MILICE
(Ae//j est échevelêe; elle est conduite par Mac-0\vl et le
soldat.
NELLY
Où me conduisez-vous, pourquoi me séparer de mon Arthur?
MAC-OWL
Tous vos efforts sont inutiles, Madame , il faut obéir , il faut nous suivre.
NELLY
Vous suivre !... vous obéir !... El qui vous a donc rendu l'arbitre de mon sort? De quel droit, à quel titre, m'arrachezvous à la prison qui renferme mon époux? J'ai partagé sa rébellion , j'ai été prise sous son drapeau , je dois subir la même peine.
MAC-OWL
Croyez-moi , je vous le répète : cessez de m'interroger. Oui , par pitié pour vous, respectez mon silence.
IVELLY.
Par pitié pour moi... Et quel est donc le coup qui me menace? que veut dire cet horrible mystère ?... Ali! l'incertitude est mille fois plus affreuse encore! faites cesser à L'instant les tourmens qui nie déchirent!... répondez : où est Arthur ? qu'est devenu mon époux ?
MAC-OWL
Voire époux... Madame...
IvELLY.
Vous hésitez... et pourquoi ? je suis calme, vous le voyez; soyez sans crainte , prononcez mon arrêt.
MAC-OWL
Vous le voulez absolument, il faut vous satisfaire. Vous connaissez la loi martiale... Pris les armes à la main, ce matin même , le colunel Arthur...
NELLY
Arrêtez , Les inhumains! quel triomphe pour eux ! ils n'ont pu le vaincre, ils devaient l'assassiner. Mais il leur reste encore une victime, pourquoi la leur ravir? pourquoi m'éloigner du lieu de son supplice"? Le même coup doit nous immoler tous les deux; et je vais de ce pas....
MAC-OWL
Que faites-vous. Madame? puisqu'il ne nous est plus permi que de vous sauver, souffrez que j'insiste sur mes pouvoirs à cet égard. De grâce , consentez à nous suivre dans l'asile qui vous est préparé.
IVELLY.
Eh! qui peut donc encore s'intéresser au sort de la malheureuse Nelly.
MAC-OWL
Vous connaissez l'amitié qni lie votre famille au commandant de Walerf ord ?
tfELLY.
Sir Doutai !
MCA-OWL.
Lui -nié me.
NELLT.
Eh quoi ! c'est, chez sir Dougal que vous prétendez ine con-^ duire ! lui , l'auteur de tous mes maux !... Ah! j'entrevois sou espoirj mais je saurai le tromper. Vous pouvez partir seul ; je refuse de vous suivre. Allez , et annoncez à votre maître que Nelly craint moins la mort , que la vue du persécuteur , du meurtrier d'Arthur.
MAC-OWL
La résistance serait vaine, Madame ; marchons ! ( aidé du soldat, il cherche à entraîner Nelly. ) nelly, se dégageant.
Laissez-moi ! laissez-moi!... Que vois-je ?... c'est Dougal qui s'avance !.... grand dieu ! soutenez mon courage.