CHARLES-JACQUES FRÉMONT
Charles- Jacques Frémont, le quatrième entant du lieutenant-colonel Frémont et de Charlotte Félicité Voyer, naquit à Qu< bec le 17 octobre 1806.
11 fut admis à la pratique de la médecine le 16 novembre 1829.
Le docteur Frémont fut professeur et l'un des fondateurs de l'Ecole de Médecine de Québec et de l'université Laval.
Le docteur Fi\mont mourut le 20 décembre 1862 à bord du steamer Bohenùan pendant la traversée de Liverpool à Portland. D'après les règlements observés à bord des vaisseaux, et pour ne point blesser les croyances superstitieuses desmatelots,son corps devait être jeté à la nier, mais madame Frémont lutta avec tant de noblesse et de fermeté qu'elle obtint du capitaine et de l'équipage de ramener à terre les précieux restes de celui qui avait uni sa vie à la sienne. L'inhumation se fit dans le cimetière Saint Charles, à Québec, le 31 décembre 1862.
Le 8 janvier 1863, le docteur Sowell prononçait à l'Université Laval un éloge bien senti et bien mérité du docteur Frémont. Qu'on nous permette de citer ici une partie de ce beau discours :
" Depuis l'ouverture de cette Université, la mort a été très active parmi nous. Outre AL Casault, nous avons à déplorer la disparition des Révérends MM. Holmes, Parent et Gingras.trois messieurs qui, quoique enlevés trop tôt pour voir l'Université dans sa florissante condition actuelle, se sont intéressés grandement à son développement et ont pris une part active et zélée à son établissement. En 1857, la faculté ue médecine
eut à regretter la mort du docteur Blanchet, son premier doyen et professeur de physiologie. Cette liste, pour ce court intervalle est assez longue, mais elle n'est pas encore complète. Le messager de la mort a de nouveau plané sur nos têtes, et il n'y a que quelques jours nous avons été appelés à déposer dans la solitude de la tombe silencieuse tout ce qui restait de notre ami et collègue, le docteur Prémont. Le sujet de cette courte et imparfaite notice biographique résolut dans son jeune âge d'embrasser la rude profession de médecin et compléta ses études à Montréal, comme élève de feu le docteur Stevenson. Il fit ses études dans des circonstances quelquefois des plus difficiles et exigeant souvent la plus grande abnégation. Après son admission à la pratique, il s'établit à la Pointe-Lévis, où il continua à pratiquer pendant quelques années et où il établit les fondations de cette carrière qui plus tard le plaça à la tête de sa profession. Trouvant le champ de la Pointe-Lévis trop restreint, il se transporta à Québec où sa réputation comme bon et habile praticien l'avait précédé, et, comme il était facile à prévoir, il entra dans une sphère plus étendue, eut une clientèle plus lucrative qu'il continua à servir jusqu'à sa mort. Bon et conciliant dans ses manières, il réussit à, s'attirer non-seulement la confiance mais l'affection de ses patients, dont un grand nombre pleurent aujourd'hui avec nous sa mort trop tôt arrivée. Si j'étais appelé à spécifier un point qui plus que tout autre caractérisait notre ami, je dirais que c'est son vif sentiment d'honneur. S'élevant au-dessus des misérables jalousies qui ravalent si souvent la profession médicale, jamais on ne le vit faire, jamais on ne le suspecta d'avoir fait une action