SCENE II
Les Mêmes ) PATRICE.
KELLY
Eh bien , Patrice ?
MARGUERITE
Eh bien , notre homme ?
Ne craignez plus rien, Madame, il n'est pas pris.
KELLY
Ah ! je respire !
PATRICE
Il l'a ma foi , échappé belle! un peu plus tard, c'était fait de lui !
KELLY
Comment ?
MARGUERITE
Que veux-tu dire? est-ce qu'il s'était laissé surprendre encore une fois par les milices? Allons conte-nous cela vile, notre homme , dépèche toi ; niais parle donc, qu'altends-tu?
PATRICE
Eh! parbleu, j'attends que tu aies fini. Apprenez donc, Madame, que votre malheureux époux, poursuivi de tous cotés , égaré p;ir l'borreur de sa situation , s'est retrouvé, après plusieurs heures de marche, à Walerford , dans cette ville qui déjà avait pensé lui être si funeste. Poursuivi de nouveau, sur le point d'être atteint, il se jette dans la première maison qui s'offre à ses regards... c'était celle de votre mère !
IVEU.Y.
De ma mère?
PATRICE
La multitude accourt sur ses traces , demande à grands cris qu'on lui li\ re le ci up iblc ; ou menace de .se porter aux plus ■ s excès. Un noble refus e>t la réponse de miiady Wilson. le pen| le , i jfaspéfé . no respecte plus rien : il brise , renverse toute ■•<"• la inoindre résistance :l«s portes tombent
avec fracas , il court à l'appartement de votre mère...
NEIiI»Y-<
Grand dieu!... ma mère!...
VA IRICE.
Ne redoutez rien , Madame , b providence veillait sur ces tètes si chères. Une prompte Juite les avail tous dérobés à la vengeance de ces furieux.
NELLY
O bonheur !... Biais où sont-ils allés ?
PATRICE
Je présume qu'ils se seront jetés dans nos montagnes. La nécessité de gagner la mer, au bord le plus prochain , doit les attirer de ce. coté, et nous devons nous flatter qu'ils se seront acheminés vers cette demeure.
NELLY
Il se pourrait que ma mère et mon époux me fussent enfin rendus!
PATRICE
Il est permis de l'espérer, Màftame ; j'ai laisse à quelque distance plusieurs de mes garçons de ferme. Ils ont oidre de tout observer et nous serons instruite si...
Ab ! je ne me sens pas la force d'attendre.... Ma mèrel.... Arthur 1 Je cours au-devant d'eux.
PATRICE
Quoi ! Madame, à cette heure cl dans un pays si peu sûr ? Prenez patience au moins jusqu'au jour.
NJELLY.
Mon incertitude est trop affreuse... laissez-moi... laissezmoi', accoutumée depuis long-temps à braver tous les dangers.
Accoutumée depuis long-temps à braver tous les dangers, ce n'est pus en ce moment que mon courage m'abandonnera; lu nature et l'amour nie souiiendront.
MARC.Utr.ITE.
Au nom du ciel, difl«irez de quelques heures.
PATRICK
Si toutes nos instances sont vaines, permette» au moins que je vous accompagne.
NELLY
J'accepte avec reconnaissance.
MARGUERITE
Puisque vous persistez dans cette funeste résolution, ne l'exécutez pu* sans prendre de grandes précautions. Il y a quelques jours, un ollicier de milice vint ici se faire panser d'une blessure ; son porte-manteau est encore là-haut , il renferme uniforme, venez le revêtir; il vous sauvera, je l'espère, une partie des dangers auxquels vous voulez vous exposer.
NELLY
Heureuse idée! exécutons la sur le champ.
MARGUERITE
Los babils sont dans cette chambre (montrant la chambre élevée au fond du Théâtre) ; et si Madame veut permettre que je l'aide un peu...
NELI.Y.
Ah ! ne perdons pas un instant.
PATRICE
Et moi, je vais m 'informer de ce qui se passe aux environs.
[Nelly et Marguerite, montent rapidement etentrentdans la chambre. )