‹ La famille Gogo (volume 2)Chapitre 13 sur 37 · CH11V6SHBIIT DE POSITION · texte numérisé non relu

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traire, d'après tout ce que tu m*as conté, e'^st plutôt à Paris qu'ailleurs que tu pourras en découvrir ie propriétaire !

— Vous croyez... mon Dieu, mais si je le découvrais en effet... que faudrait-il faire?

— Agir avec prudence et consulter d'abord ou tes oncles ou quelqu'un qui pourrait te guider pour ce que tu aurais à faire. . . £n attendant, va prendre cette arme, ma chère amie, et serre-la avec soin dans ta malle. Mais surtout rappelle-toi ben ce que je t'ai dit ! ne parle à personne de ton aventure de la forêt, afin que si par hasard tu te trouvais être en présence d'un des voleurs, il ne sût pas que tu as été témoin de son crime! c'est ben important ça, mon enfant !

— Je serai discrète, mon père , je vous le promets.

La jeûna fille va prendre le pistolet dans l'endroit où eUe l'avait placé, et le met au

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fond de la malle que son père donne à porter à un petit paysan qui doit les accompagner jusqu'à Fontainebleau.

Puis Rose-Marie embrasse la vieille servante, elle jette encore un regard sur sa fenêtre, sur son jardin, sur ses fleurs, et elle passe son bras sous celui de son père, qui vient de dire d'une voix émue :

— Il est temps de partir, mon enfant.

Le père et la fille se mettent en route suivis du jeune garçon qui porte la malle. Chemin faisant, Jérôme serre souvent avec tendresse le bras qui est passé sous le sien, et Rose en fait autant sans avoir la force de parler; mais ils se comprennent bien ainsi.

La route leur parait courte, quoiqu'ils l'aient faite presque sans parler. Arrivés à Fontainebleau, ils se rendent sur-le-champ à l'endroit où se tient la voiture qui va à Gorbeil. Jérôme s'aperçoit avec joie que le conducteur ne lui est pas inconnu. Tout en

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faisant placer la malle, il recommande sa fille, puis il revient près de Rose-Marie en lui disant :

— C'est Bertrand qui conduit la voiture qui te mène à Corbeil ; je le connais, c'est un brave homme, il veillera sur toi, et il se chargera de remettre ta malle au chemin de fer. Je suis plus tranquille, mon enfant; car je sommes sûr à présent que tu arriveras à Paris sans anicroches, et une fois là, tu sauras ben trouver la demeure d'un de tes oncles... Va d'abord chez Nicolas... c'est l'ainé, c'est à lui que tu dois la première visite, et si tu t'y trouves bien, tu y resteras. Tiens, v'ià de l'argent.. . vingt-cinq francs. . . mets ça dans ta pochette.

— Pourquoi faire, mon père?

— Faut toujours avoir de l'argent , ma petite; on ne sait pas ce qui peut arriver. D'ailleurs, il faut payer ta place au chemin de fer, et tu prendras une des meilleures.

enteiids*tu. . . je ne veux pas que tu sois dans un waggon... je veux que tu sois dans une voiture rembourrée. Puis à Paris, si tu voulais aussi prendre une voiture...

— Oh ! je puis bien marcher, mon père.

— Ah! morgue... et c'te lettre que j'ai écrite pour mes frères et que j'allais oublier de te donner !

Jérôme tire une lettre de sa poche et la remet à sa fille en lui disant :

— Tiens, mon enfant, tu leur remettras ça... Ah! dame!... j'écris pas comme toi; mais mes frères connaissent mon écriture, et ils savent bien que je ne suis pas un savant. Le principal, c'est que je leur dis que je leur envoie ma fille, honnête, sage, travailleuse... un vrai trésor enfin, et que je leur recommande d'.en^voir soin. Quant à toi, Rose, je n'ai pas de conseils à te donner, car je connais ton cœur... ton esprit... tes principes... je sais que tu ne broncheras

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jamais dans le chemin de la vertu, et c'est pour ça que je n'ai pas d'inquiétude en te laissant aller à Paris.

Pour toute réponse, Rose-Marie embrasse son père, en lui disant avec cet accent qui part du cœur :

— Je veux être toujours digne de vous ! . . . et ne jamais avoir à rougir devant mon père.

— Allons, en voiture, mam'zelle, nous allons partir tout de suite.

A la voix du cocher, le bon laboureur éprouve comme un frémissement, car elle annonçait que le moment de la séparation était venu.

— Déjà? murmure la jeune fille en regardant son père.

Et deux grosses larmes s'échappent de ses yeux. Mais Jérôme ne veut pas s'attendrir; il conduit Rose-Marie à la voiture, la fait lui-même monter dedans, puis s'éloigne en lui criant :

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— Tu m'écriras, mon enfant, tu m'écriras, et tu viendras me voir si tu t'ennuies trop ! . . . sois raisonnable et tu seras heureuse!... . Bientôt le fouet se fait entendre, les pieds des chevaux frappent le pavé, et la voiture roule vers Corbeil, emmenant celle qui faisait tout le bonheur , tout l'orgueil de Jérôme.

Alors seulement le père de Rose passe sa main sur ses yeux et pousse un profond soupir en se disant :

— Je vais être bien seul maintenant...

mais c'est pour son bonheur... oui... car elle devenait triste... elle perdait sa santé et sa gaieté... c'est donc qu'elle s'ennuyait au village... et j'ai bien fait de l'envoyer à Paris... elle sera plus heureuse... je me dirai ça pour me consoler.

Et Jérôme reprend tristement le chemin de son village.

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