La famille Girouard [microforme]
É à Mont-Luçon, au Bourbonnoïis, France, en 1696, fils de ANA JEAN Girouarp, Conseiller du Roi et Contrôleur du Dépôt Ÿ de Riom, en Auvergne, et de Pétronille Georgeau, son épouse, de Mont-Luçon.
Le 5 février 1723, à Montréal, il épousait Marie-Anne Barré, (1) et prenait sa résidence à la Côte Ste. Marie, plus tard Faubourg Ste. Marie, paroisse de Montréal, en dehors des murs de la ville.
Le régistre de son mariage fait pleine mention des qualités de son père, mais ne dit rien de lui-même. Une tradition de famille rapporte qu’il était avocat, mais que comme les règlements de ia colonie ne lui permettaient pas l'exercice de sa profession (2), il dût se contenter de pratiquer à la Jurisdiction Royale de Montréal, comme “ praticien” et comme “ huissier,” se livrant en même temps à la culture de la terre. En consultant les dossiers de la dite Jurisdiction, on verra en effet qu’il cumulait les deux
(1) Des actes et régistres écrivent ‘‘ Baret”” ‘‘ Barret.” Le plus grand nombre disent ‘Barré.” Deux seulement, une donation du 21 janvier 1760 et un acte d'accord du 30 octobre 1765 disent ‘‘ Barrette.” Son père était Jacques Barré, soldat de ia compagnie de Monsieur Demine, et sa mère Marie-Elizabeth Jetté, qui furent mariés à Montréal, le 25 octobre 1688. Marie-Anne était la quatrième (née 23 avril 1696) d’une famille de douze enfants, dont quatre jumeaux, Charles et Joseph, nés le 4 janvier 1700 et Anne et Charlotte, 2 septembre 1701. Le père d’'Elizabeth Jetté, Urbain, venait de France et eut quatorze enfants. Voir le Dictionnaire Généalogique de l'Abbé Tanguay, vol. 1er, page 27, 321. A ce généalogiste infatigable la famille Girouard offre ses remerciements pour l’envoi de l'extrait de mariage d'Antoine Girouard, qui a servi de guide dans la préparation de ce mémoire.
(2) Voir procès-verbal du Conseil Supérieur de Québec sur l’Ordonnance de 1667, vol. rer des Edits et Ordonnances, page 106, où il est déclaré en 1678 qu’il n’y avait pas au Canada d'avocats, procureurs, ni praticiens, étant même de l'avantage de la colonie de n’en Pas recevoir.
fonctions. Au tome 45 des procédures de la dite Cour pour l'année 1731, ouvert par hazard parmi les nombreux volumes qui forment les archives de la dite Cour, presqu’à la première page, à propos d’une clôture d'inventaire, il est fait mention des sommations faites par “ l'huissier Girouard.” Plus loin, au même tome, le 14 juillet 1731, une requête ‘ pour congé défaut,” correspondant à l'opposition à jugement par défaut de notre Code de Procédure, est présentée de la part du nommé J.-Bte. Bélot, signée “A. Giroüard, pour le suppliant.” Le sursis du Juge Raimbault est au bas et aussi une sommation faite au demandeur par A. Girouard, huissier royal, ce fonctionnaire faisant non seulement les significations des pièces de la procédure, mais encore les protêts et sommations. Il serait facile de multiplier ces exemples, en examinant minutieusement les archives de la dite jurisdiction. Les papiers de la famille constatent le même fait.
Mr Girouard prend la qualité de “ praticien ” dans le régistre du marage de son gendre Julien Tavernier, à la date du ro mai 1749 ; et dans le contrat de mariage du même, Hodiesne, notaire, 15 mai 1749, ii déclare être ‘ancien praticien de la Jurisdiction Royale de Montréal, demeurant en la Côte Ste. Marie, près de cette ville.”
Une vente de droits successifs, Foucher, notaire, 23 janvier 1753, dans lequel il est décrit comme ‘ancien huissier royal,” établit qu’à cette époque il était en France.
Sa femme, Marie-Anne Barré, décéda à Montréal, le 30 novembre 1755, âgée, dit le régistre, d'environ 58 ans, et fut inhumée “ dans le cimetière, proche l'Eglise,” c’est-à-dire l’ancien cimetière qui se trouvait en arrière et au sud de l’ancienne Eglise Paroissiale, à l'endroit formant aujourd’hui la devanture de l'Eglise Notre-Dame, la rue Notre-Dame et une partie de la Place d'Armes. Rien ne fait voir que Mr Girouard fut alors de retour de France. Cependant, l'inventaire de la communauté de son gendre Tavernier, 11 novembre 1756, Hodiesne, notaire, signé de lui, et d’une main ferme, fait voir qu’à cette date au moins il était au Canada, en parfaite santé.
Le 12 juin 1758, son fils Henry maria, à St. Laurent, Marie- Josephte Cousineau, après avoir fait un contrat de mariage devant Hodiesne, le 3 juin 1758. Ses frères et sœurs étaient présents. On
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H) donna au père la qualité de “ancien praticien,” mais il n'était pas présent au contrat. Il était probablement malade. En effet le 19 novembre 1759, à Boucherville, il maria son fils Antoine à Marguerite Chaperon. Un contrat de mariage fut passé le 15 du même mois, Loyseau, notaire à Boucherville, dans lequel le notaire écrit ‘ Giroire ” et “ Girouard,” comme étant un seul et même nom, et déclare au nom du père “ quant à présent qu'il ne pouvait signer par une paralysie qui lui a tombé à la main.” Le 21 janvier 1760, par acte de donation entre vifs et arrangement de famille, devant Hodiesne, il disposa de tous ses biens et de ceux de la communauté qui avait existé entre lui et sa défunte femme, Marie-Anne Barré, en faveur de ses enfants, Antoine, Henry, Louis-Paschal, Joachim, Marie - Anne et Geneviève. A Henry, il donna un emplacement de 43 pieds de front sur 80 pieds de profondeur, situé au faubourg déjà considérable de Ste. Marie (ou Québec), et tenant d’un côté à une autre de ses propriétés, “avec une maison de pièces sur pièces sur icelui emplacement construite,” lequel emplacement Henry vendit à Charles Barré, le 2 août 1771, par acte devant Mezières, notaire. À sa fille Geneviève, il donna aussi un emplacement situé au même endroit, chacune de ces propriétés évaluée à 3,000 francs. A son fils Louis Paschal, il donna ‘ une terre située en # Ja dite Côte Ste. Marie, en deux pièces, avec tous les bâtiments “ sur icelle construits, tenante d’un bout par devant au fleuve ‘ St, Laurent, d'autre bout aux terres de la Visitation, d'un côté ‘à La Bonté et d'autre côté à Toulouse et Latreille, avec tous “les effets mobiliers, ustensils de ménage et d’agriculture et “# bestiaux étant sur icelle terre,” à la charge par le donataire de payer 3,000 francs à Antoine, Joachim et Marie-Anne, chaque, et une rente viagère au donateur, de “huit cent livres, quatre ‘“ pochées de pommes et douze livres de tabac.” Le donateur se réserva en toute propriété “ une maison de vingt-quatre pieds par ‘“ vingt, de pièces sur pièces, et tout l'emplacement en dépendant, “ situé au faubourg Ste. Marie près de cette ville,” tenant d’un côté à son fils Henry, sur lequel le père Antoine résidait, et que ses enfants vendirent à Nicholas Lefebvre, le 24 nov'in”re 1770, par acte devant Mezières. La dite pension était :ÿ2L'4« ‘ en la demeure du dit Sieur Donateur en cette susdite parmisse,
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‘“ ou si le dit Sieur Girouard passait en l’ancienne France, pour “ lors les dits donataires seraient tenus, ainsi qu’ils promettent et “ s’obligent, de la lui faire tenir au lieu où il ferait sa résidence, ‘“ en lettre de change ou espèce sonnante.” Mr Girouard ne put signer cet acte ‘ à cause de la faiblesse de son bras droit.”
Le 17 novembre 1760, sa fille Geneviève maria, à Montréal, Nicholas Gaudry dit Bourbonnière. Ses frères Antoine, Henry, Louis-Paschal et Joachim étaient présent au mariage, mais non le père.
Plus tard, Louis-Paschal trouvant trop onéreuses les obligations de la donation du 21 janvier 1760, en demanda la réduction à ses frères et sœurs qui la lui accordèrent volontiers, ‘“ voulant “ d’ailleurs conserver à leur dit père de quoi vivre honorablement ‘ Je reste de ses jours.” Ceci fut agréé par acte d'accord, passé devant Mezières, notaire, le 30 octobre 1765. Le père Antoine a signé ce dernier acte, mais d’une main tremblante. Il est évident qu'il était mortellement frappé de paralysie. Ze 26 janvier 1767, sa fille Marie-Anne, veuve Tavernier, convolait en secondes noces avec Gabriel Chevrefils dit Belle Isle, mais il n’assistait pas au mariage. Il expirait quelques mois après, le 5 juin 1767, et était inhumé ‘dans le cimetière proche l'Eglise,” âgé, dit le régistre, d'environ 71 ans.
Il est le père d: la famille canadienne ‘“ Girouard,” une famille Acadienne du même nom très-nombreuse existant déjà dans l'Amérique Britannique, à l'Isle du Prince Edouard, à la Nouvelle Ecosse et au Nouveau Brunswick, où le nom, selon les localités, s'écrit indifféremment ‘“ Gerroir,” ‘ Giroire, ” “ Girouard.” Dès 1671, il y avait à Port Royal, Acadie, un nommé François Girouard, laboureur, âgé de 50 ans, marié au pays, et ayant plusieurs enfants mariés. Il doit être le père de la famille Acadienne. Un état officiel dressé en 1752, et par conséquent trois ans avant la déportation des Acadiens, constate que 15 familles Girouard s'étaient refugiées dans les villages de la Pointe de Beauséjour. Voir Rameau, La France aux Colonies, pages 126, 127 et 152. La famille Acadienne compte aujourd’hui des milliers de représentants répandus dans différentes parties des Provinces Maritimes £t nommément à Bouctouche, N. B., et à Arichat, C. B., et aussi dans
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