VI. Marib Juchereau de la Fertâ
Née à Québec le 27 avril 1660.
Elle suivit l'exemple de sa sœur Jeann^Françoisc et entra à l'Hôtel Dieu de Québac, où elle fit profession le 25 janvier 1676.
(1) Ernest Myrand, M, delà Colombière, orateur, i>ûi;&
^2) Lettre de MM. de Ramezay et Bégon au ministiv, 13 septembre 1715. Cori-esiiondanco génémlo, volume 35 ,c 1 1 . Voir aussi Jugements et dAlibératious du Conseil Souvera»». volume Vf, page 1013.
" La mère Marie Juchereau de Sainte-Thérèse avait fort pea de santé ; sa ferveur lui inspirait un courage qui loi fai;^it cacher de très grands maux ; ils devinrent enfin si violents, qu'elle fut obligée de céder à un crachement de sang, à un grand mal de poitrine, et à des douleurs excessives. Elle ne pouvait à l'extrémité prendre aucune nourriture. Elle vomissait beaucoup avec des efforts terribles. Elle mourut le 25 de mars lt>97, âgée de^Tans. Elle était d'un naturel vif, tendre et affectueux, attentive à ses devoirs sans se mêler des obligations des autres, indifférente pour tout co qui no la regardait point, fort zélée pour la régularité, appliquée à l'oraison, ponitente et mortifiée plus que sa complexion ne semblait le permettre. Elle avait surmonté de grandes difficultés dans sa vocation avec, beaucoup de générosité. Dieu lui avait donné une très belle voix qu'elle employait à chanter ses louanges avec dévotion. Elle était toute dévouée au Verbe incarné, et à la très Sainte Vierge, à qui elle avait demandé la grâce de mourir une de ses f§tes, ce qui lui fut accordé. Le jour de l'Annonciation, consacré à l'honneur du fils et de la mère, il y eut une circonstance remarquable dans son heureux trépas. Elle fut assistée par M. de la Colombière en qui elle avait une parfaite confiance ; il lui aidait à faire des actes qu'il n'était pas nécessaire de lui suggérer, car elle en produisait de toutes les vertus, et surtout d'amour. Quand elle fut réduite à une telle faiblesse, qu'elle ne pouvait plus parler, elle demanda par signe Ju papier et de l'encre, et elle écrivit d'une main tremblante, qu'elle priait que l'on fut attentif à l'observer, parce qu'elle joindrait les mains quand il serait temps de lui donner la dernière absolution : en effet quelques moments après, elle fit un petit effort, joignit les mains
eu inclinant la tête, et fermant les yeux ; M. de la Colombiëre lui donna l'absolution, et elle expira aussitôt fort doucement dans cette posture. " (1)
YII. Dbhis-Jobiph Juchbrbau db la FbbtI
Né à Québec le èO juin 1661. '
Il mena une vie pas mal aventureuse.
En 1684, il suivit Greyselou Duluth au Sault Sainte- Marie. (2)
La même année, il commandait la* conpagnie de milice du Cap- Rongé dans Vexpédition du gouverneur de la Barre contre les cantons Iroquois. (3)
Le 9 juin 1689, M. de Deno'n ville donnait commission à l'illustre d'Iberville pour commander dans toute la baie d'Hudson. M. Juchereau de la Ferté raccompagna dans cette expédition. Tous deux soutinrent l'honneur du drapeau français. Marchant sur les traces de son chef, M. Juchereau de la Ferté se distingua par plusieurs actions d'éclat. A la tête d'un parti de Canadiens, il enleva, près du fort Nelson, le gouverneur de New-Severn. Ou trouva sur lui des lettres dans lesquelles les directeurs de la Compagnie anglaise de Londres lui ordonnaient de faire reconnaître le prince et la princesse d'Orange comme les souverains du royaume d'Angleterre. (4)
Denis-Joseph Juchereau de la Ferté avait l'humeur
(1) Mère Juchereau de Saint-Ignace, Histoire de V Hôtel- Dieu de Québec^ page 368.
(2) Pierre Margry, Découvertes et établissements des Français dans l'ottest et dans le sud de r Amérique septentrionale, volume VI, page 44.
(3) E. B. O'Caïlaghan, Documents relative to the colonial history of the state of New- York, vohimo 1 X, page 235.
(4) L*abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada, volume deuxième, page 190.
passablement belliqueuse. Au commencement de 1694, on lui reprocha, entre autres escapades, d'avoir, en compagnie de LoMoyue de Martigny, des deux Deîfîort de LaNoraye et de Joseph Guyon du Buisson, fait tapage nocturne dans les rues de la basse-ville do Québec, cassé les vitres et enfoncé les portes qui n'étaient pas protégées par les volets et les armatures de fer, nécessaiires à cette époque. (1)
Cette même anuée 1694, Louis Jolliet entreprenait, pour la seconde fois, l'exploration du Labrador. " Un Përe franciscain récollet^ trois cadet« et quatorze hommes d'équipage s'erabarquërent avec Jolliet sur le uavire Sain^ -François^ qui partit de Québec le 28 avril 1094, en destination des îles de Miugan, du détroit de Belle-Ile et du Labrador océanique. • Jolliet amenait aveclui sa femme,* son fils aîné, Louis, âgé de dixhuit ans, — qui, le mois précédent, avait quitté l'habit ecclésiastique, apr&s avoir passé un an au grand séminaire de Québec,— et les autres membres de sa famille, n les laissa aux îles de Mingan, oà madame de LaLande avait passé l'hiver précédent. Deux de ses fils cependant — probablement Louis et Charles — l'accompagnèrent au Labrador, ainsi que M. Juchereau de la Ferté. " (2)
Dans l'hiver de 1697 on apprit en France qu'une expédition se préparait dans la Nouvelle- Angleterre pour venir attaquer Québec aux premiers jours de l'été. Il s'agissait de faire avertir M. de Fronfenac d'être sur ses gardes. M. Juchereau de la Ferté était alors en France. C'est lui que le ministre trouva le plus apte à aller porter les ordres du roi au gouverneur de la
( I ) L abb^ H. A. Verroau, Quelques notes sur Antoine de Lamothe de Cadillac, page 4.
(2) . J!)rDw*st Gaijnon, Louis Jolliet, page 178.
Nouvelle-France. Le jeune Canadien ne démentit | as la confiance qu'on avait mise en lui et il s'acquitta de sa tâche à la satisfaction de tous. (I)
En 1702, M. Juchereau de la Ferté eut un sérieux différend avec un nommé Chartrain. Cette affaire Tut l'occasion d'une correspondance assez longue entre .\f . de Vaudreuil et M. de Bamezay. (2)
En 1704, M. Juchereau de la Ferté était lieutenant sur le brigantin Le Joybert armé contre les ennemis de l'Etat. " (3)
Il décéda à Québec le 9 août 1709, et fut inhumé dans le cimetière de l'Hôtel-Dieu.
Il ne s'était pas marié.
NICOLAS JUCHEREAO DE SAINT-DENYS Le continuateur de la lignée.