‹ La famille Frémont (volume 2)Chapitre 29 sur 32 · RIVIÈRE HAYES · texte numérisé non relu

RIVIÈRE HAYES

La rivière Hayes qui constitue déjà depuis de nombreuses années la route principale vers l'intérieur depuis la baie d'Hudson a été naviguée par beaucoup des premiers explorateurs dont quelques-uns nous fournissent quelques notes succintes sur les roches rencontrées. Plus tard des membres du personnel de la Commission géologique ont suivi cette route, et la description suivante est compilée principalement d'après leurs rapports.

La partie de cette route depuis la Nelson en traversant le Knee Lake et en descendant la rivière Hayes jusqu'au Rock, est brièvement décrite par M. R. W. Brock d'après des observations faites au cours du voyage à la baie d'Hudson de Son Excellence le comte Grey pendant Tété de 1910.

demi de laideur. Plus en amont cela varie entre un demi-mille et un mille et demi sur tout le parcours que nous avons remonté (90 milles).

"Quand la marée se retire la majeure partie de l'espace entre le rivage et l'estuaire est à sec et consiste en une étendue de platîères boueuses parsemée de blocaux formant une continuation des battures plus au large. Un chenal étroit avec une profondeur d'eau plutôt irrégulière s'enroule autour du centre de l'estuaire. D'après les sondages que nous avons faits, la profondeur semble varier de deux à trois brasses à marée basse depuis un point vis-à-vis la pointe Beacon jusqu'à une vingtaine de milles en amont. A l'embouchure de la rivière les marées de vive-eau ordinaires sont d'environ 12 pieds, et la marée de morte-eau de trois à cinq brasses sur toute la distance.

"La partie de la rivière la moins profonde d'après nos sondages était en face des tles Gillams et Seal, c'est-à-dire là où se termine la marée et où commence le chenal proprement dit de la rivière. Ici il n'y a environ que 10 pieds de profondeur, mais depuis cet endroit en montant, sur le parcours que nous avons fait, la profondeur moyenne du centre de la rivière était de 20 pieds et nous avons trouvé quelquefois au delà de 30 pieds. Dans cette partie de la rivière la vitesse du courant au centre variait entre deux et six milles à l'heure d'après les expériences que nous ftmes en submergeant des têtes d'arbre d'épinette pour s'assurer de sa rapidité au moins approximative. Les parties rapides sont courtes et l'on peut évaluer la vitesse moyenne à deux milles et demi ou trois milles à l'heure et la largeur moyenne à trois quarts de mille entre les lignes d'eau.

"On rencontre un petit rapide un peu en deçà de la limite de notre exploration, mais il ne semble pas trop raide pour être surmonté par le cours d'eau. Plus en amont de ce rapide les sauvages ne signalent aucun obstacles jusqu'à une distance de 15 milles où l'on arrive à une cascade appelée Limestone Falls. On peut donc considérer la rivière Nelson comme navigable pour les bateaux à vapeur jusqu'à une distance d'environ 100 milles depub la mer.

" La distance depuis York Factory jusqu'à l'extrémité de Beacoi> point est d'environ 5 milles. Sur ce parcours les berges diminuent en hauteur depuis 27 pieds à York Factory jusqu'au niveau de la haute marée à la pointe Beacon. Elles consistent en argile grise stratifiée entremêlée de sable plus ou moins fin. Au-dessous de la haute marée, la plage sur le parcours précité se compose d'argile boueuse bleuâtre avec galets roulés et cailloux, et renferme des coquilles marines en assez grande abondance

"Comme il a été dît déjà, les rivages aux abords de l'embouchure de la Nelson sont peu élevés et plats. On commence à apercevoir des bancs d'argile sur les deux rives, seulement de quelques pieds de hauteur au début à environ dix milles en amont de l'extrémité de la pointe Beacon et, en remontant la rivière, ils s'élèvent graduellement jusqu'à une altitude de 200 pieds qu'ils atteignent à environ 54 milles en ligne droite de la pointe Beacon. Au delà de ce point, ils conservent à peu près cette altitude autant qu'on a pu l'observer, soit sur le bord même de la rivière ou à peu de distance du rivage. Nous avons remarqué une couche de tourbe d'une épaisseur moyenne de 4

pieds presque partout au sommet de la berge sur les deux rives et se prolongeant dans les terres. A Flamborough Head, une pointe proéminente sur la rive nord-ouest à 19 milles de la pointe Beacon, la berge d'argile atteignait une hauteur de 126 pieds. Elle se compose d'argile de transport dure, graveleuse avec des cailloux à la base et d'argile stratifiée couleur fauve vers le sommet où les coquilles marines sont en grande abondance.

"A environ 35 milles en amont, où la berge du côté sud-est a atteint sa hauteur maxima de près de 200 pieds, elle consiste en sable argileux ou argile sableuse gris jaunâtre en stratification mince, la couche la plus épaisse ne dépassant pas 7 pouces; quelques-unes n'ont même pas plus d'un pouce. Les couches minces et épaisses alternent avec une régularité remarquable dans certaines parties de la falaise. Il y a un endroit dans ce voisinage où la profondeur totale du dépôt se voit en un mur vertical et c'est un rendez-vous favori de nombreuses hirondelles de rivage qui y construisent leurs nids sous les saillies des couches d'argiles dure et sèche. Des coquilles marines .... s'en détachent en grand nombre; les plus conmiunes sont de grosses valves de Saxicava rugosa"

"On ne voit pas d'tles dans l'estuaire mais depuis l'endroit où commence la marée sur la distance que j'ai parcourue nous en avons rencontré au delà de vingt assez bien boisées et un certain nombre recouvertes d'herbe seulement. Les lies boisées sont relativement élevées tandis que les autres sont basses et plates et sont évidemment balayées par les glaces de la rivière au début du printemps. Depuis la rivière Pakwagan, qui est à 70 milles de la pointe Beacon, en montant, on aperçoit de grandes platières recouvertes de bonne herbe sur les deux rives. Les tles et platières herbeuses ont probablement été préservées grâce aux couches horizontales de dolomie qui en forment le soubassement, lesquelles les ont protégé contre l'érosion des glaces."

KIVIÈRE BURNTWOOD.

La rivière Bumtwood sur tout son parcours circule sur des roches précambriennes. A son embouchure, où, occupant graduellement une vallée plus large elle se fond avec la baie sud-ouest du Split Lake, ses berges se composent de pointe* ments arrondis de gneiss de peu d'élévation formés de banded tordues et fracturées de gneiss hornblendique à biotite noir et à grain fin, encaissées dans du gneiss à biotite blanc à. gros éléments. De semblables gneiss affleurent à travers la vallée sous forme de mamelons, là où la rivière a délavé Tépais manteau d'argile qui recouvre cette région en remontant la rivière jusqu'à TElbow en amont de l'Odéi. A la rivière Elbow aux rapides qui sont à deux milles plus haut, le gneiss à biotite est recoupé par une diabase ou hornblendite composée dans beaucoup

de ces rapides on arrive à une expansion lacustre appelée DeviFs Lake qui •e termine au portage Otter où la rivière a une déclivité de 20 pieds jusqu'au lac Otter. On franchit ce rapide par un portage sur la rive gauche. En suivant le lac Otter on arrive au bout de 13 milles au Rock portage mieux connu sous les noms de Mountain et Stony Mountain portages. Ce dernier nous conduit au Rock Lake> qui s'étend jusqu'à Stanley où il y a une mission de relise anglicaine et un poste de la compagnie de la Baie d'Hudson situés à l'extrémité sud du lac. Le poste de la Compagnie prend le nom de Rapid River mais la rivière de ce nom proprement dite se joint à la Churchill 13 milles plus à l'est dans le lac de Rapid River. Près de l'embouchure de la Rapid river sur cette rivière il y a une chute de 30 pieds. Il n'y a pas beaucoup de terre arable dans l'entourage du Rock Lake» mais là où il y a de la terre vé> gétale c'est ordinairement un limon de bonne qualité. M. Moberly gérant du poste de la compagnie de la Baie d'Hudson en cet endroit a eu l'amabilité de nous fournir une provision de légumes de son jardin. C'était au milieu de septembre et il n'était survenu encore aucune gelée» de sorte que les tiges de pommes de terres étaient aussi vertes qu'au début de l'été. Cette localité paraît être entièrement à l'abri des gelées de l'été.'

Près des berges du Rock lake (planche XII) on aperçoit des gneiss fins et grossiers plongeant au sud-ouest sous des angles qui varient jusqu'à 70** et gisant par endroits en plateure ou légèrement ondulés. Le gneiss fin est un gneiss ou schiste homblendique feuilleté et presque noir. Il se présente par bandes irrégulières dans le gneiss à biotite grossier blanc et est recoupé par celui-ci. Les deux sont traversés par des intrusions de pegmatite rouge à gros éléments. Dans certaines bandes, le gneiss noir fin est moucheté de gros cristaux de feldspath et d'autres bandes renferment des grenats. Le long des rives occidentales du lac et de la baie Gunboat, il y a une série de gneiss fins et de schistes hornblendiques semblables à ceux de la partie ouest du lac La Ronge, qui plongent au nord-ouest sous des angles très raides. De même que les roches du lac La Ronge, les gneiss sont, en certaines zones, abondamment minéralisés de pyrites de fer.

En aval de Stanley et se continuant à la suite des rapides Grave et du lac Grave, il y a de semblable gneiss hornblendiques fins entrerubanés de gneiss à diorite rougeâtre qui occupent les berges, ils plongent au nord-ouest sous des angles variant

» Voir planche XII.

* T. Fawcett, D. L. S., Rapport Annuel, Min. de l'Intérieur, 1888.

entre 45** et 80°. Les schistes entrerubanés et gneiss fins forment une large zone ou série de zones venant du côté sud et se terminant vers le nord au delà de la vallée; Tune des zones s'infléchit à l'est et le chenal de la rivière circule au milieu de celle-ci jusqu'à l'embouchure de la rivière Reindeer où la zone tournant au nord est suivie par la vallée de la rivière Reindeer. Par places, les roches de ces zones ressemblent à la fois au schiste vert du Keewatin et aux gneiss de la formation de Grenville. On a pu suivre dans ces roches une bande de calcaire cristallin le long de la rive gauche de la Rapid River sur une distafice de cinq milles et demi, ayant une direction nord-est vers la rivière Churchill. Dans l'examen rapide que nous avons fait des berges de la Churchill, cette bande n'a pas été aperçue, mais Dowling^ signale la présence de calcaire cristallin sur la Churchill dans ces environs, qui n'est sans doute que la continuation de la même zone.

A Pine Portage, il y a un granité à biotite rouge vif, gneissique par endroit qui recoupe les gneiss et forme la majeure partie de la berge méridionale du lac de Rapid River. La rive nord du lac entre les bandes de gneiss et de schiste fins est occupée par du gros gneiss à biotite blanc, avec bandes de schiste homblendique qui bien qu'étant en apparence interlamellées avec les gneiss grossiers sont recoupés par eux. Toute la formation de gneiss et schistes est recoupée par de nombreux dykes de pegmatite rouge qui sont probablement reliés à l'intrusion de grariiite rouge. En aval de Pine Portage l'allure s'infléchit assez brusquement vers l'est et le long de Drinking lake apparaissent des gneiss à biotite quartzeux qui suivent la direction du lac. A Keg Portage et à' Grand Rapids, im mille plus bas les gneiss homblendiques noirs, fins et finement micacés se présentent en larges bandes tantôt fortement chloriteux et tantôt pourrissant et se rouillant à l'air. Ces bandes, de même que les bandes plus étroites déjà mentionnées bien que apparemment interlamellées avec les gneiss plus grossiers sont pénétrées par ceux-ci. On trouve des gneiss à "biotite foncés finement grenus et rubanés le long du Island Lake jusqu'à Frog Portage où des gneiss granitiques à biotite quartzeux durs et rubanés

> Rap. Ânn. C. G. S.. Vol. VIII. Partie D.

d'affleurements, presque entièrement de hornblende. Un peu plus haut sur la rivière, des roches qui paraissent être des variétés d'homblendite-granites à hornblende rouges ou granodiorites et gneiss — encaissent les blocs de gneiss à biotite. Un ensemble analogue de roches granitiques et gneissiques occupe la vallée de la rivièfe jusqu'aux chutes Manazo, accompagnées, le long d'une étendue de trois milles allant jusqu'en deçà de deux milles de la chute, de languettes de schistes fins avec la composition de la diorite, se prolongeant dans les gneiss plus granitoides du côté sud-ouest. Ceux-ci sont recoupés de granités fins et por^ phyres quartzeux qui sont probablement des phases marginales des granités à hornblende, et semblent représenter les extrémités éraillées et efiilées de la plus large des zones de roches keewatiniennes qui croisent le ruisseau Manazo au Pipe Lake. En remontant toujours la rivière au delà de la chute Manazo, on remarque des gneiss blancs grossiers et des gneiss noirs à grain fin entrerubanés de façon à présenter une apparence de stratification: le gneiss blanc grossier recoupe cependant et enveloppe sous forme de bandes brisées le gneiss noir plus fin. Les plongements varient de 40** à 90® et l'allure conserve une direction générale nord-est avec de nombreuse déviations peu importantes jusque vers l'extrémité du lac Openago. Le long du lac, les ploiigements deviennent plus raides et en amont de celuici les gneisses se présentent en faibles ondulations ou suivant l'horizontale. Un bon nombre des bandes fines sont grenatifères et renferment des cristaux d'un pouce ou plus de diamètre. Les surfaces rocheuses ont toutes subi l'action glaciaire et les stries indiquent un mouvement des glaciers venant de l'est. Cette allure basse et onduleuse des gneiss se remarque près du lac Wekusko où les bandes plus fines sont également grenatifères et durant plusieurs milles en remontant la rivière jusqu'au delà des rapides Witego. En se rapprochant du lac Threepoint, bien que l'apparence stratiforme soit encore distincte, les plongements ne sont pas aussi uniformes et atteignent quelquefois 80® et 90®. Pendant 8 milles en amont du lac Threepoint les roches sont en majeure partie masquées par le manteau d'argile; des pointements occasionnel montrent que la roche sous-jacente est im gneiss faible en mica et dans certaines bandes

grenatifères. Dans quelques-uns des bancs à découvert le long de ce parcours, le gneiss a un grain uniforme et ferait une bonne pierre de carrière.

Entre les lacs Wekusko et Three point les stries sont moins profondes qu'à Test et à l'ouest, et leur direction est à peu près au sud-ouest. Il y a des gneiss à biotite rubanés, plus quartzeux à découvert dans de nombreux pointements le long de la rivière en aval du ruisseau Winapedi et en amont de celui-ci jusqu'à la chute Moosenose. Les roches plongent sous un angle très élevé et les surfaces sont profondément érodées par les glaces, leurs profil primitif arrondi étant devenus plat comme sous l'effet d'une planeuse. Les stries indiquent im mouvement des glaciers N. 20** O.; certaines stries plus faibles montrent une direction S. 45® O. Dans le lit de la rivière on remarque en bien des endroits du gneiss à biotite quàrtzeux moins rubané et avec plus faible teneur en biotite, qui forme des bancs peu élevés le long du rivage jusqu'en amont de Bushy brook. Pendant plusieurs milles le long de cette partie de la vallée et au delà, au rapide Âpisk, les bancs témoignent de très peu d'érosion glaciaire; les surfaces sont demeurées rugueuses, les fronts de falaises sont assez communs, et quelques-uns des bancs sont recouvert de roche pourrie.

En allant à l'ouest vers le lac Bqmtwood et sur les rives du lac, le gneiss est d'apparence stratiforme en raison de la présence, dans sa partie plus grossière, de bandes de gneiss ou de schiste noir plus fin. En aval du lac Bumtwood, les collines sont plus élevées et sans v^étation, et le manteau d'argile ne se voit que sur les surfaces de moins de 30 pieds au-dessus de la rivière. En amont du lac Bumtwood la rivière se continue sous le nom de File river et se déverse dans le lac du côté sud. Le long de File river, les gneiss sont très nettement rubanés et sont d'apparence stratiforme; la direction, du plongement est très uniforme, allant à peu près N. 80® E., et l'allure est dans le même sens que la vallée de la rivière. Sur une distance de cinq milles en aval du lac Limestone Point les plongements sont (dus raides sur la rive droite que sur la rive gauche et indiquent probablement un pli renversé ou peut être ime faille le long de laquelle circule la rivière. En amont du lac limestone Point

Tallure concorde également avec la direction de la vallée et les angles de plongement sont plus élevés sur la rive droite que sur la gauche.

Sur le lac Limestone Point apparaît un petit lambeau découvert de calcaire magnésien jaune chamois renfermant des débris organiques confus et paraissant se rapprocher au point de vue lithologique du calcaire de Trenton qui est plus au sud, dont il est séparé par une interruption de 25 milles. Ce lambeau, dans son ensemble est en stratification horizontale ou légèrement onduleux mais par endroit il est fortement plissoté et désagrégé.

En continuant de remonter la rivière les gneiss paraissent stratiformes en raison de la présence, dans le gros gneiss à biotite blanc, de bandes dures de gneiss ou schiste homblendique noir à grain fin dont le volume augmente graduellement dans la même proportion que le gneiss grosseir au fur et à mesure que Ton se rapproche du lac. Là où les terrains sont horizontaux ou à peu près, Tinterfasciage, ressemble davantage à la stratification bien que le gneiss grossier recoupe nettement les schistes. Les gneiss à biotite grossiers renferment des bandes étroites d'amphibolite passent graduellement à travers une zone où les schistes apparaissent en bandes toujours de plus en plus larges à une aire — qui entoure le File Lake et s'étend au sud jusqu'au lac Reed — où l'on n'aperçoit que des diorites et des amphibolites.

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