve de l'épinette et du pin dans ces parages, mais pas de bon bois marchand. Le tremble et le bouleau sont les essences qui dominent. Sur un bon nombre des collines rocheuses les arbres sont brûlés et l'on n'aperçoit que les saillies de roches dépouillées.

"En descendant la rivière depuis la sortie du Dead Lake, nous rencontrâmes une série de rapides appelés Devil's rapids et le portage de Big Devil. La plupart de ces rapides sont dangereux à cause des blocs de roche mais on les saute ordinairement tous excepté au portage de Big Devil. Au pied

"iDepuis le lac Winnipeg jusqu'au lac Hairy sur rEchimamish, les roches se composent du granité et gneiss gris recoupé par des dykes de granité rouge et des pegmatites. Au goulet du lac Hairy, sur la rive sud, c'est le granité à biotite qui compose la roche; il recoupe une roche feldspathique à gros éléments qui parait être de Tanorthosite. Cette dernière se compose principalement de feldspath en cristaux ronds ou carrés autour desquels sont enveloppés de longs et minces cristaux d'augite donnant à la surface l'aspect d'une peau de léopard. Cette roche se présente aussi sous un fades blanc comme de la quartzite mais elle se compose alors de longs cristaux de feldspath avec section transversale carrée. Le granité rouge et probablement aussi l'anortho^te renferme des enclaves de forte dimension — 100 pieds ou plus — d'un micaschiste nacré et de gros gneiss gris.

"Sur l'Echimamish à environ huit milles en amont du lac Hairy, nous avons d'abord aperçu les roches attribuées au Keewatin. Le premier affleurement aperçu fut un schiste quartzeux rubané redressé. D'après son aspect général, on croirait des roches de la formation ferrugineuse du Keewatin. Il y avait une roche de même nature à la bifurcation du creek. A la première digue on rencontre une roche tufacée contenant des grains de feldspath et des roches ardoisières qui sont peut être des couches de cendre. A la deuxième digue, il se présente un schiste chloriteux massif avec mica grossier et schistes quartzeux. Le plongement des roches semble vertical. Il y a dans toutes ces roches des veinules de quartz obscur rougeâtre. A la troisième digue, on retrouve le gros gneiss gris suivi du granité rouge. Au portage du Painted Rock le gneiss est nettement rubané; des bandes foncées de gneiss œillé alternent avec du quartz pétrosiliceux ou des bandes de pegmatite. Il y a aussi des bandes de schiste à biotite et à hornbnlende. La roche est recoupée par un petit dyke de lamprophyre. Le schiste pétrosiliceux et hornblendique ressemble à une formation ferrugineuse mais les bandes de gneiss qui sont d'un demi pouce à trois pouces de largeur constitue la masse de la roche. Le granité et les gneiss se continuent en descendant la rivière Hayes en aval du portage Robinson jusqu'au portage d'un demi mille par lequel la route canotière se détache de cette rivière. Il y a sur ce portage un schiste hornblendique foncé un peu tordu et disloqué, et traversé par des veinules de quartz et des dykes de pegmatite et d'aplite. Sur le côté opposé de la rivière en face de l'extrémité orientale du portage se trouve un phyllade bien jointe . Ces roches se continuent sur la route canotière pendant à peu près cinq milles et alors se présentent le granité et le gneiss laurentiens ; sur le parcours du Pine Lake et du Windy Lake et des premiers cinq milles du lac Oxford, one ne rencontre que du granité et du gneiss. A la pointe sud de la baie occidentale du lac Oxford le gneiss est coupé par un dyke de lamprophyre de 20 pieds. A environ deux milles à l'est de la peinte Sevenmile il y a une ile composée de diorite ou diabase quelque peu étirée et par endroits épidotisée et laissant voir une structure ellipsoïdale que l'on retrouve souvent dans les greenstones du Keewatin. Cependant les constituants feldspathiques et colorés sont encore distincts.

^ Com. Géol.. Min. des Mines, Canada, Rapport Sommaire, 1910.

"Au premier portage en amont de;s Trout fallait il y a une roche porphyrique grise avec phénocrist^ux de feld9path d'un demi-pouce de longueur. On rencontre aux Trout fall9 i;ne roche schisteuse micacée avec petits individus feldspath. Elle se rapproche d'un hon^els mats doit être certaineoient une roche éruptive étirée. Elle renferme des bandes et de petites lentilles d'une roche gabbroide et des petites veines de quartz aqueux un peu rouilleux.

"A l'entrée du Knee Lake nous avons constaté un affolement de 1^ boussole occasionné sans doute par la magnétite sur le côité sud du goulet que Bell décrit comme étant entrestratifiée de * schistes siliceux et micacés gris orientés à peu près est et ouest." En descendant cette partie du lac nous n'avons pas eu l'occasion d'examiner personnellement ces roches. A travers la lunette, elles paraissaient être principalement du greenstone ou un schiste massif avec des veines de quartz. Au commencement du détroit de la roche est un schiste avec des points pétrosiliceux verdâtre variant entre un quart de pouce et plusieurs pieds de longueur. Ib ressemblent un peu à des galets, mais ce sont évidemment des débris de bandes de pétrosilex écrasées par pression. On remarque dans l'intérieur un greenstone massif à structure ellipsoïdale avec remplissage de calcite dans quelques unes des fissures.

"Près de l'extrémité du détroit, la roche est un schiste à séricite vert avec lentilles de calcite et dolomie qui donnent à la roche, après exposition à l'air, une suriace trouée. Elle ressemble à un calcaire de contact métamorphisé.

"Dans le détroit, il y a une petite île que je n'ai pas vue, signalée par Richardson comme se composant de "schiste micacé fortement impr^née de magnétite et de minerai de fer, et ayant ses couches minces imprégnées de couches de ce minéral." M. Bell rapporte qu'elle consiste en "fer magnétique fimenent grenu en couches minces, entrelamellé d'autres couches de quartzite et de micaschiste. La roche est tordue et plissée et se casse en fracture esquilleuse."

"Dans l'élargissement inférieur du Knee Lake la roche est un greenstone, probablement de la diabase, étiré et en certains endroits épidotisé, avec structure ellipsoïdale bien caractérisée et recoupé par des veines de quartz et des dykes de porphyre syénîtique. Sur les îles près de l'extrémité inférieure du lac, la roche est un micaschiste avec bandes de calcite et dolomie recoupées par d'assez grosses veines de quartz.

"Ces roches soi-disant keewatiniennes se continuent un peu plus loin en aval du laci Ensuite c'est le gneiss gris qui apparaît de nouveau jusqu'après le Rock, en aval duquel il n'y a plus d'exposé que du drift.

"Il faut remarquer que cette bande de roches keewatiniennes s'étale, à quelques interruptions près, depuis un peu en amont de l'Echimamish jusqu'en aval du Knee Lake. Tyrrell a indiqué sur la carte des roches analogues le long des lacs Pipestone et Cross sur la Nelson et il semble probable qu'elle font partie de la même bande.

"Les roches que nous avons remarquées se rapprochent beaucoup du keewatin par leur apparence et aussi quant à leurs relations, en autant que

» Voir Hanche XIV.

sole n'enregistre pas immédiatement un changement de quelques degrés dans la direction du navire.

''Avec les indications actuelles de la carte, il est nécessaire de faire continu^lement des observations relativement à la déviation de Taiguille. Je parle au simple point de vue de la pratique ordinaire des navigateurs, et >e crois qu'une fois les lignes de variation régulière correctement établies (et les positions rectifiées) les difficultés de la navigation ne seront pas i^us grandes qu'aux approches du golfe St. Laurent où le changement rapide de variation nécessite toutes les heures des changements de direction.

"Il sera peut être utile de noter que le compas liquide n'a été pour ainsi dire d'aucune utilité, particulièrement dans les parties occidentales de la baie.

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