‹ La famille FremontChapitre 27 sur 27 · JOHN-CHARLES FUS M ONT · texte numérisé non relu

JOHN-CHARLES FUS M ONT

Plusieurs Canadiens l'accompagnaient dans cette nouvelle expédition, entre autres Alexis Ayotte, François Badeaux, Olivier Beaulieu, Jean-Baptiste Bernier, Philibert Courteau, Michel Crélis, J. B. Desrosiers, Basile Lajeunesse, François Lajeunesse, Louis Ménard, Louis Montrcuil, Alexis Péras, François Péras, Raphaël Proulx, Oscar Sarpi, Jean-Baptiste Tabeau, Charle Taplin, J.-B. Tesson, Joseph Terreau, Alexandre Gode.

Au printemps de 1845, l'intrépide voyageur, élevé au grade de capitaine, se mit en route une troisième fois pour se rendre jusqu'à l'océan Pacifique. Arrivé en Californie, il trouva le Mexique en pleine guerre avec les fltats-Unis. Les colons américains, menacés par les troupes mexicaines, l'invitèrent à se mettre à leur tête, et furent vainqueurs sous ses ordres. M. Frémont se mit alors en communication avec le commandant de l'escadre qui croisait sur les côtes, et, après la soumission de la Californie, il en fut nommé, le 24 août, commandant militaire par le commodore Stockton. Mais les Californiens s'insurgèrent, et les Américains ne purent se maintenir que par l'intervention du général Kearney. A cette époque, M. Frémont reçut ie brevet de lieutenant-colonel. A la suite d'un dissentiment entre les deux commandants en chef, Stockton et Kearney, il se vit traduit devant une cour martiale, pour insubordination, et destitué. Le président? M. Polk, signa la sentence, rendue conformément à la légalité ; mais il offrit en même temps un nouveau brevet de même grade à M. Frémont qui refusa cette réparation et rentra dans la vie privée.

Il résolut alors d'entreprendre de lui-même une ex-

pédition dans le but de découvrir, à travers les montagnes Eocheuses, un passage plus méridional encore que la passe du Sud, des sources de TArkansas à la Californie. Il partit de Pueblo, sur le haut Arkansas, avec 33 hommes et 133 mules. Mais, égaré par ses guides, il vit périr toutes ses mules et un tiers de Bon escorte dans les neiges de la Sierra-San-Juan, et luimême arriva à pied à Santa-Fé, après des fatigues et des dangers extrêmes.

Ces désastres ne l'empêchèrent pas d'organiser une cinquième expédition, et, en cent jours, au milieu de nouvelles difficultés, il arriva sur les bords du Sacramento. Là il acquit la propriété de Mariposa, devenue depuis fameuse par son exploitation aurifère.

Lors de l'annexion de la Californie aux Etats-Unis, M. Frémont fut choisi par les électeurs du nouvel état comme leur premier sénateur. (1850). Son mandat ne dura que deux ans ; il fut remplacé par John Weller, partisan de l'esclavage, dont il s'était déclaré l'adversaire.

En 1856, le colonel Frémont fut candidat à, la présidence des Etats-Unis. Arrêter les progrès de l'esclavage dans les territoires libres,ad mettre dans l'Union le Kansas avec sa constitution libre récemment promulguée, changer la politique et l'administration du président Pierce et créer le chemin de fer du Pacifique : tel était son programme. Il fut battu par Buchanan, après une lutte des plus vives.

A l'avènement du président Lincoln, le colonel Frémont avait accepté un portefeuille dans le futur cabinet ; mais la révolte du Sud l'appela à des fonctions plus actives. Il fut nommé général de l'armée du Mississipi ou de l'Ouest. Il fut battu à plusieurs

reprises, et malgré les démonstrations de ses nombreux partisans, il reçut de Washington, le 2 novembre, l'ordre de remettre tout de suite son commandement au général Pope. Quelques mois plus tard, on lui confiait le commandement d'une division avec* laquelle il devait opérer dans la Virginie septentrionale. Tenu en échec par Stonewall Jackson, il fut battu à Cross-Keyes, et donna sa démission.

En 1864, désigné par une convention électorale comme candidat à la présidence, il ne put lutter contre le parti qui soutenait la réélection de Lincoln.

Devenu, en 1867, président de la compagnie M.emphis, El Paso et Pacific Eailroad, le général Frémont lança sur le marché français vingt millions d'obligations hypothécaires dont l'unique garantie était la valeur des terrains concédés à titre provisoire par le gouvernement américain, et qui ne devaient appartenir à la compagnie qu'après la mise en exploitation du chemin de fer. Les acheteurs de ces obligations ne tardèrent pas à apprendre que cette garantie était absolument illusoire, et des poursuites furent dirigées contre MAL Prémont, (rauldrée-Boileau,sou beau-frère, ancien consul général de France aux Ktats-Unis, (1j Crampon, journaliste,etc. Condamné par déiaut à cinq ans de prison et 3000 francs d'amende, le 27 mars 1873, M. Frémont nia son ingérence dans les trafics dont les actionnaires français avaient été les victimes. Cette affaire lui fit un tort énorme.

En 1878, les sympathies pour ses anciens services se réveillèrent.et il fut nommé par AI. llayes, gouverneur du Territoire de i'Arizona.

Enfin, à la fin de 1889, il fut réintégré dans l'arm -e

(i) Il fut aussi consul deF.anccà Q ié'»ec.

par le président Harrison avec le grade de major-général, et inscrit sur la liste de retraite avec les émoluments de son grade.

Ii3 général Frémont mourut à New-York d'une inflammation de poumons le 13 juillet 18'JO, et fut inhumé au cimetière de la Trinité.

Il avait épousé, à Washington, le l!) octobre 1841, Jessio Benton, fille de l'honorable Thomas Ben ton, sénateur de l'état du Missouri.

Il laissa quatre enfants : I Elisabeth- Me Dowell- Benton ; II Benton ; III John-Charles ; IV Francis- Preston.

Elisabeth- Me Dowell- Benton Frémont

Benton Frémont Né le 15 août 1848.

John-Charles Frémont Né le 23 décembre 1853.

Il est dans la marine américaine.

Pendant la dernière guerre entre les Etats-Unis et l'Espagne, il commandait le torpilleur Porter. Son vaisseau eut l'honneur de toucher le premier la terre ennemie.

Francis- Preston Frémont Né le 1er août 1855.

Il est officier d'infanterie dans l'armée des Etats- Unis.

Il a actuellement le commandement d'un district militaire important à Cuba.

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