‹ La famille Girouard [microforme]Chapitre 2 sur 18 · I OU LV · texte numérisé non relu

I OU LV

tons

Depuis que ce mémoire a été imprimé, un examen minutie. x des archives

et dossiers de la Jurisdiction Royale de Montréal, de 1720 à 1759, a mis à jour de nouveaux détails. Le 2 février 1723, Antoine Girouard fit un contrat de mariage devant Adhémar, notaire, où il déclare être ‘‘ soldat de la Compa- ‘ gnie de Mr Latour, fils de Jean Giroüard, Conseiller du Roy et Coritroleur du ‘ Dépôt de Riom, en Auvergne, et Dame Pétronille Georgeau, ses père et ‘6 mère, natif de Montluçon en Bourbonnois, archevêché de Bourges, en Bery ‘ de la paroisse de Notre-Dame de Montluçon.” Le volume 35 des Archives de la Jurisdiction Royale, constate que le 26 avril 1723, Mr Girouard fut admis par l’Intendant Bégon au nombre des quatre huissiers royaux de Montréa!, et fut installé le 28 mai de la même année après information prise ‘€ des vie, mœurs et religion catholique, apostolique et romaine ” de l’aspirant. Mr Michel LePailleur, notaire royal, interrogé sous serment le dit 28 mai 1723, déposa ‘qu’il connait le dit Girouard pour un honneste homme, qu'il

‘6 l'a vu demeurer chez Mr de Ramezay ” (Gouverneur de Montréal) ‘‘ pendant ‘“ plusieurs années en qualité de Secrétaire, dont le dit Sieur de Ramezay en

‘ était fort contant, qu'il l’a vu fréquenter les églises et faire son jubilé la

‘“ présente année.” S'il faut en croire les rapports d’huissier de Mr Girouard,

il résida sur ‘‘la rue Notre-Dame, proche les Jésuites,” de 1723 à 1727,

époque où il transporta son domicile au faubourg Ste. Marie, qui était le

quartier des parents de sa femme, les Barré, les Jetté et les Demers, entr’autres,

Charles Barré, Michel Barré, ses frères, Elizabeth Barré, sa sœur et épouse de

Nicholas Ledoux dit Latreille, Catherine Demers, (mariée à Pierre Peyet,) sœur

de mère de la femme de Girouard par le premier mariage de Elizabeth Jetté à

Michel Demers.

Mr Girouard a eu une large part des a faires professionnelles de son temps, que se partageaient les quatre notaires et les quatre huissieurs royaux. Ils exerçaient tous comme ‘‘practiciens” devant la Jurisdiction Royale et méme le Conseil Supérieur. en vertu de procurations spéciales ou simplement comme ‘‘porteurs de pièces,” ne recevant néanmoins d'honoraires que ceux que leurs clients voulaient bien leur donner.

Les Archives de la Jurisdiction Royale de Montréal sont remplies de pièces de procédure de Mr Girouard, de 1723 à 1734, et plusieurs de ses actes sont mentionnés aux Edits et Ordonnances, vol. 3, pages 236, 282 et 309. Il se démit de sa charge d’huissier en 1735. Après cette année, son nom figure quelquefois comme practicien ou simple particulier, et dans tous les actes de ses affaires ou de l’état civil, il ne prend plus généralement que la qualité de’ ‘“ancien praticien” où ‘ancien huissier royal.”

Le dernier acte qu'il parait avoir signé devant la Jurisdiction Royale, est une évaluation de biens de mineurs faite à St, Laurent, avec Jean Groulx, les 21 et 22 juin 1751. C’est probablement l’année qu’il passa en France, Le tréma sur l’ü de son nom a été conservé par ses enfants qui signaient tous, moins Henry, Louis-Paschal et Joachim-Amable, mais il a été abandonné par ses petits enfants et ses autres descendants,

Depuis le décès d'Antoine Girouard les relations de la famille canadienne ont cessé avec la souche française. A en juger par le nombre de localités en

France qui doivent leur nom à la famille Girouard, l’on peut espérer que le

nom n’y est pas éteint.

1. Girouard, Seine-et-Oise, Commune Levy-Saint-Nom, Canton de

Chevreuse, Arrondissement de Rambouillet ; 2. Le Girouard, Vendée, Canton

LaMothe-Achard, Arrondissement des Sables d’Olonnes ; 3. La Girouardière, Eure-et-Loir, Commune Frazé, Canton Thiron, Arrondissement de Nogent- Le-Rotrou ; 4. Chateau La Girouardière, Indre, Commune Obterre, Canton Nezières-En-Brenne, Arrondissement Du Blanc ; 5. La Girouardière, Sarthe, Commune Saint-Germain-du-Val, Canton La Flèche, Arrondissement de la Flèche.

La pluspart de ces localités ne sont pas très éloignées de Tours. Montluçon ou Riom, où vivaient des Girouard au siècle dernier. Le Grand Armorial de D'Hozier parle aussi des Girouard du Poitou, aujourd’hui la Vendée.

Mr Sulte, Æistoire des Canadiens-Français, vol. 6, p. 119, fait mention d’un Mr de la Girouardière, un officier de l’armée française en Amérique de 1731 à 1740, qui a dû repasser en France.

Les recherches que l’on est à faire en France sur la famille nous diront bientôt ce qu’elle y est devenue, peut-être ce qu’elle y a été.

La terre d'Antoine Girouard, mentionnée à la page 5 du mémoire, formait le No. 974 et partie du No. 973 du Terrier de la Côte Ste. Marie, Pied du Couratt, et avait trois arpents et demi de front sur environ 50 de profondeur. Le No. 974, 2 arpents de front, fut concédé en deux parties, la devanture à André Demers, père, le 16 février 1684, à raison de 6 deniers de rente l’arpent et ‘3 chapons,” et la continuation à André Demers, fils, par

. acte devant Raimbault, le 6 mai 1705, pour 15 deniers de rente et 3£ d’un

minot de bled. Demers, fils, tant en son nom que comme héritier de son père, vendit tout le No. 974 à Antoine Girouard par acte devant Adhémar, notaire, le 21 décembre 1731, pour $366 ou 1600 livres. Le vendeur se réserva ‘40 cordes de pruche et 10 cordes de bois franc.” Antoine Girouard céda le No. 974 à son fils Louis-Paschal, ainsi qu’il est dit au mémoire, page 5. Louis-Paschal le vendit à Hypolite St. George Dupré le 4 janvier 1769, Panet, notaire, pour 3,000 livres ou $500. Daniel Dupré, fils d'Hypolite, le vendit à Barthélémy Carignan, le 6 avril 1804, Chaboillez, notaire, pour $3000. Le ler novembre 1809, il fut vendu par le Shérif Gray à Heman Seaver. Le 27 octobre 1835 Seaver le vendit à Ellis Roland, Bleakley, notaire, pour $5040. Le 21 février 1853, il fut de nouveau décreté sur William Roland, héritier d’Ellis, et adjugé à l’'Hon. Juge Samuel Gale pour $5060. Enfin, le 23 mai 1874, par acte enrégistré sous le No. 72.085, les héritiers du Juge Gale le vendirent à Messieurs Hogan et de Beaufort, avec 400 autres arpents de terre adjoignants, pour $330,000. Cette terre fait partie des lots 147 et 148 du cadastre du village d’Hochelaga et des lieux où se trouvent les boutiques et la station de la Compagnie du Pacific Canadien, à F'ochalage, récemment uni à la ville de Montréal.

Lorsqu'Antoine Girouard acheta le No. 074 d'André Demers en 1731, il était propriétaire d’un arpent et demi de front du lot voisin, No. 973, qu’il donna à son fils Louis-Paschal en même temps que le lot 974, et par le même acte. Le 24 avril 1781, Louis-Paschal vendit cet arpent et demi à Hypolite St. George Dupré-pour $1333.66. Hypolite, fils de ce dernier, le vendit à Thomas Proctor, par acte devant Chaboillez, 3 mars 1810. Proctor le vendit à Thomas Allen Stayner le 22 septembre 1845, Griffin, notaire.

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la vallée du Richelieu, Province de Québec. Mr Théophile { Girouard, négociant, de Québec, Mr Victor Girouard, marchandtailleur de la rue St. Joseph, Montréal, et son frère Mr Théophile Girouard, agent, de la rue Notre Dame, viennent de cette contrée. En janvier 1781, on voit que Joseph et Jean Girouard, acadiens, prirent du Séminaire de Montréal, des titres de concession (Papineau, notaire) de terres situées dans la Seigneurie de St. Sulpice, où les Acadiens formaient déjà une colonie assez considérable. La famille Acadienne Girouard a fourni des hommes marquants entr'autres, Mr Girouard, curé d’Arichat, dont parle Mr Rameau à plusieurs pages de son livre (p.p. 88, 117, 139), Mr G. A. Girouard, l’ex-député de Kent, Mr Anselme B. Girouard, shérif de Kent et ancien député à l’Assemblée Législative du Nouveau Brunswick. Le distingué notaire de St. Benoit, feu Jean-Joseph Girouard, ancien député, dont le nom figure presqu’à chaque page de la brochure de Mr L. O. David, Les Patriotes de 1837-38, était aussi Acadien ; comme il le dit lui-même dans une note inédite, il était le fils de Joseph Girouard, “ chassé de l’ancienne Acadie par les Anglais avec un grand ‘“ nombre de ses compatriotes, victimes de leur attachement à la “ France.” Le jeune notaire de St. Benoit, Joseph Girouard, et le Dr Girouard, de Longueuil, sont ses fils. Les deux familles acadienne et canadienne venaient du midi et du centre de la France. Antoine Girouard venait certainement de l'Auvergne, et le Grand Armorial de France de Dozié parle des Girouard de Provence et de la Touraine.

Voici la liste des enfants d'Antoine Girouard, tous nés à Montréal, de son mariage avec Marie-Anne Barré, d'après des renseignements obtenus aux sources officielles. Les mariages, naissances et décès sont tous inscrits aux régistres de Montréal, moins ceux qui sont indiqués comme ayant eu lieu ailleurs. Les originaux de ces régistres peuvent être vus à la Procure du Séminaire ou au Greffe des Tutèles à Montréal. L’autographe A, Giroüard ” placé en tête de ce mémoire est un tracé fidèle de sa signature telle que l’on la voit aujourd’hui au bas du régistre de son mariage. A cette époque, c'était l'usage de mettre le tréma sur l’ü suivi ou précédé d’une voyelle que l’on voulait

accentuer.

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Bec et cts

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