‹ La famille Godefroy de TonnancourChapitre 2 sur 69 · JEAN-BAPTISTE GODEFROY DE LINCTOT · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE GODEFROY DE LINCTOT

Le chef de la famille Godefroy au Canada fut Jean-Baptiste Godefroy, sieur de Liuctot, fils de Pierre Godefroy et de Perette Cavelier, de Einctot, pays de Caux, en Normandie. Il passa dans la Nouvelle -France vers 1626, en compagnie de son frère, Thomas Godefroy de Normanville, qui fut pris et brûlé par les Iroquois en 1652. (i)

Goclefro}^ fut d'abord interprète et rendit de grands services à Champlain.

En 1629, lorsque les Anglais s'emparèrent de Québec, il fut un des rares Français qui restèrent dans la colonie. Il s'enfonça dans les bois avec les Sauvages. (2)

Godefroy s'établit à Trois-Rivières en 1633. M. Suite remarque qu'il fut le premier interprète de Champlain qui se fit colon. (3)

Le 15 décembre 1636, il épousait Marie, fille de Mathieu LeNeuf, sieur du Hérisson, et de Jeanne EeMarchant, de Caen, en Normandie. (4)

Deux années plus tard, en 1638, la Compagnie

(i) Jean-Paul Godefroy, capitaine de vaisseau, qui alla à Boston en 1651 avec le P. Druillettes, était parent de Jean -Baptiste Godefroy de Linctot. Sur ce Godefroy on peut consulter \q Bullethi des Recherches Historiques, vol. dixième, p. 245.

(2) Bulletin des Recherches Historiqties,\o\. neuvième, p. 60.

(3) Mémoires et comptes rendus de la Société Royale du Canada, tome I, p. 53.

(4) M. Benjamin Suite a publié leur contrat de nfariage dans la Revue de Montréal, vol. IV, p. 361.

des Cent- Associés lui concédait la seigneurie de Godefroy, vis-à-vis Trois-Rivières.

En 1647, le Roi avait établi pour la Nouvelle- France un Conseil composé du gouverneur, du supérieur des Jésuites (^ en attendant la nomination d'un évêque) et du gouverneur de Montréal. L'année suivante, ce dernier fut remplacé par le dernier gouverneur-général sorti de charge et deux citoyens élus tous les trois ans par le conseil des syndics de Québec, de Montréal et de 'Trois-Rivières. Godefroy eut l'honneur d'être choisi pour remplir cet office important.

En 1668, Louis XIV accordait des lettres de noblesse à Jean-Baptiste Godefroy de Linctot . Il en fut informé par la lettre suivante de l'intendant Talon :

" Monsieur,

" Le roi, ayant reconnu le mérite des services que vous lui avez rendus en ce pays, Sa Majesté a bien voulu vous distinguer de ses autres sujets qui l'habitent par une marque d'honneur, en vous accordant des lettres de noblesse, que je puis vous assurer être conçues en bons termes, faisant vos fils gentilshommes et vos filles damoiselles, avec l'avantage de pouvoir parvenir à tous degrés de chevalerie et gendarmerie, ainsi que les autres nobles de son royaume. Je suis bien aise de vous donner cet avis, afin que vous me fassiez savoir si je vous les envoyerai ou si vous decendrez ici pour les venir prendre. Je voudrais bien que vous m'envoyassiez celui de messieurs vos enfants qui sait le mieux parler huron et iroquois, et que vous fussiez bien persuadé que je suis très véritablement, monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.

Talon.

A Québec, le 16 septembre 1668."

Quelques semaines plus tard, Talon écrivait de nouveau à M. Godefroy de Linctot :

" Le retour de ma santé me fait prendre la résolution de faire (un voyage) en France, aussi ne pouvant vous rendre moi-même les lettres de noblesse qui vous sont destinées, ainsi que je vous avais prorais de le faire au printemps prochain, je les remets entre les mains de monsieur de la Poterie, votre parent, (i) me réjouissant avec vous de l'honneur que le roi confère à votre famille. Je ne puis vous donner aucune pi èce de mes armes pour insérer dans les vôtres que votre écusson ne se remplisse. Si, pourtant, vous voulez y ajouter une épée avec un croissant, (2) je les laisse à votre disposition. Je saurai, en France, s'il est nécessaire de les faire enregistrer dans les cours souveraines. En ce cas, je vous le ferai savoir. Je recommande le roi aux prières de votre famille et je dis qu'elle ne peut trop les lui accorder. Si vous me faites quelque part, vous m'obligerez, et cependant, je vous assure que je suis, monsieur, votre très humble et très respectueux serviteur.

Page 1