‹ La famille improviséeChapitre 3 sur 30 · EULALIE, JEANNETON · texte numérisé non relu

EULALIE, JEANNETON

JEANNETON

Ah ! çù, mam'selle, j'suis p't'êlre un brin balourde, mais, foi de Jeanneton, je ne vous comprends pas.

EULALIE

Pourquoi donc ?

JEANNETON

Comment, hier soir, en arrivant de Paris, vous pleuriez , vous vous désoliez, vous disiez que vous ne vouliez pas vous marier, que vous en aimiez un autre , un inconnu , et v'ià (ju'à c'i'heure ça n'est plus ça?

FULALIE.

Ecoule donc, ma petite Jcanneton, hier je n'avais pas vu celui que mes paretis iiiedeslinaienl, et tu sais bien que ce malin, quand il est parti pour la chasse, tu me l'as montré i travers b persienne sans qu'il m'aperçut lui-mCme.

JEANNETON

C'est ça, vous l'avez trouvé geulil, bien avenant; vol' cœur s'est envolé par la fenêtre, et le pauvre inconnu... ni vu, ni connu... ce n'est pas bien, ça, mam'selle... Moi, quand je renvoie un amoureux, je lui donne huit jours... On donne huit jours aux domestiques.

EULALiE, regardant à la fenêtre.

Mais je vois venir quelqu'un, là-bas, au bout de la grande allée...

JEANNETON

C'est monsieur Adolphe, avec un autre monsieur. Il faut le gronder ferme.

ECLALIE.

Non, je ne veux pas le voir encore, j'ai mes raisons pour en agir ainsi, j'ai mes raisons. [Elle sort par la droite.)

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